Le commerce bilatéral entre la France et l'Afrique du Sud en 2018

Le commerce bilatéral total entre la France et l’Afrique du Sud s’est élevé à 3 Mds EUR en 2018 – en progression de 3% par rapport à 2017. Pour la deuxième année consécutive, les exportations de la France à destination de l’Afrique du Sud ont diminué (- 11%) tandis que nos importations en provenance du pays ont augmenté (+25%). En résulte une diminution de notre excédent commercial qui ne cesse de se contracter depuis 2014, pour atteindre 220 MEUR en 2018.

En 2018, l’Afrique du Sud ne représente plus que 0,3% des exportations totales de la France, mais le pays reste notre premier client en Afrique subsaharienne (16% de nos exportations à destination de la région), devant la Côte d’Ivoire (11%) et le Sénégal (8%). La part de marché de la France en Afrique du Sud s’est réduite à 2,2% en 2018 (contre 3% au début des années 2010). Nous sommes désormais le 11ième fournisseur du pays.

  • Les exportations de la France à destination de l’Afrique du Sud se contractent pour la deuxième année consécutive

Après une baisse de 2% en 2017, les exportations françaises vers l’Afrique du Sud se sont de nouveau contractées de 11% en 2018, pour atteindre 1,6 Md EUR. Si cette baisse contraste avec l’évolution  des exportations françaises au niveau global (+4%), elle est en ligne avec celle observée au niveau de l’Afrique sub-saharienne (-10%). Comme en 2017, cette diminution est attribuable aux mauvais résultats du poste « matériels de transport » (-50% pour atteindre 157 MEUR) et plus particulièrement, à la baisse des ventes d’aéronefs et d’engins spatiaux (y compris les pièces détachées) – dont la valeur des exportations a été divisée par sept en un an. En 2018, les exportations d’autres secteurs clés de notre commerce avec l’Afrique du Sud ont diminué : les produits chimiques et les produits pharmaceutiques, qui font partie de nos premiers postes d’exportation, se sont contractés respectivement de 7,5%  et 10% pour atteindre 298 et 223 MEUR. A l’inverse, on note une amélioration significative des ventes de « produits métallurgiques et métalliques » (+25% à 100 MEUR) et des « produits des industries agroalimentaires » (+21% à 168 MEUR) – notamment grâce à l’augmentation des exportations de boissons alcoolisées et de vins (cognac en particulier).

Pour ce qui concerne la structure de nos exportations, les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » représentent le premier poste en 2018 (19%), comme en 2017 – soit une moyenne stable sur les cinq dernières années (18%). Viennent ensuite les « machines industrielles et agricoles » (15% en 2018, contre 13% sur les cinq dernières années), les « produits pharmaceutiques» (14% en 2018 contre 12% en moyenne sur les cinq dernières années) et les « produits des industries agroalimentaires » (11% en 2018 contre 9% en moyenne sur les cinq dernières années). Le matériel de transport, premier poste en 2016 (25%) et deuxième en 2017 (18%), est désormais relégué à la cinquième place.

En 2018, l’Afrique du Sud ne représente plus que 0,3% des exportations totales de la France, mais le pays reste notre premier client en Afrique subsaharienne (16% de nos exportations à destination de la région), devant la Côte d’Ivoire (11% et 1,1 Md EUR) et le Sénégal (8% et 820 MEUR). Avec une part de marché de 2,2% (contre 2,5% en 2017 et 3% en 2016), la France est devenue  le 11ième fournisseur de l’Afrique du Sud en 2018 et toujours le 4ième au niveau européen – derrière l’Allemagne (10%), le Royaume-Uni (3,5%) et l’Italie (2,8%).

  • Les importations de la France en provenance d’Afrique du Sud connaissent leur plus forte augmentation depuis 2010

En 2018, les importations de la France en provenance d’Afrique du Sud ont progressé de près de 25% pour atteindre 1,4 Md EUR – après avoir crû de 16% en 2017 et de 12% en 2016. En 2018, à nouveau, l’augmentation s’explique en grande partie par une progression des importations de matériels de transport (+46% pour atteindre 578 MEUR), dont le montant a presque quadruplé en trois ans. Ce poste représente désormais plus de 40% des importations françaises en provenance d’Afrique du Sud, porté essentiellement par la progression des importations de véhicules automobiles. On observe également une augmentation significative des importations françaises des articles de joaillerie et bijouterie (+210% à 132 MEUR – second poste avec 10% des importations).

A noter que l’on observe une diminution des importations françaises en provenance d’Afrique du Sud pour très peu de produits en 2018. La seule baisse notable concerne « les hydrocarbures et autres produits des industries extractives » (principalement de la houille), pour un montant de près de 30 MEUR (soit -13% à 183 MEUR), plaçant ce poste au troisième rang de nos importations.

En 2018, l’Afrique du Sud est devenue le 49ième fournisseur de la France (contre 52ième en 2017), pour une part de marché qui reste marginale (0,2%, stable sur longue période). Parmi les pays d’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Sud est le second fournisseur de la France, il représente près de 15% du total de nos importations en provenance de la région (et le premier si l’on exclut les produits pétroliers en provenance du Nigeria).

  • L’excédent commercial bilatéral de la France atteint un plus bas depuis le début des années 2000

Après avoir atteint un pic de plus d’1 Md EUR en 2014, notre excédent commercial bilatéral ne cesse de se contracter. En 2018, il s’élevait à 221 MEUR (après 685 MEUR en 2017), en baisse pour la quatrième année consécutive – en lien avec la dynamique de nos exportations et importations bilatérales présentée ci-dessus. Ainsi, l’Afrique du Sud n’était plus que notre 36ième excédent commercial en 2018 – contre le 17ième l’année précédente.

Ces mauvaises performances s’expliquent en partie par la dégradation de la situation économique en Afrique du Sud qui pèse sur la demande adressée aux entreprises françaises – d’une part la croissance beaucoup plus faible qu’anticipée ; d’autre part, la réduction des budgets publics d’investissement et les difficultés financières des entreprises publiques qui limitent le lancement de grands projets et de grands contrats dont dépendent une partie de l’industrie française et en particulier les grands groupes. Par ailleurs, la dépréciation du rand que l’on observe depuis janvier 2018 a pour effet de renchérir la valeur de nos produits et de rendre les produits domestiques plus compétitifs.

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