BREVES BIMENSUELLES

JAPON COREE

Semaines des 1 et 8 octobre 2018

  jc

Sommaire

 

Japon
  1. Evolutions macroéconomiques
  2. Relations commerciales et multilatérales
  3. Entreprises
Corée
  1. Evolutions macroéconomiques
  2. Relations commerciales et multilatérales
  3. Entreprises

Japon

1. Evolutions macroéconomiques

Le FMI a rendu les conclusions issues de sa mission de consultation 2018, en amont de la publication de l’article IV. Le constat est celui d’une croissance de l’économie nippone supérieure à sa croissance potentielle. Le risque de déflation a diminué mais l’inflation demeure faible et inférieure à l’objectif de 2% de la Banque du Japon. Selon le FMI, les risques qui pèsent à court terme sur l’économie japonaise se sont accrus tandis qu’à long terme, d’ici les 40 prochaines années, le pays devra faire face à un déclin de 25% de sa population et de la taille de son économie. Trois objectifs prioritaires sont assignés par le FMI : (1) la reflation de l’économie, (2) l’amélioration de la croissance potentielle et (3) l’adoption d’une trajectoire soutenable de la dette publique.lg

Le FMI a également émis trois recommandations de politique publique pour remplir ces objectifs : (i) une politique fiscale de moyen terme bien calibrée, (ii) un effort ambitieux sur les réformes du marché du travail, des biens et des entreprises, (iii) le maintien d’une politique monétaire accommodante accompagnée d’orientations claires.  Face à un monde incertain, le FMI encourage le pays à s’assurer une alternative domestique grâce à la mise en œuvre d’une politique de dynamisation de la demande intérieure et d’une stratégie d’investissements axés sur des gains de productivité. Ainsi le maintien d’une position fiscale neutre en 2019 et 2020 permettra au gouvernement de mettre en place des mesures de soutien à la demande (automobile, immobilier) et d’exemption de certains produits de première nécessité pour contrer l’effet récessif de la hausse de TVA prévue en octobre 2019. Une politique de rigueur budgétaire n’est donc recommandée qu’à moyen terme. Mme Lagarde, qui a rencontré les membres du Gouvernement ABE et le Gouverneur de la Banque du Japon lors de cette mission de consultation à Tokyo, a largement insisté lors de sa conférence de presse sur le caractère néfaste de la guerre commerciale. Il est nécessaire selon elle que chaque pays « s’assure d’un capacité fiscale et de marges de manœuvre budgétaires suffisantes pour pouvoir résister aux chocs extérieurs ». Sources : FMI conclusions de la mission consultative article IV, Nikkei

2. Relations commerciales et multilatérales

Shinzo Abe, proche allié de Theresa May, a annoncé au Financial Times que le Japon accueillerait la Grande-Bretagne « à bras ouverts » au sein du TPP, sous réserve que son départ de l’Union européenne soit entériné. La Grande-Bretagne serait le premier membre de cet accord à ne pas être situé en bordure de l’océan Pacifique. Le Secrétaire d’Etat au Commerce international britannique Liam Fox avait indiqué en juillet que le peuple britannique serait consulté au sujet d’une potentielle intégration de la Grande-Bretagne au TPP, une fois le Brexit effectif. Sources : Asahi, BBC News, Bloomberg

3. Entreprises

Le Keidanren, principale organisation patronale japonaise, a annoncé qu’il souhaitait mettre fin dès avril 2019  (début de l’année keidanrenfiscale et rentrée des classes au Japon) à la pratique jugée obsolète de recrutement massif des jeunes diplômés d’universités. Les membres du Keidanren (ie l’ensemble des grands groupes industriels et bancaires japonais, excluant de fait les groupes étrangers et les startups) programmaient jusqu’à présent en avril leurs premières sessions d’orientations professionnelles à destination des étudiants de dernière année de l’université. Ils procédaient ensuite à des entretiens d’embauche en juin et offraient une offre d’emploi formelle en octobre, alors même que le diplôme n’est obtenu qu’en mars de l’année suivante. La suppression de cette pratique reflète la volonté des entreprises de s’affranchir du système actuel, jugé rigide, pour satisfaire leurs nouveaux besoins en ressources humaines : recruter des étudiants étrangers ; recruter des japonais titulaires d’un diplôme étranger ; recruter des personnes avec une expérience professionnelle préalable, voire des employés très expérimentés. Toutefois, certains craignent que la suppression de cette règle tacite n’entraîne une course à l’embauche de la part de grands groupes qui entraveraient le bon déroulement du processus de formation des étudiants, notamment en obligeant ces derniers à entrer dans un processus de recrutement encore plus précoce. Source : The Mainichi ; Asia Nikkei

Les grands constructeurs automobiles japonais s’inquiètent des négociations sur le Brexit qui risquent d’affecter leurs ventes en Europe. Un « no-deal » lors des négociations entre les 27 pays membres et le Royaume-Uni aurait de lourdes conséquences dans les décisions des grands groupes comme Toyota, Honda ou Nissan Motor. A titre d’illustration, Toyota a produit 144 000 véhicules en 2017 dans son usine de Burnaston dont 80% était destiné au marché européen. Toyota avait annoncé en 2017 son intention de réaliser un investissement supplémentaire sur ce site mais cette décision a été suspendue depuis. Source : Asia Nikkei ; Asia Nikkei ; Reuters

Corée

1. Evolutions macroéconomiques et financières

Dans la lignée des bourses mondiales, le KOSPI a connu deux semaines difficiles dont un « jeudi noir » le 11 octobre qui a vu l’indice clôturer à – 4,4 %, son plus gros recul en 7 ans. Le cours de la bourse coréenne a ainsi reculé de 10 % depuis début bourseoctobre, et de 22 % par rapport au plus haut annuel de janvier 2018. Les 5 plus grandes entreprises coréennes ont ainsi perdu depuis le début de l’année 90 milliards de $ de capitalisation boursière. La FSC (Financial Services Commission), le FSS (Financial Supervisory Service) et Korea Exchange ont tenu une réunion de crise le 12 octobre, affirmant être prêts à prendre toutes mesures préventives nécessaires en cas de nouvelle dégradation. Enfin, le gouverneur de la Bank of Korea (BoK) Lee Ju-yeol a annoncé que la politique monétaire devrait suivre attentivement le risque de sorties de capitaux dans les prochaines semaines en raison de l’élargissement de l’écart entre les taux américains et coréens. Cette déclaration a été interprétée par les marchés comme le signal d’une hausse prochaine des taux directeurs coréens. Sources: Business times, Yonhap

2. Relations commerciales et multilatérales

La commission coréenne de la concurrence (Fair Trade Commission, FTC) a précisé le contour des mesures qu’elle s’apprête à prendre pour améliorer la régulation des chaebols. Une des priorités sera la lutte contre les systèmes peu transparents de participations croisées entre filiales d’un même groupe. Ces pratiques incitent à la surestimation des participations et permettent aux actionnaires de s’octroyer d’importants bénéfices. La FTC prévoit de publier d’ici la fin de l’année le détail des structures actionnariales des grands groupes afin de pointer du doigt ces pratiques illégales. Le montant des sanctions infligées par la FTC sera par ailleurs fortement augmenté. Les lois régissant les contrats entre PME et grands groupes devraient également évoluer pour prévenir certaines pratiques sibyllines des chaebols vis-à-vis de leurs co-contractants. Sources : The investor

3. Entreprises

sSamsung Electronics va ouvrir un programme gratuit de formation afin d’enseigner la programmation à 10 000 jeunes coréens. Dans le cadre de son plan triennal de 158 Mds USD visant à créer 700 000 emplois, Samsung Electronics a annoncé l’ouverture prochaine d’une académie de code, la Samsung SW Academy for Youth (Ssafy). Alors que les perspectives du marché de l’emploi sont moroses, en particulier pour les jeunes coréens, ce programme de formation sur 2 semestres, réservé aux moins de 29 ans, a pour principal objectif de développer les compétences en matière de software pour répondre aux ambitions du pays en matière d’intelligence artificielle. Ce programme proposera des cours de code, des conseils carrière, ainsi qu’une compensation d’environ 900 USD par mois par élève. Sources : Pulse, Korea Joongang Daily

 

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