Dans un contexte de normalisation de la situation économique post-Covid à l’été 2023, au moment de l’élaboration du PLF 2024, le Gouvernement avait anticipé un rebond de la croissance du PIB (+1,4 %). Une série de nouveaux chocs exogènes (dégradation de l’environnement international, hausse des taux d’intérêts et de l’incertitude) ont finalement pénalisé la reprise de la croissance en 2024, qui a globalement été plus faible que prévue (+1,2 %).

Lors de l'élaboration du scénario macroéconomique du projet de loi de finances pour 2024, présenté en septembre 2023, l'année 2024 était anticipée comme celle de la résorption progressive de chocs ayant affecté négativement l'économie. Un rebond de la croissance, soutenu par une accélération de la consommation des ménages, était attendu en conséquence. Le principal aléa identifié lors de la réalisation de la prévision portait sur le rythme et l'ampleur de la transmission du resserrement monétaire à l'activité réelle comme à la sphère financière.

La croissance du PIB en 2024 (+1,2 % au sens des comptes annuels de l'Insee, publiés en mai 2025) a été inférieure à la prévision du PLF 2024 (+1,4 %), et sa composition a été différente, en raison d'une série de nouveaux chocs difficilement anticipables à l'automne 2023.

La dégradation de l'environnement international, en particulier la deuxième année consécutive de récession allemande, a freiné les exportations françaises. Les incertitudes, tant internationales (tensions au Proche-Orient notamment) que nationales (dissolution de l'Assemblée nationale) ont pesé sur l'investissement. Le rattrapage des pertes de productivité depuis la crise sanitaire a été plus rapide qu'anticipé, conduisant à un ralentissement de l'emploi plus marqué. Enfin, le reflux plus rapide qu'anticipé de l'inflation ne s'est pas traduit par un surcroît de consommation, en raison d'une composition des gains de pouvoir d'achat plus défavorable que prévu. 

Néanmoins, une partie de ces chocs négatifs a été absorbée par une baisse des importations, auxquelles s'est en partie substitué un déstockage, ainsi que par la hausse de la demande publique, notamment celles des collectivités locales et des dépenses de santé. Malgré son impact négatif sur le déficit public, le surcroît de demande publique a mécaniquement soutenu l'activité économique. .  

 

 TE-368

 

 

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