La décarbonation de l'économie française : quels bénéfices et comment la financer ?
La France s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030, ce qui suppose d’accélérer le rythme de baisse observé ces dernières années. Au-delà du changement climatique, la décarbonation est une opportunité pour renforcer la résilience et la souveraineté tout en générant de nombreux co-bénéfices. Elle suppose de doubler les investissements bas-carbone et de réduire d’un tiers les investissements carbonés, en mobilisant le bon instrument économique au bon moment
Les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français ont diminué de 33 % entre 1990 et 2024, et s’établissent à un niveau par habitant inférieur à la moyenne européenne.
Poursuivre la décarbonation est nécessaire pour limiter le changement climatique, qui affecte déjà l’activité économique et les écosystèmes et pourrait, à terme, peser significativement sur la croissance et les finances publiques. La transition écologique implique des coûts à court terme, mais elle renforce la résilience et la souveraineté de l'économie française en réduisant les importations d’énergies fossiles. La décarbonation soutient par ailleurs le développement de nouvelles filières bas-carbone et génère des co-bénéfices, en matière de qualité de l’air, de biodiversité et de santé.
La France s’est engagée, dans le cadre européen et de la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), à accélérer la réduction de ses émissions. Atteindre l’objectif de réduction des émissions de 50 % d'ici 2030 par rapport à 1990 nécessiterait une baisse moyenne des émissions de 5 % par an de 2026 à 2030 par rapport à leur niveau de 2025, contre 2 ½ % en moyenne sur 2024 et 2025.
Cette accélération suppose une réorientation importante de nos investissements, privés comme publics. Les investissements bas-carbone (102 Md€ en 2024) doivent accélérer leur progression pour doubler d'ici 2030, tandis que les investissements carbonés, estimés à 107 Md€, doivent diminuer d'au moins un tiers.
Pour déclencher les investissements bas-carbone, l’action publique vise à mobiliser le bon instrument au bon moment, avec l’identification des freins financiers et non-financiers à la décision comme prérequis. Tarification ou normes sont appropriées lorsque les acteurs peuvent financer l’investissement, garanties ou prêts pour faciliter l'accès au crédit, enfin aides ciblées lorsque ces leviers ne suffisent pas. Les instruments retenus doivent être alignés avec les autres objectifs de politique publique.
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+ Autres publications à consulter sur le sujet :
- Gouvernement (2026), Stratégie pluriannuelle de financement de la transition écologique et de la politique énergétique nationale.
- Gouvernement (2026), Stratégie nationale bas-carbone n° 3.
- DG Trésor (2025), Les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone.
- Gouvernement (2026), Plan d’électrification des usages.