Les réserves de change des pays émergents progressent plus vite que celles des pays développés depuis 2004, en raison d'excédents commerciaux et d'entrées de capitaux plus élevés que par le passé. Elles représentent aujourd'hui deux tiers des réserves de change mondiales. La Chine et les autres économies d'Asie émergente, dont les régimes de change sont relativement rigides en détiennent la majeure partie.Ces réserves de change ont permis aux pays qui les ont accumulées de résister relativement mieux à la crise. Cet effet protecteur résulte vraisemblablement davantage de la confiance générée par des réserves de change élevées, plutôt que de leur utilisation effective.Les flux de capitaux vers les pays émergents se sont contractés de plus de 1 000 Mds USD pendant la crise. Certains pays ont été relativement moins affectés. Si tous les pays avaient été affectés comme ceux qui l'ont été le plus, cette contraction aurait été deux fois plus importante. Les pays émergents pourraient ch

Les réserves de change des pays émergents progressent plus vite que celles des pays développés depuis 2004, en raison d'excédents commerciaux et d'entrées de capitaux plus élevés que par le passé. Elles représentent aujourd'hui deux tiers des réserves de change mondiales. La Chine et les autres économies d'Asie émergente, dont les régimes de change sont relativement rigides en détiennent la majeure partie.

Ces réserves de change ont permis aux pays qui les ont accumulées de résister relativement mieux à la crise. Cet effet protecteur résulte vraisemblablement davantage de la confiance générée par des réserves de change élevées, plutôt que de leur utilisation effective.

Les flux de capitaux vers les pays émergents se sont contractés de plus de 1 000 Mds USD pendant la crise. Certains pays ont été relativement moins affectés. Si tous les pays avaient été affectés comme ceux qui l'ont été le plus, cette contraction aurait été deux fois plus importante. Les pays émergents pourraient chercher à se prémunir contre ce risque. Avec le retour des flux de capitaux vers ces pays au printemps 2009, l'accumulation de réserves de change a ainsi repris, y compris là où les réserves avaient été suffisantes pendant la crise.

L'accumulation de réserves de change « excessives » peut être collectivement coûteuse lorsqu’elle se fait au prix de taux de change durablement sous-évalués qui conduisent à entretenir les déséquilibres mondiaux. Mais elle l’est également pour les pays émergents pris individuellement. Différentes solutions permettraient de limiter cette accumulation : (i) une amélioration des formes alternatives d'assurance contre les chocs (financial safety nets), (ii) une meilleure régulation des flux de capitaux permettant de limiter leur instabilité et (iii) une flexibilisation des politiques de change de davantage de pays émergents.

Si l'accumulation de réserves par les pays émergents devait continuer à un rythme important, il est probable qu'elle s'accompagnerait d'une recherche de rendements accrus, qui pourrait se traduire par une diversification des réserves au profit d'actifs plus risqués (actions, titres corporates) ou d'actifs libellés dans d'autres monnaies (yen, euro, yuan, real par exemple).

Trésor-Éco n° 87