Le numérique, principal facteur du décrochage de la productivité française par rapport aux États-Unis
L’écart de croissance de la productivité horaire entre les États-Unis et la France est de 0,6 point par an entre 1997 et 2019. Il s’explique en totalité par une productivité plus faible des secteurs numériques, tant producteurs de technologies numériques et qu’utilisateurs intensifs de ces technologies. Dès lors, le développement et la diffusion de nouvelles technologies numériques, comme l’intelligence artificielle, constitue un enjeu crucial pour la croissance future en France et en Europe.
Le décrochage de la productivité du travail en Europe par rapport aux États-Unis depuis le milieu des années 1990 est régulièrement imputé au secteur du numérique, notamment par le rapport Draghi. Cet écart s'explique tant par les secteurs producteurs de technologies numériques que par les secteurs utilisateurs intensifs en technologies numériques.
Les secteurs producteurs de technologies numériques – électronique et services numériques – représentent moins de 10 % de la valeur ajoutée française ou américaine, mais ont connu une croissance de la productivité soutenue ces trente dernières années, en particulier aux États-Unis.
La productivité des secteurs intensifs en numérique (commerce, services financiers, etc.), qui représentent environ un tiers du PIB en France et aux États-Unis, dépend fortement de l'adoption des nouvelles technologies numériques.
Entre 1997 et 2019, la productivité horaire a progressé en moyenne de 0,6 point par an plus rapidement aux États-Unis qu'en France. Selon notre décomposition sectorielle, les secteurs producteurs et utilisateurs intensifs de technologies numériques contribuent à cet écart à hauteur de 0,8 point par an, tandis que la productivité française a crû légèrement plus rapidement qu'aux États-Unis dans le reste de l'économie.
L'intelligence artificielle (IA) constitue une opportunité de croissance pour les secteurs producteurs et utilisateurs de technologies numériques. Des politiques publiques sont mises en place afin de pallier le retard des acteurs français et européens sur toute la chaîne de valeur : France 2030 soutient la recherche, l'innovation et l'industrialisation ; Osez l'IA soutient l'adoption par les entreprises ; la Commission européenne a proposé un paquet sur la souveraineté technologique.
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+ Autres publications à consulter sur le sujet :
- Draghi M. (2024), « Le futur de la compétitivité européenne ».
- Gordon R.J. et Sayed H. (2020), "Transatlantic Technologies: Why Did the ICT Revolution Fail to Boost European Productivity Growth?", VoxEU.
- Bunel S. et al. (2025), "Revisiting the European Performance Gap vis-à-vis the United States", Bloc-notes Éco, Banque de France.
- Aghion P. et Bunel S. (2024), "AI and Growth: Where Do We Stand?", Federal Reserve Bank of San Francisco.