L'effet du cycle économique sur l'inflation (ou effet Phillips) est significatif : une croissance supérieure de 1 pt à son potentiel une année donnée engendre une hausse de l'inflation de 0,3 pt à partir de l'année suivante. Après s'être affaibli dans les années 1970 et 1980, le lien entre position dans le cycle économique et inflation ne semble pas avoir diminué depuis 15 ans.

Le niveau de l'inflation en France a surpris à la baisse certains observateurs sur les années récentes. L'inflation s'est élevée à +0,2 % en 2016 et +1,0 % en 2017 après quatre années de baisse consécutive de +2,0 % en 2012 à +0,0 % en 2015. Dans le même temps, l'activité était sensiblement inférieure à son potentiel : environ –1 ½ pt en moyenne entre 2013 et 2016.

La faiblesse de l'inflation entre 2013 et 2016 s'explique par l'atonie prolongée de l'activité économique et par la baisse du prix du pétrole. En moyenne sur la période 2013-2016, l'activité atone aurait pesé à hauteur de ½ pt/an sur l'inflation. La baisse tendancielle du prix du pétrole sur la période a également pesé sur les prix de consommation des ménages pour une ampleur comparable à l'atonie de l'activité (–½ pt d'inflation). Enfin, les mesures de baisse du coût du travail (CICE, Pacte) et l'accroissement de la concurrence dans les télécommunications ont pesé sur l'inflation ces dernières années.

La période d'inflation atone de ces dernières années devrait prendre fin progressivement, traduisant avec un certain retard la fermeture entamée de l'écart de production. Ainsi, l'inflation sous-jacente (c'est-à-dire hors composantes les plus volatiles : énergie, alimentaire etc.) augmenterait continument à +0,9 % en 2018 puis +1,1 % en 2019 après +0,4 % en 2017, à un rythme cohérent avec la fermeture prévue de l'écart de production.

Le niveau modéré de l'inflation suggèrerait un écart de production encore négatif en 2017 en dépit des tensions sur l'appareil productif indiquées par les enquêtes de conjoncture.

Trésor-Éco n° 233