L'industrie représente près de 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, principalement portées par la chimie, les minéraux non métalliques et la métallurgie. Depuis 2000, la baisse des émissions industrielles provient de l’amélioration de l’efficacité carbone de la production. La probabilité de réaliser des investissements de décarbonation augmente avec la taille de l'entreprise, sa productivité, sa consommation d'énergie carbonée, son appartenance au marché carbone européen.

La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) adoptée en mars 2020 fixe une cible d'émissions industrielles de gaz à effet de serre ne dépassant pas 53 MtCO2eq en 2030 et 16 MtCO2eq en 2050, contre 84 MtCO2eq en 2019. L'atteinte de ces objectifs repose sur plusieurs outils, parmi lesquels la tarification du carbone et le soutien public à la décarbonation.

Si l'industrie est le secteur économique qui a le plus décarboné depuis 1990, la poursuite du rythme de décarbonation observé entre 2013 et 2019 serait insuffisante pour atteindre les objectifs que lui assigne actuellement la SNBC. Ces cibles devront par ailleurs être révisées pour respecter le renforcement de l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixé au niveau européen. En 2019, l'industrie concentre encore près de 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, principalement portées par les secteurs de la chimie, des minéraux non métalliques et de la métallurgie.

Depuis 2000, la baisse des émissions de gaz à effet de serre de l'industrie française provient exclusivement du progrès technique incorporé dans les investissements visant à neutraliser la pollution et à améliorer les procédés de fabrication (amélioration de l'« efficacité carbone »), la valeur ajoutée de l'industrie ayant quant à elle continué de croître tendanciellement sur cette période.

Une modélisation économétrique sur données individuelles d'entreprises entre 2013 et 2019 montre que la probabilité de réaliser des investissements de décarbonation augmente avec la taille de l'entreprise, sa productivité, sa consommation d'énergie carbonée (gaz, produits pétroliers, charbon) et son inclusion dans le système européen d'échange de quotas d'émission carbone. Une fois pris en compte ces facteurs, les entreprises qui investissent davantage dans la décarbonation ne sont pas celles appartenant aux secteurs les plus émetteurs (chimie, métallurgie, minéraux non métalliques) qui, au-delà d'une forte consommation d'énergie, mobilisent les combustibles et les procédés industriels qui engendrent le plus de gaz à effet de serre.

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TE-291 

 

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