Le service économique à l'ONU a participé à la première réunion spéciale annuelle du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) consacrée à l’intégrité financière, organisée dans le prolongement de la Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) de Séville. Cette séquence a permis de rappeler que lutter contre les flux financiers illicites, la corruption, le blanchiment et l’évasion fiscale est un levier essentiel pour la justice sociale et le développement.

 

Panélistes sur la journée ECOSOC

 

Les enjeux associés à la lutte contre les flux financiers illicites sont colossaux : l’ONUDC estime que ces flux illicites représentent environ 3 % du PIB mondial. Les discussions ont rappelé le rôle central du GAFI, organisme intergouvernemental chargé d’élaborer les normes internationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que l’importance de leur mise en œuvre. Plusieurs interventions ont ainsi illustré comment les évaluations mutuelles peuvent créer une dynamique de réforme et renforcer la coordination nationale entre institutions.

La France est intervenue à deux reprises lors de cette session pour insister sur l’importance de cette politique et partager les défis qui nécessitent de renforcer la coopération internationale et l’assistance technique aux pays en développement.

Au titre de ses anciennes fonctions de cheffe de la délégation française au GAFI,  Eléonore Peyrat, cheffe du service Économique et Financier de la RP ONU, a insisté sur trois priorités pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) : la coordination nationale ; la coopération internationale et l’accès rapide à des informations financières fiables et centralisées, en valorisant l’expérience française des nombreux registres d’informations et la coordination nationale à travers le COLB, le comité d’orientation de la lutte contre le blanchiment de capitaux (Revoir la session vidéo sur ce lien à 1:59:40).

Elle a également rappelé l’engagement constant de la France en matière d’assistance technique et de renforcement des capacités, notamment à travers la Facilité globale de l’UE, mise en œuvre avec Expertise France et la GIZ (28 M€, projets dans 46 pays), le dispositif Secfin Africa (47 M€), ainsi que la contribution française au topical trust fund du FMI. 

La France, à travers l’intervention de Gaël Perraud au titre de sa Présidence du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales, a souligné le rôle central de la transparence fiscale et de l’échange d’informations pour la coopération internationale et l’identification des recettes fiscales  (session vidéo sur ce lien à 47:43).

172 juridictions participent aujourd’hui au Forum mondial et ses travaux ont permis d’identifier plus de 135 Mds€ de recettes fiscales depuis 2009, dont près de 50 Mds€ au bénéfice des pays en développement. M. Perraud a également rappelé les avancées en matière d’échange automatique de renseignements, avec 129 juridictions engagées d’ici 2028, dont 54 pays en développement, et précisé qu’en 2024, des informations portant sur 171 millions de comptes financiers, représentant près de 13 000 Mds€, ont été échangées automatiquement

Cette réunion spéciale de l’ECOSOC aura vocation à se tenir annuellement, afin de suivre cette question de lutte contre les flux financiers illites, étroitement associée aux questions plus globales de mise en œuvre de l’Engagement de Séville, adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement lors de la conférence FFD4 de juillet 2025 (lien vers le document) et sur lequel le service économique de la RP ONU est pleinement engagé.