Le plan national de relance et de résilience (PNRR) italien est le plus important (en valeur absolue) au sein de l’Union européenne, avec une enveloppe globale de 238 Md€, soit environ 11 % du PIB italien de 2025, dont un tiers sous forme de subventions. Adopté en 2021, il est financé à près de 82 % par la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), programme phare du plan de relance européen NextGenerationEU (NGEU), pour un montant de 194,4 Md€, le solde provenant de ressources nationales ainsi que du programme REACT-EU1. Le PNRR a trois principales priorités : la transition verte, la transition numérique et la résilience économique et sociale, afin de répondre aux enjeux structurels de l’économie italienne et rehausser sa croissance potentielle. Ces priorités sont structurées autour de sept grandes missions (cf. Graphique 1). À quelques mois de l’échéance finale, l’état d’avancement de sa mise en œuvre ainsi que l’évaluation de son impact macroéconomique suscitent un intérêt accru. 

 Montants alloués au PNRR italien

 

Afin de répondre aux exigences de la FRR de réaliser l’ensemble des objectifs du PNRR d’ici fin août 2026, l’Italie a proposé en septembre 2025 une 6e révision de son PNRR. Approuvée en novembre 2025, cette révision s’articule autour de quatre axes. Elle vise d’abord à clarifier les objectifs afin d’en faciliter le suivi. Les moyens sont ensuite réorientés vers les mesures les plus porteuses. Un recentrage est par ailleurs opéré en réduisant ou en supprimant les dispositifs les plus contraints ou faiblement sollicités. Enfin, de nouveaux instruments financiers sont mis en place afin d’assurer la continuité des projets au-delà de l’échéance officielle du PNRR. 

Ces ajustements ont été suivis d’un signal favorable au niveau européen. La Commission a validé fin avril 2026 le versement de la 9e et avant-dernière tranche du PNRR italien, d’un montant de 12,8 Md€. Ce décaissement, conditionné à la réalisation de 50 objectifs (16 jalons et 34 cibles), porte à 166 Md€ le total des fonds perçus par l’Italie au titre de la FRR, soit près de 85 % de l’enveloppe du programme. Avec ce 9e décaissement, l’Italie a réalisé 73 % des objectives du PNRR. 

À court-terme, le PNRR aurait un effet positif et significatif sur l’activité, d’après le ministère italien de l’Économie et des Finances (MEF). Selon les estimations du MEF d’avril 2026, le niveau du PIB serait rehaussé de +1,3 % en 2025 par rapport à un scénario contrefactuel, sous l’effet des investissements déjà réalisés dans le cadre du PNRR2. En 2026, les investissements prévus porteraient cet écart à +2,0 %.

L’impact du PNRR sur l’investissement dépendra désormais du relais assuré par le soutien prévu dans le cadre du plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT). Dans le secteur de la construction, le dispositif du Superbonus, dont une partie du financement a été intégré au PNRR italien en 2021, a soutenu l’investissement en construction résidentielle en sortie de crise sanitaire. À la suite de sa réduction progressive, puis de sa suppression, les travaux publics financés dans le cadre du PNRR ont soutenu l’investissement dans la construction non résidentielle en 2024 et au 1er semestre 2025, atténuant la contraction de la construction résidentielle. La contribution de l’investissement non résidentiel à la croissance de l’investissement total en construction a atteint un pic en 2024 (cf. Graphique 2). Des premiers signes d’essoufflement apparaissent toutefois. Au 4e trimestre 2025, l’investissement total en construction a progressé de +6,9 % en glissement annuel (g.a.), après +5,9 % au 3trimestre. Cette évolution reflète une contribution à nouveau positive de la composante résidentielle (+8,3 pts, après +3,6 pts), tandis que la composante non résidentielle contribue négativement (−1,4 pt, après +2,3 pts). Dans ce contexte, les dispositifs prévus dans le cadre du PSMT, destinés à assurer la continuité des projets au-delà de l’échéance du PNRR pourraient prendre le relai et soutenir l’activité.

  Contribution à la croissance de l'investissement en construction

 

 

1 REACT-EU est également un programme du plan de relance européen NGEU et soutient plus spécifiquement les régions pour atténuer les effets de la pandémie de Covid-19 en renforçant l’emploi, les PME et les services essentiels, tout en assurant la transition entre urgence et reprise de moyen terme.

2 Ces estimations à court-terme ne portent que sur l’impact des investissements. Les effets des réformes sont davantage observables à moyen et long terme.