La DG Trésor a mis au point un outil d'aide à la décision et de ciblage des marchés porteurs à l'export pour la France. Cet outil repose sur une analyse quantitative des potentiels d'exportation de la France avec ses principaux partenaires pour des secteurs donnés.

Pour estimer ces potentiels de commerce, un modèle de gravité sectoriel est utilisé. Il décrit, par analogie à la théorie newtonienne de la gravitation, les flux commerciaux en fonction des distances économique et géographique des pays qui échangent.

Pour une année donnée, le potentiel de commerce est le niveau des exportations qui correspondrait parfaitement à la prédiction du modèle de gravité. C'est donc un niveau d'échanges de référence, par rapport auquel il est utile d'analyser les échanges effectifs, et non un objectif d'exportation.

Il résulte de cette analyse que les exportations de la France sont globalement en ligne avec leur potentiel vis-à-vis de ses principaux partenaires : l'Allemagne, les États-Unis, l'Espagne, l'Italie ou encore la Belgique. En revanche, les exportations françaises se situent en dessous de leur potentiel avec certains pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Algérie ou encore l'Inde.

Les potentiels de commerce peuvent aider la politique du commerce extérieur à cibler les marchés disposant d'un potentiel élevé dans un futur proche, afin de maximiser son efficacité et les retombées économiques pour la France. Ils peuvent aussi être utilisés par les agents privés pour la définition de leur stratégie à l'export.

Par exemple, cet outil suggère qu'il existerait des marges significatives de croissance des exportations françaises de services vers les grands pays émergents, de produits chimiques vers l'Algérie, la Turquie ou la Russie, ou encore d'instruments médicaux et optiques vers l'Inde. À terme, un tel ciblage peut permettre de renforcer les positions françaises sur les secteurs porteurs et dans les pays identifiés.

Trésor-Éco 212