Électrifier les usages, anticiper la sortie du gaz : deux faces de la transition énergétique française
L’électrification constitue le principal levier de décarbonation de l’économie française. En 2024, l’électricité représente 26,5 % de la consommation d’énergie finale en France, et doit s’élever à 38 % en 2035. Atteindre cet objectif nécessite de lever les freins qui subsistent à l’électrification, notamment tarifaires et réglementaires. La baisse concomitante de la consommation de gaz implique d’anticiper l’avenir des infrastructures de gaz, afin de limiter les coûts pour les consommateurs.
La France dispose d'une production d'électricité abondante, bas-carbone et compétitive, qui constitue un atout pour la transition énergétique. Le mix énergétique français dans son ensemble demeure toutefois encore fortement dépendant des énergies fossiles importées, sources importantes de vulnérabilités économiques et géopolitiques, et d'émissions de gaz à effet de serre. L'électrification des usages constitue la réponse la plus efficace à ces enjeux.
En France comme dans l'Union Européenne, le taux d'électrification – la part de l'électricité dans la consommation d'énergie finale – a progressé depuis les années 2000, et doit poursuivre sa hausse pour atteindre nos objectifs climatiques (cf. Graphique). Certains pays nordiques affichent un niveau d'électrification plus avancé, grâce notamment au déploiement des pompes à chaleur et des véhicules électriques, favorisé par une tarification élevée du carbone et des mesures fiscales et budgétaires de soutien à l'électrification stables dans le temps.
Trois facteurs structurels contribuent à freiner l'électrification des usages : une tarification de l'électricité insuffisamment favorable relativement aux combustibles fossiles, des contraintes réglementaires qui pourraient être durcies sur l'installation d'équipements fossiles dans des cas où les alternatives électriques sont disponibles et compétitives, ainsi qu'un développement insuffisant de la flexibilité, qui permettrait aux consommateurs de tirer profit des heures où l'électricité est la moins chère à produire. Le plan d'électrification de 2026, qui contribue à lever ces deux derniers freins, est une étape importante pour accélérer la dynamique d'électrification des usages.
En miroir, la baisse attendue de la consommation de gaz nécessite d'anticiper l'évolution des infrastructures gazières, via une planification territoriale. Les 100 territoires d'électrification, annoncés dans le cadre du plan d'électrification, permettront d'expérimenter les modalités d'étude et d'accompagnement de la sortie du gaz à l'échelle locale.
+ Télécharger l'étude complète Trésor-Éco n° 410>>
+ Autres publications à consulter sur le sujet :
- Grimont J. et De Saint Pierre J. (2026), « Les enjeux économiques du soutien aux énergies renouvelables électriques », Trésor-Éco n° 382.
- CRE (2026), « Avenir des infrastructures gazières à 2050 », Rapport.
- IEA (2026), “Electrification – Special Report”.
- Maddedu S. et al. (2020), “The CO2 reduction potential for the European industry via direct electrification of heat supply”, Environmental research Letters, Vol. 15, N° 12.