Alors que la biodiversité est en déclin, estimer la valeur des services qu’elle rend permet de mesurer les enjeux de sa préservation et d’informer les décisions nationales et internationales (cadre mondial post-2020 et COP15). Quoiqu’encore parcellaires et dépendantes des méthodes employées comme des écosystèmes analysés, les estimations existantes mettent en relief l’importance économique de la biodiversité et l’existence d’arbitrages entre objectifs de politiques publiques.

La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) dresse un constat inquiétant de la détérioration globale de la biodiversité. De par sa nature multidimensionnelle, l'état de la biodiversité peut difficilement se mesurer grâce à un seul indicateur, contrairement au climat.

Le recours à l'analyse économique s'est récemment développé pour tenter d'estimer la valeur des services rendus par les écosystèmes. Ces analyses s'appuient sur des méthodes indirectes, reposant par exemple sur les coûts évités ou les préférences des agents.

Une méta-analyse réalisée sur 365 études montre une forte hétérogénéité des valeurs unitaires estimées des services écosystémiques. Au-delà de la diversité des méthodes d'estimation, la valeur unitaire dépend de la nature des cas analysés, de l'écosystème considéré et des services rendus. Par exemple, les services dits de régulation (tel que l'atténuation du changement climatique) ont des valeurs unitaires en moyenne supérieures aux services dits d'approvisionnement (e.g. fourniture de matières premières).

Estimer la valeur socioéconomique des services rendus par les écosystèmes contribue à sensibiliser sur l'importance de préserver la biodiversité et à améliorer l'évaluation socio-économique des projets. Les difficultés méthodologiques suggèrent d'utiliser ces valeurs avec prudence, d'autant plus lorsqu'il s'agit de valeurs agrégées à l'échelle nationale ou mondiale. Les objectifs relatifs à la préservation de la biodiversité ne sont d'ailleurs généralement pas construits en référence à ces estimations.

L'action des pouvoirs publics doit articuler les niveaux international, national et territorial. Actuellement en négociation, le « cadre post-2020 » devrait être adopté lors de la 15ème Conférence des Parties à Kunming en Chine au printemps 2022. Cette réponse politique internationale permettra de définir des engagements communs, qui seront ensuite déclinés au niveau national, avec par exemple en France l'élaboration de la « stratégie nationale biodiversité 2030 ».

 

TE-294

 

 

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