Après la canicule historique de juin 2026, marquée par la journée la plus chaude jamais mesurée en France le 24 juin, un nouvel épisode de fortes chaleurs touche le pays depuis le 6 juillet. Cette succession d'épisodes est l’occasion de remettre en lumière plusieurs travaux récents de la DG Trésor sur l'impact des vagues de chaleur sur l'activité économique, l'adaptation des logements et celle des conditions de travail.

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Un choc qui pèse sur l'activité économique

Dans un Flash conjoncture publié en juillet 2025, la DG Trésor a documenté l'impact des vagues de chaleur sur l'économie française. L'agriculture est le secteur le plus directement touché, avec des pertes de rendement pouvant atteindre 10 % sur le blé lors des épisodes les plus sévères. La production électrique est également sensible à la chaleur, le nucléaire et l'hydraulique reculant lorsque les ressources en eau se raréfient, tandis que la demande d’électricité peut augmenter légèrement sous l'effet d’un recours accru à la climatisation. Des travaux économétriques montrent par ailleurs qu'au-delà de 38 °C, la durée quotidienne de travail peut diminuer d'environ une heure dans les secteurs les plus exposés au stress thermique.

Ce choc conjoncturel se double d'un enjeu plus structurel, celui de l'adaptation de nos logements aux vagues de chaleur.

 

Adapter les logements à la chaleur

Le printemps 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une anomalie de +1,7 °C et une température moyenne de 13,8 °C. Les sols asséchés et les infrastructures urbaines existantes amplifient les chocs thermiques.

En octobre 2025, la Direction générale du Trésor a co-organisé avec la Direction générale de l'énergie et du climat un séminaire d'expertise sur ce sujet. Les travaux ont mis en lumière une tension centrale : comment garantir le confort thermique des logements face aux vagues de chaleur tout en maitrisant leur empreinte carbone et leur consommation électrique.

Environ 80 % des logements qui existeront en 2050 sont déjà construits. La majorité ne dispose pas actuellement d'équipements ou d'améliorations thermiques suffisantes pour offrir un confort d'été satisfaisant. Les ménages les plus modestes, notamment ceux résidant en immeubles collectifs mal isolés en zones urbaines denses, sont particulièrement exposés aux pics de chaleur prolongés. Cette configuration soulève une question de politique publique : comment assurer une adaptation territorialement équitable ?

Si le recours à la climatisation est indispensable dans certains cas, sa généralisation comme seule solution présente toutefois des limites. Les rejets thermiques des climatiseurs augmentent en effet la température de l'air extérieur de 1 à 3 °C à proximité immédiate des bâtiments, amplifiant les îlots de chaleur urbains. En outre, une stratégie fondée exclusivement sur la climatisation pourrait, à mesure qu'elle se généralise, accentuer la pointe électrique de fin de journée et de soirée, lorsque le solaire ne produit plus et que les moyens mobilisés à la marge sont aujourd’hui plus carbonés.

Les intervenants du séminaire Transition ont suggéré plusieurs pistes d'évolution de l'action publique : une amélioration du cadre de diagnostic, avec un indicateur de confort d'été du DPE mieux à même d'identifier les logements vulnérables ; une adaptation du cadre réglementaire, la RE2020 imposant déjà des seuils pour le neuf, l'enjeu portant désormais sur le parc existant ; une réorientation des aides publiques (MaPrimeRénov', Certificats d'Économie d'Énergie) vers les protections solaires, la ventilation nocturne et les systèmes de climatisation efficaces conditionnés à des solutions passives ; enfin une gouvernance partagée avec les collectivités, à travers la végétalisation urbaine et la coordination des investissements. Certaines de ces pistes font écho au plan « Renforcer notre endurance face aux vagues de chaleur » présenté par le Gouvernement en juin 2026.

Au-delà du logement, la chaleur transforme aussi les conditions d'exercice de nombreux métiers.

 

Adapter le travail à la chaleur

En mars 2025, le séminaire Politiques de l'emploi, co-organisé par la Direction Générale du Trésor et le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, a consacré une séance à l'adaptation du travail au changement climatique. Les intervenants ont souligné que les vagues de chaleur affectent directement la santé et la productivité des travailleurs. Santé publique France a recensé 48 décès liés à la chaleur au travail entre 2018 et 2023. Une étude de France stratégie (2023) estime qu’entre 14 % et 36 % des travailleurs sont exposés à la chaleur en France, notamment dans l'agriculture, la construction et le tourisme.

Le cadre juridique français ne fixe pas de température maximale légale, mais impose aux employeurs une obligation générale de sécurité, avec une évaluation des risques, notamment ceux liés à la chaleur, qui doivent être retranscrits dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Sur le terrain, le dialogue et la négociation locale sont essentiels pour trouver des solutions adaptées au contexte spécifique de chaque entreprise : sur la période 2022-2024, 400 accords d'entreprise ont intégré l'adaptation aux fortes chaleurs, prévoyant une mise à disposition d’eau, un aménagement des horaires de travail ou des équipements de protection.

Un sujet traité par la DG Trésor sous plusieurs angles

L'ampleur de l'épisode caniculaire de juin 2026 rappelle que l'adaptation au changement climatique est un enjeu majeur pour l’action publique. Qu'il s'agisse de mesurer l'impact des vagues de chaleur sur l'activité économique, d'examiner les moyens d’accompagner la rénovation du parc de logements ou de réfléchir à l’évolution des conditions de travail, les travaux de la DG Trésor visent à contribuer à construire une action publique cohérente, équitable et documentée face à un phénomène appelé à s'intensifier.

Pour aller plus loin, consultez

le Flash conjoncture,

le compte rendu du séminaire Transition

et la synthèse du séminaire Politiques de l'emploi .