Le modèle de croissance chinois, largement financé par l'endettement des entreprises et des collectivités locales, a entraîné de forts déséquilibres internes (dettes excessives, secteur immobilier instable, système bancaire fragile). Si, en dépit des réformes mises en œuvre depuis 2016, le rééquilibrage de l’économie vers la consommation intérieure et les services peine à se matérialiser, la Chine a toutefois vu son intégration commerciale se réduire et son intégration financière se renforcer.

Dans les deux décennies qui ont précédé la crise récente du coronavirus, la Chine a connu d'importantes transformations économiques. L'émergence de la Chine dans les années 2000, devenue l'un des piliers de l'économie mondiale, s'est appuyée sur un modèle de croissance fondé sur l'investissement et l'intégration dans les chaînes de valeurs mondiales. Après avoir connu une croissance réelle très dynamique entre 1980 et 2010 (+10 % par an en moyenne), l'activité économique chinoise est entrée dans une phase de ralentissement, tombant à +6,1 % en 2019, son plus bas niveau depuis 1990, principalement sous l'effet d'une baisse de la contribution de l'investissement à la croissance, témoignant de l'essoufflement de ce modèle.

En Chine, le PIB par tête a été multiplié par 9 depuis 25 ans grâce aux progrès économiques considérables engrangés sur cette période, ce qui a permis à 745 millions de personnes de sortir de la pauvreté. Toutefois le modèle de croissance chinois, largement financé par l'endettement des entreprises et des collectivités locales, a entraîné de forts déséquilibres internes : (i) un endettement devenu excessif de l'ensemble de ses agents économiques (entreprises, secteur public et secteur financier); (ii) un secteur immobilier instable qui génère des bulles à répétition ; (iii) un système bancaire fragile. À cela s'ajoutent des surcapacités industrielles qui pèsent aujourd'hui sur la croissance. Afin de préserver les équilibres externes, les autorités ont par ailleurs usé d'une combinaison de mesures de contrôle des flux de capitaux sortants et de contrôle des changes visant à limiter les fuites de capitaux et la volatilité de la monnaie.

Depuis 2016, les autorités chinoises ont lancé une série de réformes pour réduire les risques de correction brutale des déséquilibres et réorienter le modèle de croissance vers la consommation finale intérieure et le secteur des services. Ce rééquilibrage, qui peine à se matérialiser, se traduit pour le moment par un ralentissement progressif de la croissance.

En développant ses services et en dynamisant sa consommation intérieure, la Chine a vu son intégration commerciale se réduire (baisse de la part des exportations dans son PIB et de son importance dans le commerce d'assemblage). Pour diversifier ses sources de financement, elle a renforcé son intégration financière internationale, ce qui à terme expose davantage l'économie mondiale aux risques intérieurs chinois.

TE-259 Chine