Relations bilatérales

En 2025, le solde commercial entre la France et l’Afrique du Sud est devenu déficitaire (-81,7 M EUR) pour la première fois depuis le début des années 2000, sous l’effet d’un recul des exportations et d’une hausse des importations. Les exportations françaises ont poursuivi leur recul, pour atteindre 1,6 Md EUR (-5,8 %), dans un contexte marqué par une perte de parts de marché sur plusieurs segments industriels au profit de fournisseurs indiens, chinois, saoudiens et omanais. En parallèle, les importations françaises ont fortement progressé (+12,1 %, à 1,7 Md EUR), tirées par la hausse des achats de matériel de transport et de produits agricoles, traduisant une montée en puissance des exportations sud-africaines et une meilleure intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales. L’Afrique du Sud demeure un partenaire commercial secondaire à l’échelle mondiale, mais conserve une importance stratégique pour la France en Afrique subsaharienne (2ème client et 3ème fournisseur).

1. Les exportations françaises vers l’Afrique du Sud ont poursuivi leur recul en 2025, pour atteindre 1,6 Md EUR (-5,8 %), confirmant la tendance baissière des deux années précédentes (-5,2 % en 2024 et -3,3 % en 2023). Cette évolution s’inscrit dans un contexte également orienté à la baisse à l’échelle de l’Afrique subsaharienne (-0,2 %), mais contraste avec la progression des exportations françaises dans leur ensemble (+2,3 %). La structure des échanges met en évidence une baisse des exportations françaises dans la plupart des secteurs, dans un contexte de perte de parts de marché face aux fournisseurs indiens, chinois, d’arabie saoudite et d’oman sur le marché sud-africain :

  • Les exportations d’« équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » reculent ainsi nettement (-9,0 %, à 419 M EUR), contribuant à hauteur de 2,4 points à la contraction des exportations. Cette baisse est principalement liée à la forte diminution des ventes d’équipements électriques et ménagers (-24,2 %, à 106,6 M EUR, soit -2,0 points).
  • Les exportations d’« autres produits industriels » diminuent également de manière significative (- 6,7 %, à 771 M EUR, soit une contribution de 3,2 points à la contraction des exportations). Ce repli s’explique principalement par la baisse des produits pharmaceutiques (-17,1 %, à 157,2 M EUR, soit -1,9 point), et des produits métallurgiques et métalliques (-17,8 %, à 109,8 M EUR, soit - 1,4 point).
  • Les « matériels de transport » enregistrent une contraction particulièrement marquée (-41,3 %, à 66,1 M EUR), contribuant à hauteur de -2,7 points à la diminution totale. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de recul des exportations de la construction aéronautique et spatiale (-48 %, à 29,3 M EUR), de la construction automobile (-45 %, à 16,9 M EUR) et des équipements pour le secteur automobile (-10 %, à 16,4 M EUR).

À l’inverse, les exportations des « industries agroalimentaires » progressent sensiblement (+17,2  %, soit une contribution positive de +2,8 points), portée notamment par la hausse des exportations de boissons et d’aliments pour animaux.

La structure des exportations françaises vers l’Afrique du Sud reste globalement stable par rapport aux années précédentes. Le premier poste des exportations françaises reste, depuis plus de dix ans, celui des « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques » (machines et équipements d’usage général, puis matériel électrique), dont la part atteint 26 % (contre 27 % en 2024). Les « produits des industries agroalimentaires » (vin, malt, champagne, liqueurs, produits laitiers et glaces) passent de la troisième à la deuxième position, représentant désormais 20,5 % du total (contre 16,5 % en 2024). Les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (éléments combustibles, additifs pour huile de moteur, produits de beauté et de maquillage, réactifs chimiques, parfums) occupent désormais la troisième place, avec une part de 19 % (contre 18 % en 2024).

2. L’Afrique du Sud constitue un débouché secondaire pour les produits français, la destination ne représentant que 0,3 % de nos exportations en 2025, ce qui en fait notre 45ème client au niveau mondial. Cette part, relativement stable sur l’année, s’inscrit néanmoins dans une tendance baissière depuis le début des années 2010. Ainsi, alors que l’Afrique du Sud constituait traditionnellement la première destination des exportations françaises en Afrique subsaharienne, elle occupe désormais la deuxième position (14,6 % des exportations françaises vers la région), derrière la Côte d’Ivoire (14,8 %) mais devant le Sénégal (9,6 %). En 2024 (dernière donnée disponible), la France se situait au 12ème rang des fournisseurs de l’Afrique du Sud avec une part de marché de 1,9 % (contre 2 % l’année précédente), et au 3ème rang européen, derrière l’Allemagne et l’Italie (respectivement 7 % et 2,1 % de parts de marché).

3. Dans le même temps, les importations françaises en provenance d’Afrique du Sud ont progressé en 2025 (+12,1 %, à 1,7 Md EUR), pour la deuxième année consécutive (+4,1 % en 2024). Elles atteignent ainsi leur niveau le plus élevé depuis le début des années 2000. Cette hausse s’inscrit également dans une tendance positive à l’échelle de l’Afrique subsaharienne (+5,2 %). Cette dynamique est principalement portée par :

  • Le « matériel de transport » (+15,9 %, à 961 M EUR, représentant une contribution de +8,7 points à la hausse des importations), et en particulier par les pièces automobiles (+17 %, à 911 M EUR), dans un contexte de diversification et d’intégration des chaînes de valeur automobiles, l’Afrique du Sud s’affirmant comme une base industrielle exportatrice intégrée aux standards internationaux, notamment vers l’Europe.
  • Les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » (+23,2 %, à 250 M EUR, représentant une contribution de +3,1 points à la hausse des importations), en particulier les produits de la « culture et de l’élevage » (+24 %, à 247 M EUR). Cette hausse s’explique par l’amélioration de la production agricole liée à des conditions climatiques favorables (pluies associées à l’épisode La Niña) et une augmentation des volumes exportés par l’AFrique du Sud en 2025.
  • Les « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique » (+42,8 %, à 80 M EUR, représentant une contribution de +1,6 point), en lien avec la forte augmentation des importations de téléphones et d’équipements de communication (+98 %, à 33,8 M EUR).
  • À noter également une hausse significative des importations de « produits métallurgiques et métalliques » (+27,3 %, à 76,4 M EUR, soit +1,1 point), portée par la progression des achats de métaux précieux (notamment platine et or) et des minerais (chrome, minerai de fer), principalement sous l’effet de la hausse des prix internationaux des matières premières et d’une demande mondiale soutenue.

À l’inverse, les importations de « produits manufacturés divers » (diamants, notamment) reculent fortement (-35,1 %, à 43,9 M EUR, soit -1,6 point), de même que celles de « produits agroalimentaires » (boissons et produits à base de fruits et légumes; -16,9 %, à 58,6 M EUR) et des « hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives, électricité, déchets » (minerais métalliques, houille et produits divers des industries extractives; -14,1 %, à 67,3 M EUR, soit -0,7 point).

4. La structure des importations françaises en provenance d’Afrique du Sud connaît quelques changements, sans évolution majeure en 2025. Le « matériel de transport » (produits de la construction automobile et aéronautique, navires et bateaux, équipements automobiles), consolide sa première position, représentant 57 % des importations en 2025 (contre 55 % en 2024). Les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » (animaux vivants ; poissons vivants, frais ou réfrigérés ; crustacés et mollusques ; fruits frais - agrumes, raisins, pommes, poires, fruits tropicaux, etc.) se maintiennent au deuxième rang avec 15 % du total. Les « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique » (téléphones et équipements de communication, appareils de mesure, matériel électrique, etc.), qui occupaient la quatrième position en 2024, progressent à la troisième place. À l’inverse, les « hydrocarbures naturels et autres produits des industries extractives » reculent au quatrième rang (4 % du total, contre 5 % du total en 2024).

5. Au niveau mondial, l’Afrique du Sud demeure un fournisseur secondaire de la France (50ème fournisseur, représentant 0,2 % de nos importations en 2025), restant toutefois un partenaire clé dans une perspective de diversification de l’approvisionnement français en matières premières minières. À l’échelle de l’Afrique subsaharienne, elle devient le troisième fournisseur de la France (contre le quatrième en 2024), avec une part de 12 %, loin derrière le Nigéria (30 %) et la Côte d’Ivoire (16 %).

6. Dans un contexte combinant baisse des exportations et hausse des importations, le solde commercial structurellement excédentaire de la France vis-à-vis de l’Afrique du Sud devient déficitaire en 2025, à hauteur de -81,7 M EUR. Il s’agit du premier déficit enregistré depuis le début des années 2000, contrastant fortement avec l’excédent moyen observé dans les années 2010 (816 M EUR).

Publié le