Relations bilatérales

Echanges de biens

La Chine représente le premier déficit bilatéral de la France : il atteint un record de 31,6 Md€ (source : douanes françaises) en 2019 (29,5 Md€ en 2018), soit plus de la moitié de notre déficit commercial global (58,9 Md€[i]). Après avoir connu une augmentation importante en 2018 (+10,6 %), les exportations françaises vers la Chine sont stables en 2019 (+0,4 % à 20,9 Md€). Ce ralentissement est à relativiser au regard (i)  du recul des importations globales de la Chine ; (ii) du dynamisme de nos exportations hors aéronautique (+7,4 %). Les importations françaises de biens chinois augmentent quant à elles de 4,3 % (à 52,5 Md€).

Les exportations françaises sont stables (+0,4 % à 20,9 Md€) malgré le fléchissement des ventes aéronautiques

La Chine est le 7e client de la France. Les exportations françaises de biens sont avant tout composées de matériel aérospatial (36 % du total), d’équipements mécaniques, machines industrielles et matériel électronique (17 %) mais aussi de biens à destination de consommateurs chinois dont le pouvoir d’achat augmente de manière significative : parfums, chimie et cosmétiques (12 %), produits pharmaceutiques (7 %), produits agricoles et agroalimentaires (13 % dont près de la moitié de vins et spiritueux).

A 1,6 %, la part de marché de la France en Chine est en légère augmentation (1,5 % au cours des trois années précédentes). Nos entreprises sont notamment bien positionnées dans les secteurs des spiritueux (1er fournisseur loin devant le Royaume-Uni), de l’aéronautique (2e derrière les États-Unis), du vin (2e derrière l’Australie pour la première fois en 2019), des cosmétiques (2e derrière le Japon) et des produits pharmaceutiques (3e derrière l’Allemagne et les États-Unis).

Les exportations françaises vers la Chine sont restées stables en 2019 (+0,4 % à 20,9 Md€), après une forte croissance en 2018 (+10,6 %), et ce malgré le recul des importations globales de la Chine (-1,9 % à 2 069 Md$). Les ventes du secteur aéronautique baissent (-10,2 % à

7,4 Md€) après les bonnes performances enregistrées l’année précédente (8,3 Md€), du fait des moindres livraisons d’appareils Airbus en Chine (178 appareils  après 191 l’année précédente, évolution en partie due au tarissement de la demande mondiale de gros porteurs). La Chine représente environ 20 % des livraisons totales d’Airbus en 2019 (à comparer à 25 % les années précédentes).

Hors aéronautique, les exportations françaises sont dynamiques : +7,4 % à 13,5 Md€. Les exportations de produits pharmaceutiques (+27,1 % à 1,4 Md€) enregistrent de bonnes performances tout comme celles de parfums (+47,4 % à 1,2 Md€) et de textile (+26,3 % à 1,2 Md€). Les produits agricoles et agroalimentaires connaissent également une augmentation importante (+17,8 % à 2,7 Md€) grâce aux spiritueux (+8,0 % à 480 M€), à la viande (+93,9 % à 390 M€), aux céréales (+166,3 % à 350 M€), aux produits laitiers (+15,0 % à 320 M€) et au lait infantile (stable à 280 M€).

Les importations françaises de biens chinois augmentent significativement (+4,3 % à 52,5 Md€)

La Chine est le 2e fournisseur de la France. Bien que les autorités chinoises poursuivent depuis plusieurs années l’objectif de favoriser la montée en gamme de leurs exportations, les importations françaises de produits chinois restent majoritairement composées de biens de consommation à faible valeur ajoutée locale : textiles, habillement, cuir et chaussures (19 % du total- en baisse) ; équipements électriques et ménagers (12 %) ; machines industrielles et agricoles (7 %) ; articles de sport et de jouets (5 %).

Les importations françaises de biens chinois progressent en 2019 : +4,3 % à 52,5 Md€.  Si les importations d’ordinateurs (-9,5 % à 5,0 Md€) et de produits textiles (-0,5 % à 9,8 Md€) reculent, les autres principaux postes sont en forte hausse : matériel électrique (+12 % à 4,0 Md€), machines et équipements d’usage général (+13 % à 3,5 Md€), appareils ménagers (+9 % à 2,4 Md€), articles de sports, jeux et jouets (+9 % à 2,4 Md€). Nos achats d’équipements aéronautique augmentent significativement en 2019 (+60,8 % à 900 M€) et constituent la première contribution à la croissance des importations en provenance de Chine.

 

Echanges de services

Dans les services, la France est excédentaire vis-à-vis de la Chine : en 2018, notre excédent a atteint 4,8 Md€, principalement du fait des dépenses des touristes chinois sur le territoire français (3,7 Md€).

 

Investissements croisés

Les investissements croisés France-Chine ont, ces dernières années, connu une augmentation forte et dissymétrique. Le stock des IDE français en Chine (21 Mds EUR en 2018 selon la Banque de France) est supérieur au stock des IDE chinois en France (6,8 Mds EUR), mais les flux d’investissements chinois sont les plus dynamiques.  Les investissements chinois à l’étranger ont connu récemment une progression fulgurante (+511,2 % entre 2010 et 2018 selon les données des Nations-Unies). Néanmoins, en 2017, en conséquence des mesures visant à contrôler les sorties de capitaux et à encadrer la politique d’investissement à l’international des groupes chinois, une réduction de moitié des flux sortants d’IDE a pu être observée selon la Banque populaire de Chine (PBoC). Cette baisse s’est poursuivie en 2018, avec un nouveau repli des IDE sortants de 6 %.

La présence française en Chine est ancienne ; les entreprises françaises s’y sont très tôt impliquées dans des projets emblématiques (construction de la centrale nucléaire de Daya Bay par EDF initiée en 1994). Aujourd’hui, près de 2 100 entreprises françaises, essentiellement des grands groupes, sont présentes en Chine, et emploient plus de 480 000 personnes (chiffres OFATS/Eurostat).

Par ailleurs, les investisseurs français ne bénéficient pas du même niveau d’ouverture en Chine que leurs homologues chinois sur le marché français. La France soutient la conclusion rapide d’un Accord UE-Chine sur les Investissements équilibré et ambitieux, qui inclurait non seulement la protection des investissements mais aussi des dispositions en matière d’accès au marché.

 

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