Indicateurs et conjoncture

La République du Congo est membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui  regroupe  six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) dotés d’une monnaie commune, le franc CFA d’Afrique centrale (XAF), dont la parité avec l' Euro est fixe.

Fort de 4,8 millions d’habitants, le Congo-Brazzaville est doté de ressources naturelles importantes (pétrole, minerai de fer, potasse, phosphates, bois, etc.) et bénéficie d’un emplacement stratégique en Afrique centrale, avec notamment un port en eau profonde à Pointe-Noire relié par un axe routier et ferroviaire avec la capitale.

L’économie congolaise est  très peu diversifiée. En 2014, au moment de la chute des cours, le pétrole était à l’origine de 55 % du PIB, de 85 % des recettes d’exportation et de 70 % des recettes budgétaires. Avec une production estimée à 13,3 millions de tonnes en 2017, le Congo constitue le premier producteur de brut de la CEMAC devant le Gabon et la Guinée équatoriale. Après avoir enregistré une baisse régulière depuis le début des années 2010, la production pétrolière devrait à nouveau dépasser son record (15,3 millions de tonnes) atteint en 2010 grâce à la montée en puissance du champ pétrolier Moho-Nord, dont la production doit atteindre 100 000 barils/jour.

En dehors des industries pétrolière et gazière, les autres secteurs d’activité sont faiblement développés. Le Congo dispose d’un important potentiel minier (fer, phosphates, potasse), mais le secteur peine à drainer les investissements nécessaires à son développement. La déshérence du secteur agricole de ce pays richement doté et peu peuplé rend le Congo très dépendant de l’extérieur. L’exploitation de la forêt tropicale congolaise représente environ 5 % du PIB. Le BTP a bénéficié de l’importance des investissements publics sur les années récentes. L’industrie manufacturière est limitée (production de sucre, brasserie, première transformation du bois). Enfin, le secteur tertiaire est essentiellement composé de commerces, d’une dizaine de banques, de trois compagnies téléphoniques (Airtel, MTN, Azur Télécom), d’opérateurs portuaires, de prestataires de services aux pétroliers et de sociétés de transport.

La structure de l’économie congolaise induit un régime de croissance fortement dépendant des cours des matières premières. Le pays a donc été touché de plein fouet par la baisse des cours du pétrole de 2014. Après avoir fortement ralenti dès 2015 (2,6 %), la croissance est devenue négative à partir de 2016 (-2,8 %) et la récession s’est amplifiée en 2017 (-4,6 %). Dans ce contexte, la situation financière du Congo s’est gravement détériorée. Face à la chute brutale des recettes pétrolières, le déficit budgétaire (hors dons) a atteint 28,1 %  du PIB en 2015 et 23,4 % en 2016. La reprise des cours et un effort d’ajustement des dépenses en 2017 a permis de ramener le déficit à 7,8 % du PIB, avec un effet fortement récessif et une détérioration des conditions de vie des populations. La dette publique, alimentée ces dernières années par le financement de grands projets d’infrastructures, souvent de prestige,  et par les dettes contractées auprès des traders pétroliers, représentait 119,1 % du PIB en 2017.

A l’instar des autres pays de la CEMAC, le Congo s’est engagé dans des discussions avec le FMI afin de mettre en place un programme économique et financier. La conclusion d’un accord est toutefois soumise au rééchelonnement d’une partie de la dette publique et à la mise en œuvre de mesures en faveur d’une meilleure gouvernance et d’une plus grande transparence financière.

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