Aux États-Unis, la crise a accentué le mouvement de baisse de la croissance potentielle, de l'ordre de 0,7 point par rapport à la période 2003-2007. Selon la plupart des organismes, celle-ci se situerait en 2016 autour de 1,5-2,0 % contre une moyenne de 2,5 % avant l'entrée dans la crise.La moindre accumulation du stock de capital compterait pour environ 40 % dans la baisse observée de la croissance potentielle. Le recul prononcé de l'investissement durant la crise suivi par sa relative faiblesse au cours de la reprise ont suscité une moindre accumulation du capital. Mais cet impact est à relativiser étant donnée la ré-accélération récente de l'investissement : la contribution du capital à la croissance potentielle devrait ainsi retrouver, voire dépasser son niveau pré-crise à partir de 2016.Pris globalement, le facteur travail compterait pour environ 35 % dans la diminution de la croissance potentielle. La croissance potentielle avait commencé à se replier avant la crise en raison d

Aux États-Unis, la crise a accentué le mouvement de baisse de la croissance potentielle, de l'ordre de 0,7 point par rapport à la période 2003-2007. Selon la plupart des organismes, celle-ci se situerait en 2016 autour de 1,5-2,0 % contre une moyenne de 2,5 % avant l'entrée dans la crise.

La moindre accumulation du stock de capital compterait pour environ 40 % dans la baisse observée de la croissance potentielle. Le recul prononcé de l'investissement durant la crise suivi par sa relative faiblesse au cours de la reprise ont suscité une moindre accumulation du capital. Mais cet impact est à relativiser étant donnée la ré-accélération récente de l'investissement : la contribution du capital à la croissance potentielle devrait ainsi retrouver, voire dépasser son niveau pré-crise à partir de 2016.

Pris globalement, le facteur travail compterait pour environ 35 % dans la diminution de la croissance potentielle. La croissance potentielle avait commencé à se replier avant la crise en raison du ralentissement de la population en âge de travailler. À cela s'est ajoutée une chute du taux d'activité : celle-ci provient d'abord d'un effet de composition démographique (départs à la retraite). Les études montrent aussi que le chômage naturel a augmenté pendant la crise pour ensuite diminuer à nouveau : il ne devrait pas représenter un frein à la croissance potentielle durant les prochaines années.

Finalement, l'évolution de la PGF expliquerait 25 % du ralentissement du PIB potentiel au cours de la crise. La dynamique de la productivité globale des facteurs (PGF) suite à la crise montre un redémarrage très lent des gains de productivité. Si ceux-ci ont récemment accéléré, leur progression devrait rester inférieure à celle des années 1990. De manière générale les projections de PGF divisent, certains estimant que les tendances post-crise reflèteront la croissance plus faible observée depuis les années 1970 (autour de 1,0 %), d'autres plus optimistes envisageant un redémarrage plus dynamique, dans la continuité des effets escomptés de la révolution des nouvelles technologies de l'information (évolution de 1,7 %).

Parmi les réformes actuellement envisagées aux États-Unis, certaines ciblent l'offre de travail pour limiter la baisse de la population active. D’autres visent à soutenir l'innovation pour encourager les gains de productivité. Les pistes évoquées dans les récentes propositions de réforme de l'exécutif sont relatives à la politique familiale (instauration de congés maternité payés ou encore de crédits d'impôts pour faciliter l'accès aux services de garde d'enfants), à l'éducation (gratuité des community colleges), à l'immigration ou la pérennisation du crédit d'impôt pour la recherche. Le contexte politique actuel au Congrès limite cependant les perspectives de telles réformes.

Trésor-Éco n° 169