Le recul de l’industrie française entre 2000 et 2010 reflète à la fois des facteurs structurels et une perte de compétitivité. Un soutien ciblé et adapté aux secteurs qui jouent un rôle dans l’innovation, la transition écologique ou la souveraineté nationale peut être efficace, à condition de prendre en compte leurs perspectives de croissance et le potentiel de compétitivité des entreprises françaises. La réindustrialisation nécessitera en outre des conditions cadre favorables.

Le poids de l'industrie manufacturière dans l'activité a fortement reculé en France entre 2000 et 2010, avant une période de relative stabilité, comme dans la plupart des principales économies européennes (cf. Graphique). Sur la période 2000-2010, 720 000 emplois manufacturiers ont disparu et la part du secteur dans la valeur ajoutée française a chuté de 16,1 % à 11,4 %, niveau qu'elle a encore en 2024. Toutefois, la période récente a été marquée par une nouvelle dynamique : entre 2019 et 2024, l'emploi manufacturier a crû de 3 %.

Cette évolution sur longue période reflète à la fois des facteurs structurels – croissance de la productivité et externalisation croissante des services par l'industrie, augmentation du niveau de vie accroissant la demande de services – et une perte de compétitivité : la part de la France dans les exportations mondiales de biens manufacturés atteint 3,3 % en 2024, contre 6,0 % en 1995.

Certains secteurs de l'industrie manufacturière jouent un rôle essentiel dans l'innovation, la transition écologique, ou pour la souveraineté nationale. Dans un cadre budgétaire contraint, un soutien ciblé à ces secteurs peut être efficace, tant que ce ciblage prend également en compte leurs perspectives de croissance et leur potentiel de compétitivité.

En France, le plan France 2030 est le principal vecteur de soutien sectoriel à des projets industriels, sous forme de subventions, avances remboursables ou fonds propres. La commande publique peut en outre, dans certains secteurs, contribuer à augmenter la demande adressée à une filière ; la mobilisation de ce levier peut passer par la mise en œuvre d'une préférence européenne. 

Ces soutiens ne sauraient à eux seuls conduire à une réindustrialisation pérenne du pays : améliorer les conditions cadres (simplifications réglementaires, bon niveau de formation de la main d'œuvre, fiscalité attractive) demeure crucial pour le succès d'une politique de réindustrialisation.

 

   

 TE-408

   

 

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