Le 19 mai 2026, à l'issue de la réunion ministérielle Finances du G7, Bercy accueillait la 5e conférence « No Money For Terror » (NMFT). Réunissant plus de 70 délégations autour de trois priorités opérationnelles, cette édition a abouti à l'adoption d'une déclaration conjointe et marque la clôture d'un premier cycle de conférences initié par le Président de la République en 2018.

Photo de famille de la conférence NO Money For Terror du 19 Mai 2026

(c) Hamilton de Oliveira / MINEFI

« No Money For Terror » : une initiative française au long cours

La conférence « No Money For Terror », initiative lancée par le Président Emmanuel Macron à Paris en 2018, constitue le principal forum de coordination politique internationale en matière de lutte contre le financement du terrorisme. En huit ans, cinq éditions se sont succédé dans quatre pays différents, témoignant de l'ancrage durable de cette démarche dans l'agenda international de sécurité financière.

Cette 5e édition de la conférence « No Money For Terror » avait une signification particulière : elle marque la clôture d'un premier cycle, ouvert en 2018 avec l'adoption de l'Agenda de Paris. L'occasion de dresser un bilan des progrès accomplis et de définir les prochaines priorités d'action collective.

Une conférence NMFT adossée à la présidence française du G7 Finances

Le choix de tenir la conférence « No Money For Terror » le même jour et dans les mêmes murs que la réunion ministérielle Finances du G7 n'est pas anodin. Si la conférence NMFT existe indépendamment du G7, son insertion dans cette séquence témoigne de la volonté de la France d'articuler sécurité financière et coordination économique internationale autour d'un même agenda. La conférence NMFT marque ainsi un temps fort de la filière Finances de la présidence française du G7, qui fait de la lutte contre la criminalité financière l'une de ses priorités. La lutte contre le financement du terrorisme s'inscrit dans un objectif plus large de stabilité financière internationale que la présidence française du G7 Finances entend porter, à Bercy comme au sommet d'Évian.

La conférence a réuni plus de 50 délégations d'États en partie Roland Lescure lors de la réunion no money for terror le 19 mai 2026 à Bercyreprésentées au niveau ministériel, parmi lesquels figurent des membres de la Coalition internationale contre Daech ainsi qu'une vingtaine d'organisations internationales.

Ouverte et présidée par Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, la conférence a été clôturée par une allocution du Président de la République, Emmanuel Macron. Trois panels réunissant de nombreux interlocuteurs de haut niveau se sont succédés, précédé d'une intervention du secrétaire au Trésor des Etats-Unis d'Amérique, Scott Bessent.

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Emprise territoriale et réinclusion financière : une première pour le format NMFT

Le premier panel, animé par David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, et introduit par Ajay Banga, président du Groupe Banque mondial et Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international, a abordé le rôle de l'emprise territoriale dans le financement des organisations terroristes. Al-Qaida et l'État islamique s'appuient de manière croissante sur leurs filiales régionales pour exploiter les populations, les ressources naturelles et le patrimoine culturel des territoires sous leur contrôle. Les flux financiers issus de ces activités : extorsion, enlèvements contre rançon, pillage, prélèvements assimilables à des taxes, alimentent directement les capacités opérationnelles de ces organisations.

Scott Bessent lors de la conférence No Money For Terror organisée à Bercy le 19 mai 2026

(c) Gezelin Gree / MINEFI

Ajay Banga lors de la conférence No Money For Terror du 19 mai 2026 organisée à Bercy

(c) Gezelin Gree / MINEFI

Cette édition de la conférence « No Money For Terror » a, pour la première fois dans l'histoire du format, abordé la question de la réintégration des territoires sortant d'une emprise terroriste dans le système financier international. Ce sujet est central pour le relèvement et la reconstruction de ces zones, comme l'a souligné le premier panéliste, ministre Syrien des Finances, Mohammad Yisr Barnieh. Les participants sont convenus de soutenir le renforcement des dispositifs nationaux de lutte contre la criminalité financière dans ces territoires, notamment par l'assistance technique de la communauté internationale.

Innovations financières : encadrer sans freiner

Le deuxième panel de la conférence « No Money For Terror », modéré par Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée de l'Intérieur chargée de la Citoyenneté, et introduit par Satsuki Katayama, ministre des finances du Japon, a porté sur la prévention du détournement des innovations financières à des fins de financement du terrorisme. Les participants, Elisa de Anda Madrazo, présidente du GAFI, Mehmet Şimşek, ministre turc des finances, et Koo Yun Cheol, vice premier ministre et ministre de l'Economie de Corée du Sud, ont en particulier échangé sur les actifs virtuels, les plateformes de financement participatif, les réseaux sociaux et les applications de messagerie, en ce qu'ils constituent des vecteurs de financement illicite dont l'usage s'accentue. A été constatée la difficulté croissante de mener des enquêtes sur ces canaux, notamment en raison des interdépendances entre technologies numériques et canaux de financement traditionnels.

La réponse collective retenue repose sur un principe central : le développement de ces innovations doit être accompagné, pas entravé, à condition qu'il soit encadré par des dispositifs réglementaires robustes fondés sur les standards du GAFI. Les participants ont notamment appelé à renforcer la mise en œuvre des normes existantes sur les actifs virtuels et les prestataires de services associés, à garantir l'accès des enquêteurs aux informations pertinentes, et à approfondir les travaux d'évaluation des risques liés aux stablecoins et aux portefeuilles non hébergés. L'enjeu est d'éviter l'émergence de paradis réglementaires qui tireraient profit des différences d'exigences entre juridictions.

Liens entre terrorisme et criminalité organisée : renforcer la coopération internationale

Gérald Darmanin lors de la réunion No Money For Terror du 19 Mai 2026 Le troisième panel, animé par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, a examiné les interactions entre le financement du terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Trafic de drogue, traite des êtres humains, fraude et blanchiment de capitaux constituent autant de sources de revenus potentiellement mobilisées par des groupes terroristes dans le cadre de stratégies opportunistes. Les participants, dont Nadia Fettah Alaoui, ministre marocaine de l'Economie et des Finances, François-Philippe Champagne, ministre canadien des Finances et du Revenu national et Louis-Paul Motaze, ministre des finances du Cameroun, sont convenus de renforcer la coordination des autorités compétentes au niveau national et d'intensifier la coopération internationale, notamment par un partage d'informations plus rapide et plus systématique entre secteurs public et privé.

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Une déclaration conjointe et un suivi confié au GAFI

Les travaux de la conférence « No Money For Terror » ont abouti à l'adoption d'une déclaration conjointe, disponible en français et en anglais. Ce texte réaffirme l'engagement collectif à poursuivre la mise en œuvre de l'Agenda de Paris adopté en 2018, et fixe les orientations d'action pour chacune des trois priorités thématiques. Il confirme également que les membres se réuniront à nouveau dans le cadre d'un second cycle de conférences NMFT.

Le suivi des engagements et la déclinaison technique des orientations adoptées sont confiés au GAFI et à son réseau mondial de neuf organismes régionaux de type GAFI (ORTG), organisation centrale dans la coordination internationale de la lutte contre le financement du terrorisme.

Emmanuel Macron lors de la réunion NMFT

(c) Hamilton de Oliveira / MINEFI

Le rôle de la Direction générale du Trésor dans l'organisation de la conférence No Money For Terror

La Direction générale du Trésor a assuré, avec le soutien du cabinet du Ministre, la coordination et l'organisation de la 5e conférence « No Money For Terror » dans le cadre de la présidence française du G7. À ce titre, elle a piloté les travaux préparatoires ayant conduit à la définition des trois priorités thématiques de cette édition, en lien avec les autres administrations concernées et les organisations internationales partenaires, au premier rang desquelles le GAFI. La DG Trésor a également coordonné la participation des délégations étrangères et la rédaction de la déclaration finale.

La tenue de la conférence NMFT à la suite de la ministérielle Finances du G7 s'inscrit dans une logique d'ensemble portée par la présidence française : articuler les enjeux de stabilité économique et financière internationale avec ceux de la sécurité financière mondiale, dans la perspective du sommet d'Évian, prévu les 15 et 17 juin 2026.

 

 

Retrouvez l'ensemble des documents officiels relatifs à la conférence « No Money For Terror » et à la présidence française du G7 2026 sur le site de la DG Trésor.

tresor.economie.gouv.fr — Présidence française du G7 2026

Pour aller plus loin
Déclaration finale de la 5e conférence NMFT — version française et française
Présidence française du G7 2026 — DG Trésor
Groupe d'action financière (GAFI)
Sommet d'Évian — G7 2026