La situation économique du Congo

Avec un PIB de 9,7 Mds EUR en 2019, le Congo affiche un PIB/habitant de 1 827 EUR, faisant de ce pays un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. En raison d’une économie de rente très concentrée et peu distributive, son développement humain demeure bas (138ème rang mondial sur 189 en 2019, selon le PNUD, avec un IDH de 0,608). Les inégalités que les conséquences de l’épidémie de COVID ont sans doute contribué à creuser un peu plus restent élevées avec un taux de pauvreté de plus de 35%.

1-La croissance au Congo repose essentiellement sur la variation de la production de pétrole, en l’absence d’autres ressorts véritables et, en particulier, de diversification de l’économie qui demeure un défi pour les autorités. Elle est donc sensible aux investissements pétroliers et aux fluctuations des prix, instables ces dernières années. Malgré une évolution favorable des cours du pétrole en 2019 et une production pétrolière élevée (estimation de 338 000 barils/j), le secteur n’a pas réussi à confirmer sa dynamique. L’année 2019 a connu ainsi une baisse de l’activité (-0,6%), les prévisions tablant pourtant sur une croissance (2%), mais qui n’aura pas été observée au cours de cette année.

La croissance hors pétrole est par ailleurs, l’année dernière, demeurée négative ou inférieure à 1%, et de nombreux secteurs économiques sont toujours aujourd’hui en difficulté, plombés par les crises successives depuis 2014. L’accumulation d’arriérés de paiement de l’Etat vient creuser ces difficultés, la dette commerciale intérieure publique étant non apurée. Le tissu économique local n’a pu s’extraire de la récession qu’il connait depuis 2015.

La survenue de la pandémie de COVID début 2020 a, de plus, mis à l’arrêt - tout du moins au 1er semestre - l’économie congolaise et le secteur informel qui représente une part très importante de l’activité intérieure (70-80%). Le gouvernement prévoit un net recul de l’activité du secteur hors pétrole, la demande intérieure fléchissant fortement (-41%). L’inflation se maintiendrait à des niveaux modérés (environ 2 %).     

2-Dans cette conjoncture défavorable, le Congo devrait connaître à nouveau en 2020 une baisse de son Produit Intérieur Brut, baisse beaucoup plus marquée que les années passées à -7% selon les dernières prévisions du FMI.

La forte baisse des ressources de l’Etat, en lien avec l’effondrement des ressources pétrolières, et le coût des mesures prises pour faire face aux effets de la pandémie de COVID se sont superposés aux contreperformances de tous les secteurs économiques. Le solde budgétaire serait déficitaire de 104 Mds FCFA (1,7% du PIB) et les besoins de financement très importants. Le programme FMI approuvé en juillet 2019 et dont bénéficie le Congo est de plus aujourd’hui à l’arrêt. Après une première tranche décaissée en septembre, l’examen du décaissement de la seconde tranche, initialement prévu en décembre 2019, a fait l’objet d’un report à une date toujours inconnue, compte tenu de l’insuffisance des progrès réalisés, notamment sur la gouvernance et la dette.

Les projections du gouvernement demeurent pessimistes pour 2021 quand bien même est attendue une relance timide de l’activité (+0,5%). Le  BTP est aujourd’hui sinistré, malgré une tentative de relance au travers de la création du « Club de Brazzaville » en septembre dernier destiné à apurer une partie des arriérés intérieurs dans le but de relancer les chantiers abandonnés. Les projets des bailleurs restent insuffisants pour entrainer la croissance et l’activité. Les flux à venir d’investissements dans le secteur pétrolier n’apparaissent pas non plus susceptibles d’amortir la récession. La prolongation de l’état d’urgence lié au COVID et la tenue de l’élection présidentielle au printemps 2021, pèseront également sur la reprise et les flux d’investissements. 

 

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