L’intelligence artificielle, quels effets sur l’emploi ?
L'essor de l'intelligence artificielle générative suscite des interrogations quant à ses effets sur l'emploi. Entre substitution au travail et gains de productivité pouvant stimuler la demande de main-d'œuvre, l'effet net agrégé reste incertain, avec des risques pour certains travailleurs. Dans un contexte de risque de décrochage compétitif, un accompagnement des pouvoirs publics apparaît nécessaire pour faciliter l’adoption de l'IA et la transition professionnelle des travailleurs concernés.
Les capacités de l'intelligence artificielle (IA) ont fortement progressé avec l'essor des grands modèles de langage et de l'IA générative, offrant de nouvelles perspectives d'automatisation dans l'ensemble des secteurs économiques.
Comme les précédentes révolutions technologiques, l'IA suscite des inquiétudes : 62 % des Français la voient comme un risque pour l'emploi, selon le baromètre du numérique 2025.
Le volume d'emploi peut être affecté par l'IA via deux canaux opposés. D'une part, elle pourrait se substituer à certains travailleurs, dont les tâches peuvent être automatisées. D'autre part, l'IA pourrait accroître la productivité des travailleurs et stimuler la demande de main-d'œuvre.
Les études empiriques ne permettent pas de déterminer l'effet total de l'IA sur l'emploi, faute de recul suffisant et en raison d'une adoption encore limitée par les entreprises. Certaines tendances pourraient toutefois être reliées à l'émergence de l'IA. Les premières vagues de licenciements attribuées à l'IA se concentrent dans les secteurs qui y sont les plus exposés (finance, informatique), même si l'adoption de l'IA est parfois un prétexte qui masque d'autres motifs de licenciements. Par ailleurs, l'insertion professionnelle des jeunes semble ralentir.
Lors des révolutions technologiques précédentes, les emplois créés par la nouvelle technologie ont compensé ceux qui ont disparu, et le contenu des professions s'est transformé en profondeur. Aussi, un accompagnement par les politiques publiques, notamment en matière de formation, est nécessaire pour soutenir la reconversion des travailleurs dont l'emploi serait menacé par l'IA et pour favoriser la diffusion de l'IA dans l'ensemble de l'économie.
Dans un contexte de concurrence internationale, investir dans l'IA est nécessaire pour soutenir la compétitivité – et donc l'emploi – qui sera de plus en plus liée à l’adoption de l'IA..
+ Télécharger l'étude complète Trésor-Éco n° 391>>
+ Autres publications à consulter sur le sujet :
- Bergeaud A. (2024), « Exposition à l’intelligence artificielle générative et emploi : une application à la classification socio-professionnelle française », Working paper.
- Arquié A. et al. (2026), “The Next Automation Frontier: A Scenario Map of AI Labour Exposure”, Coface.
- Brynjolfsson E. et al. (2025), “Canaries in the Coal Mine? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence”, Working paper.
- Aghion P. et al. (2025), “How Different Uses of AI Shape Labor Demand: Evidence from France”, AEA Papers and Proceedings, 115, 62-67.