Indicateurs et conjoncture

La République du Congo est membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui regroupe  six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) dotés d’une monnaie commune, le franc CFA d’Afrique centrale (XAF), dont la parité avec l'Euro est fixe.

Fort de 5,3 millions d’habitants, le Congo-Brazzaville est le troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne. Il est doté de ressources naturelles importantes (pétrole, cuivre, minerai de fer, potasse, phosphates, bois, etc.) et bénéficie d’un emplacement géographique stratégique en Afrique centrale, avec notamment un port en eau profonde à Pointe-Noire relié par un axe routier et ferroviaire avec la capitale. 

Avec un PIB de 8,7 milliards d’USD, le Congo est la cinquième économie de la CEMAC. En termes de PIB par habitants, le Congo se hisse à la troisième position avec un PIB/habitants PPA de 5 454 USD faisant de ce pays un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. En raison d’une économie de rente concentrée et peu redistributive, l’IDH du Congo (0,457,  214ème place sur 228), est comparable à celui des pays pauvres. L’économie congolaise est très peu diversifiée; en 2018, le secteur pétrolier est à l’origine de 61% du PIB, de 69% des recettes budgétaires, et de 90% des recettes d’exportations. Après avoir enregistré une baisse régulière depuis 2010, la production pétrolière est à la hausse depuis 2017 pour s'établir à un niveau record de 16,5 millions de tonnes en 2018 grâce notamment à la montée en puissance du champ pétrolier Moho-Nord. Les prévisions de production pour 2019 s’établissent autour de 18 millions de tonnes, soit une hausse de 9%.

En dehors des industries pétrolière et gazière, les autres secteurs d’activité sont faiblement développés. Le Congo dispose d’un important potentiel minier (cuivre, fer, phosphates, potasse), mais le secteur peine à drainer les investissements nécessaires à son développement. La déshérence du secteur agricole de ce pays richement doté et peu peuplé rend le Congo très dépendant de l’extérieur. Le potentiel forestier du Congo est également sous-exploité alors que les forêts couvrent 65% du territoire congolais. Le BTP accuse un ralentissement après des années très dynamiques de 2012 à 2016 : ce secteur contribue en 2018 à 2,2% du PIB alors qu’il y contribuait à hauteur de 8,7% en 2014. L’industrie manufacturière est limitée (production de sucre, brasserie, première transformation du bois). Enfin, le secteur tertiaire est essentiellement composé de commerces, de restaurants, d’hôtels, d’une dizaine de banques, de trois compagnies téléphoniques (Airtel, MTN, Azur Télécom), d’opérateurs portuaires, de prestataires de services aux pétroliers, de sociétés de transport et des services des administrations publiques.

La structure de l’économie congolaise induit un régime de croissance fortement dépendant des cours des matières premières. Le pays a donc été touché de plein fouet par la baisse des cours du pétrole de 2014 le plongeant dans une crise dont il n’est toujours pas sorti. La croissance revient néanmoins en 2018 (+0,8%) après deux années de croissance négative en 2016 (-2,8 %) et en 2017 (-3,1 %). Mais le niveau de PIB atteint en 2014 n’a pas encore été retrouvé. Dans ce contexte, la situation des finances publiques s’est gravement détériorée et peine aujourd’hui à se rééquilibrer. Le solde budgétaire est déficitaire de 2014 à 2017 mais redevient positif en 2018 avec un excédent de 7% du PIB grâce à la reprise des cours et à des efforts d’ajustement entrainant néanmoins des effets récessifs. Le taux d’endettement a triplé entre 2011 et 2018, passant de 40% du PIB à 118%, rendant incontournable une restructuration de la dette, condition préalable à la signature d’un programme économique et financier avec le FMI.

Après de longues négociations, le Congo a signé le 29 avril 2019 un accord avec la Chine concernant la restructuration de sa dette bilatérale qui représente 29% de la dette publique congolaise et 42% de la dette extérieure mais est toujours en négociation avec les traders pétroliers, second créancier du pays, avec 26% de la dette extérieure.

 

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