Le diagnostic économique prend souvent appui sur les notions de croissance potentielle et d’écart de production (ou output gap), indicateur qui rend compte de la position de l’économie dans le cycle. Ces notions sont également importantes pour le pilotage des finances publiques, dans la mesure où elles déterminent le partage du solde public entre ses parts structurelle et conjoncturelle.

L’utilisation de ces notions pour la conduite de la politique économique est néanmoins rendue difficile par l’incertitude qui entoure leur estimation. En 2007 par exemple, la plupart des analystes estimaient que l’output gap était légèrement négatif alors que désormais, avec le recul, on estime qu’il était à l’époque très positif et donc que l’économie était en haut de cycle.

Alors qu’avant la crise de 2008 la croissance potentielle de l’économie française était de l’ordre de 2 %, elle serait autour de 1¼ % entre 2017 et 2020. Ce ralentissement s’explique principalement par celui de la productivité globale des facteurs (PGF), ainsi que par une moindre contribution du capital. Le diagnostic sur la PGF est commun à l’ensemble des pays avancés et pourrait refléter à la fois une tendance générale de ralentissement du progrès technique et les conséquences durables de la crise de 2008.

L’écart de production atteindrait lui environ −1½ pt en 2016, suggérant une capacité de rebond temporaire de la croissance de l’économie française au-delà de la croissance potentielle.

Les politiques publiques sont susceptibles d’affecter favorablement la croissance potentielle en abaissant le chômage structurel et en augmentant la productivité et l’investissement. Ce peut être le cas par exemple de réformes portant sur le marché du travail et la formation, ou le soutien à l’innovation.

Ce scénario est comparable à celui des organisations internationales, et notamment à celui de la Commission européenne. Il est proche de ceux du FMI et de l’OCDE, qui estiment cependant que l’écart de production est plus creusé en 2016.

Trésor-Éco n° 206