Échanges commerciaux France-Québec en 2025 : des importations record, un excédent sous pression
En bref
Selon les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec (1), les échanges commerciaux entre la France et le Québec poursuivent, en 2025, la trajectoire de croissance amorcée au sortir de la crise pandémique de 2020, pour atteindre un volume total de 6,74 Mds CAD (4,33 Mds EUR). Dans un contexte international incertain, les exportations françaises à 4,58 Mds CAD (2,94 Mds EUR)) enregistrent une légère contraction de 1,0% par rapport à 2024, malgré une dynamique sectorielle globalement positive, à l'exception notable du secteur aéronautique, dont les ventes françaises accusent une chute de 53% après une année exceptionnelle en 2024. L'industrie pharmaceutique se distingue par une croissance de 70%, tandis que les secteurs vitivinicole et cosmétique affichent des progressions respectives de 8% et 3%. À l'inverse, les importations de produits québécois progressent de 11,4% pour atteindre un niveau record de 2,17 Mds CAD (1,39 Md EUR), portées notamment par les exportations de minerais de fer (+5,5%). Le secteur aéronautique qui représente 19% du total des biens échangés entre la France et le Québec reste le seul secteur commun d’importance pour les deux partenaires même si les livraisons d’avions français au Québec chutent. Ces dynamiques se traduisent par un recul de l'excédent commercial français de 10,0%, ramené à 2,41 Mds CAD (1,54 Md EUR). Le Québec confirme son statut de première province partenaire de la France au Canada, représentant 45% des échanges France-Canada, devant l'Ontario (33%) et la Colombie-Britannique (5%). La France se maintient aux rangs de 5ème partenaire commercial du Québec, 5ème fournisseur et 2ème fournisseur européen (derrière l'Allemagne). La France passe au rang de 2ème client européen du Québec, dépassée par les Pays-Bas, dont les ports semblent bénéficier de la réorientation vers l'Europe des flux d'exportation d'aluminium québécois.
Des échanges en hausse sous l’effet de l’augmentation des importations de produits québécois en France
Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, le commerce France-Québec a augmenté, en 2025, de 2,7% pour s’établir à 6,74 Mds CAD (4,33 Mds EUR) porté surtout par l’augmentation des importations de produits québécois en France (+11,4% en 2025 par rapport à 2024) qui reprennent de la vigueur après une baisse de 6,2% en 2024 et atteignent un niveau record, en 2025, à 2,17 Mds CAD (1,39 Md EUR). Les exportations françaises (-1,0% à 4,58 Mds CAD (2,94 Mds EUR)) baissent légèrement pour la première fois depuis le choc pandémique. L’augmentation des importations de produits québécois en France, couplée à la diminution de nos exportations, entraine une baisse de l’excèdent commercial qui reste cependant positif (-10,0% à 2,41 Md CAD (1,54 Md EUR)).
Les exportations françaises, en légère baisse, restent sur une dynamique globalement stable
En 2025, quatre grandes catégories de biens représentent 75% des exportations françaises vers le Québec :
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Les exportations de Produits des industries chimiques et des industries connexes (dont 59% de produits pharmaceutiques et 29% de produits cosmétiques, maquillage et parfums) connaissent une forte hausse (+38,4%) en 2025 et représentent 26,2% des exportations françaises à 1,2 Md CAD (769 M EUR). Elles profitent surtout de la hausse des ventes de produits pharmaceutiques (+73,4%) notamment des produits immunologiques et des médicaments sous forme de doses. Pour la première fois, ces deux types de produits prennent respectivement la 2ème et la 3ème place des produits français exportés au Québec, derrière les vins, modifiant le traditionnel classement vins-avions-cosmétiques. Les produits de beauté (cosmétiques, maquillage et produits solaires) sont au pied du podium malgré une augmentation de 3,7% en 2025.
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La catégorie Machines, appareils et équipements mécaniques, électriques ou électroniques représente 20,7% des exportations françaises à 945 M CAD (607 M EUR) en hausse de 10,3% par rapport à 2024. Cette catégorie très diverse comprend notamment des turboréacteurs pour l’aéronautique en très forte croissance (+57,5% par rapport à 2024 à 268 M CAD (172 M EUR).
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En 3ème place, les exportations de Produits alimentaires, boissons, alcools, vinaigres et produits du tabac (889 M CAD (571 M EUR) en 2025), dont 70% proviennent des Boissons, alcools et vinaigres, continuent de croitre (+9,1%)
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Finalement la catégorie Matériel de transport (dont près de 82% provenant de la navigation aérienne) connait une très forte baisse en 2025 (-63,2%) pour s’établir à 385 M CAD (247 M EUR). Traditionnellement très volatile, cette catégorie pâtit cette année de la baisse drastique des livraisons de véhicules aériens (-88%), que ne parvient pas à compenser la hausse des exportations de pièces pour l’industrie aéronautique (+30%).
Les importations de produits québécois en France augmentent, poussées par les ventes du secteur aéronautique, des minerais de fer et du cuivre
En 2025, 4 grandes catégories de produits représentent 81% des importations de produits québécois en France :
- La catégorie Matériel de transport reste relativement stable (+3,0%) à 682 M CAD (437 M EUR), en raison notamment de livraisons à Air France d’Airbus A220 fabriqués au Québec entrainant une hausse de 14,3% de nos achats de véhicules aériens (560 M CAD (359 M EUR)). En 2025, ce poste représente 26 % de nos importations.
- Les Machines, appareils et équipements mécaniques, électriques ou électroniques (surtout des turboréacteurs (55%)) représentent 26,3% des importations à 569 M CAD (365 M EUR), en hausse de 22,0% par rapport à 2024.
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Autrefois secteurs clé de nos importations, les Produits minéraux (minerais de fer et leurs concentrés) semblent se stabiliser après une décrue entamée en 2017 : ils représentent, en 2025, 17,3% du total des importations (376 M CAD (241 M EUR)) en hausse de 2,9% par rapport à 2024 (mais en baisse de 35,7% depuis 2017)
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Pour la première fois, nos importations de Métaux communs se distinguent de manière significative : elles représentent 5,7% du total (123 M CAD (79 M EUR)) en hausse de 113% grâce à nos premiers achats de fils de cuivre québécois (58 M CAD (37 M EUR)).
Si le Québec demeure le principal partenaire commercial de la France au Canada, la France peine à y augmenter sa part de marché
En 2025, la France demeure le 5ème partenaire commercial du Québec (derrière les Etats-Unis, la Chine, le Mexique et l’Allemagne) et son 2ème partenaire européen. Les échanges internationaux de marchandises du Québec se font majoritairement avec les États-Unis, ces derniers représentant 49,0% de ces échanges. Parmi les principaux partenaires commerciaux du Québec, figurent notamment la Chine (7,4%), le Mexique (3,8%), l’Allemagne (3,5%). Les échanges de biens entre la France et le Québec ne représente que 2,6% des échanges du Québec.
Depuis l’entrée en vigueur de l’AECG-CETA en septembre 2017, les échanges de biens entre la France et le Québec ont augmenté de 51,1% (2017-2025), une augmentation légèrement inférieure à celle constatée entre l’Union Européenne et le Québec (+62,6%), mais supérieure à l’augmentation globale du commerce québécois avec le monde (+44,8%). Sur cette même période, les échanges entre le Québec et les États-Unis et le Québec et le Mexique ont augmenté respectivement de 35,8% et 63,8%.
La France reste le 5ème fournisseur du Québec avec une part de marché en légère baisse à 3,3% (3,6% en 2024), derrière les Etats-Unis (part de marché de 30,5%), la Chine (10,5%), le Mexique (6,5%), et l’Allemagne (5,2%).
La France devient le 4ème client du Québec en absorbant 1,8% des exportations québécoises, suite à la baisse des ventes de produits québécois au Mexique (surtout de l’aluminium sous forme brute). La France reste cependant loin derrière les Etats-Unis (69,8% des exportations) et est distancée par la Chine (3,9%) et les Pays-Bas (1,9%). Au niveau des pays européens, la France devient le 2ème client européen de la province, derrière les Pays-Bas qui profitent d’un « effet ports » avec Rotterdam notamment, et d’une multiplication par 7 des exportations québécoises d’aluminium.
Selon Statistique Canada qui ventile les données nationales canadiennes pour toutes les provinces, le Québec reste en 2025 la principale province partenaire de la France au Canada (45,1% des échanges France-Canada). Les exportations françaises vers le Québec représentent 46,0% des exportations françaises vers le Canada et 43,3% des importations
Si les échanges bilatéraux paraissent modestes en valeur absolue, le Québec conserve une place privilégiée pour un marché de 9,1 M d’habitants (soit 22 % de la population canadienne et 20 % du PIB canadien).
Notes :
(1) Source des données : Institut de la statistique du Québec (Les données d’importations internationales du Québec diffusées par Statistique Canada présentent les importations selon la province de dédouanement. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) apporte des ajustements à ces données pour mieux représenter la consommation québécoise. Les importations attribuées au Québec sont corrigées en utilisant des données provenant d’autres enquêtes comme les ventes au détail et les ventes de véhicules neufs.), Statistique Canada
(2) Taux de change utilisé : taux annuel 2025 de la Banque du Canada : 1 € = 1,5582 CAD