Depuis la fin des années 2000, le développement de techniques de forage non-conventionnelles a fortement accru la production de pétrole et de gaz aux États-Unis. L'effet net total d'une hausse des prix du pétrole sur l'activité américaine resterait négatif malgré la révolution du schiste. La baisse de pouvoir d'achat pour les ménages due à la hausse du prix des carburants ne serait qu'en partie compensée par la forte augmentation de l'investissement du secteur pétrolier et gazier.

À partir de la fin des années 2000, la production de pétrole et de gaz des États-Unis s'est fortement accrue, grâce au développement de techniques de forage dites non-conventionnelles, comme la combinaison du forage horizontal et de la fracturation hydraulique.

Il en a découlé une forte amélioration de la balance commerciale énergétique et une réduction de la dépendance énergétique des États-Unis. La baisse des importations et la hausse des exportations de pétrole permettent aux États-Unis d'être quasiment à l'équilibre sur leur balance pétrolière et d'occuper une place croissante sur le marché mondial du pétrole et du gaz.

Une hausse des prix du pétrole a un effet négatif sensible sur l'activité des pays importateurs net de pétrole. Jusqu'en 2010, l'économie américaine était ainsi pénalisée par les augmentations du prix du baril, qui pesaient sur le pouvoir d'achat des ménages et renchérissaient les consommations intermédiaires des entreprises. Depuis 2010, avec la forte augmentation de la production américaine de pétrole, l'effet des prix du pétrole sur l'activité américaine est devenu plus ambigu. En particulier, une hausse a un impact très positif sur l'investissement du secteur, qui s'oppose à l'effet négatif sur la consommation.

Aujourd'hui l'effet net total d'une hausse des prix du pétrole sur l'activité américaine resterait négatif malgré la révolution du schiste. La baisse de pouvoir d'achat pour les ménages due à la hausse du prix des carburants ne serait qu'en partie compensé par la forte augmentation de l'investissement du secteur pétrolier et gazier (cf. graphique).

Trésor-Éco n° 257