La Chine est devenue en 20 ans le principal créancier de l’Afrique subsaharienne, détenant 62,1 % de sa dette externe bilatérale en 2020, contre 3,1 % en 2000. Ces prêts reposent sur une architecture institutionnelle complexe, qui privilégie des outils issus des contrats de prêts privés, sécurisant à la fois les remboursements et les intérêts stratégiques chinois. Depuis 2016, ces flux connaissent un recalibrage quantitatif et géographique, qui s’accompagne d’une croissance des IDE chinois.

La Chine est devenue en 20 ans le principal bailleur de l'Afrique subsaharienne, détenant 62,1 % de sa dette externe bilatérale en 2020, contre 3,1 % en 2000. Ces prêts bénéficient principalement à sept pays, qui concentrent deux tiers des prêts chinois sur la période.

La part croissante de la Chine par rapport aux autres bailleurs repose sur une architecture institutionnelle complexe, dans laquelle deux banques gouvernementales (policy banks), l'EximBank of China (56,8 % des prêts) et la China Development Bank (CDB, 22,9 %) jouent un rôle central.

Ces prêts se distinguent par de nombreuses clauses spécifiques. Les banques chinoises semblent privilégier des outils issus des contrats de prêts privés, sécurisant à la fois leurs remboursements et leurs intérêts stratégiques, en intégrant une clause de cross-default leur permettant de stopper un prêt et de demander son remboursement si le pays fait défaut auprès des autres bailleurs, ainsi que des dispositifs « d'aides liées » qui rendent obligatoire dans une certaine mesure le recours à des prestataires chinois.

La dépendance de certains pays africains au créancier chinois a des conséquences pour les États concernés mais aussi pour le fonctionnement des instances multilatérales de traitement de dette.

Depuis 2016, les prêts chinois à destination de l'Afrique subsaharienne connaissent une réorientation géographique et un recalibrage des montants engagés visant à sécuriser les créances chinoises sur le continent. Cet affaissement relatif des prêts chinois s'accompagne d'une croissance des investissements directs étrangers et d'une présence normative croissante (cf. Graphique).

 

TE-292

 

 

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