Changement climatique, transition bas-carbone et croissance potentielle
Le changement climatique, s’il n’est pas maîtrisé, aura des répercussions négatives importantes sur la croissance potentielle française, via l’ensemble de ses composantes, travail, capital et productivité globale des facteurs (PGF). Si la transition bas-carbone peut entraîner une baisse modérée de la croissance potentielle à court et moyen terme, transitant principalement par la PGF, elle induira dans tous les cas des bénéfices à long terme, en premier lieu au regard des dommages évités.
La croissance potentielle correspond à l'augmentation de la production que peut atteindre durablement une économie en utilisant pleinement ses capacités, sans faire apparaître de tensions sur les prix. Ce travail s'intéresse aux variations de celle-ci liées au changement climatique et à la transition bas-carbone. L'analyse est faite par rapport à un scénario hypothétique dans lequel il n'y aurait ni changement climatique ni transition, pour pouvoir analyser leurs effets séparément.
Le changement climatique a un impact négatif et significatif sur la croissance potentielle, qui sera d'autant plus fort si son ampleur n'est pas maîtrisée. En premier lieu, il fait peser un risque sur l'offre de travail et la productivité des travailleurs, laquelle diminue en particulier lors des fortes chaleurs. Il implique aussi des destructions de capital liées à la multiplication des événements climatiques extrêmes, et une hausse de l'incertitude qui décourage l'investissement. Enfin, il risque de détourner une partie des facteurs de production et de l'innovation vers la reconstruction et l'adaptation, au détriment de domaines plus productifs.
La transition bas-carbone permet de limiter fortement cet impact négatif. Elle pourrait toutefois entraîner une baisse modérée de la croissance potentielle à court et moyen terme, mais bien inférieure aux effets cumulés sur le long terme d'un changement climatique non maîtrisé. Les besoins d'innovation dans les technologies bas-carbone risquent d'évincer une partie de l'effort de recherche et développement des secteurs plus productifs. Les entreprises devront par ailleurs remplacer leur capital carboné, pouvant conduire à des coûts de production plus élevés. Des réallocations d'emplois pendant la phase de transition pourront enfin diminuer temporairement la quantité de travail disponible en cas d'inadéquation des compétences et de localisation entre les nouveaux emplois verts et les emplois bruns détruits.
À long terme, les effets d'apprentissage, l'innovation et la diffusion des technologies au sein de l'appareil productif laissent espérer que la croissance de la productivité pourrait retrouver, voire dépasser, le rythme prévalant avant la transition bas-carbone (cf. Graphique).
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+ Autres publications à consulter sur le sujet :
- DG Trésor (2025), « Rapport final – les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone ».
- Gouvernement (2026), « Rapport d’accompagnement de la Stratégie nationale bas-carbone 3 ».
- NGFS (2023), « NGFS Climate Scenarios for Central Banks and supervisors – Phase IV ».
- Bijnens et al. (2024), « The impact of climate change and policies on productivity », Banque centrale européenne, Occasional Paper Series, n° 340.
- Bilal A. et Känzig D. (2026), « The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature », The Quarterly Journal of Economics.