Commerce et investissements France-Japon / Commerce extérieur japonais - retour sur 2019

En 2019, le déficit commercial bilatéral s'est réduit de près d’1 Md €, essentiellement grâce au doublement des exportations aéronautiques qui représentent désormais un quart des exportations françaises au Japon. Les résultats sont encourageants pour le secteur agroalimentaire (exportations en hausse de 7%) qui profite de l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat économique (APE) Japon – UE.

Du côté des  investissements directs croisés, la France investit davantage au Japon (+1,4 Mds € en flux, 21 Mds € en stock sur 2019 selon la Banque de France) que ce que le Japon investit dans l’hexagone (+0,9 Mds € en flux, 12,7 Mds en stock sur 2019). La France est le deuxième investisseur au Japon mais seulement le vingtième pays récipiendaire, selon JETRO. Le Japon reste toutefois le 1er investisseur asiatique en France.


I. En 2019, la France a enregistré un déficit commercial avec le Japon de -2,6 Md€ (-3,4 Mds € en 2018)

Le déficit commercial de la France avec le Japon s’est réduit de près de 1 Md€ sur 2019. Il s’agit du plus faible déficit commercial bilatéral observé en 4 ans. Le déficit français vis-à-vis du Japon reste néanmoins structurel sur les 14 dernières années. Le solde commercial français est significativement bénéficiaire sur 3 segments seulement : l’agroalimentaire, la pharmaceutique et les produits du textile, habillement, chaussures. 

Selon les douanes françaises, le Japon est le 12ème client de la France (stable par rapport à 2018), son 12ème fournisseur (-1 place) et le 2ème partenaire commercial asiatique après la Chine.

1) L’excellente performance de nos exportations vers le Japon (7,7 Mds€, en hausse de 17%) est tirée par les livraisons aéronautiques.

Les exportations françaises vers le Japon ont progressé de 17% en 2019 à 7,7 Mds€, après une hausse de +2,5% en 2018. Hors aéronautique, les exportations françaises auraient accusé une très légère baisse à -0,9%.

  • Grâce aux livraisons d’avions de la marque Airbus, les exportations de matériels de transport ont doublé en 2019 à 2,2 Mds€. Le secteur des matériels de transport devance désormais le secteur agroalimentaire et devient le 1er poste d’export au Japon avec 28% du total exporté, dont 24% pour les seuls aéronefs.  Des contrats majeurs ont en effet été signés avec plusieurs compagnies aériennes japonaises entre 2013 et 2016 pour près de 80 appareils. Sur 2019, 19 avions Airbus ont été livrés dont 11 avions A320, 1 avion A321, 5 avions A350 et 2 avions A380.
  • Le secteur de l’agroalimentaire (16% du total exporté, 2ème poste à l’export) a également tiré son épingle du jeu en 2019, avec une progression de +7% (à 1,27 Mds€), en lien avec l’entrée en vigueur au 1er février de l’APE UE-Japon et la promotion des produits européens qui a accompagné la phase de négociation. Les exportations de vins (+12%) ont pleinement bénéficié de la suppression totale des droits de douane, les produits laitiers/fromages ont également progressé de +7,5%, malgré des difficultés relatives aux règles d’origine et à l’accès aux contingents tarifaires : une amélioration est attendue sur l’année 2020.
  • Le secteur des produits textiles, habillement, cuir et chaussures enregistre également une excellente performance (+15%) et représente 9% des exportations françaises au Japon. Les produits de luxe semblent avoir bénéficié de la bonne tenue de la consommation des ménages japonais et de l’afflux de touristes.

    Plusieurs secteurs affichent en revanche des replis : -10% pour les exportations françaises de machines industrielles et agricoles, - 5% pour les produits manufacturiers, - 5% sur les produits métallurgiques. Le secteur des produits pharmaceutiques, qui pèse 11% des exportations françaises, confirme sa baisse, avec un repli de -13% en 2019 (après -7% en 2018). Au-delà de la tendance baissière des prix des médicaments (règlementés au Japon dans un contexte d’encadrement du déficit des caisses d’assurance maladie), certaines entreprises du secteur affirment s'approvisionner auprès de leurs usines d'autres pays. Dès lors, le repli des exportations ne traduirait pas encore nécessairement une perte de part de marché des sociétés françaises.

2) Les importations françaises ont connu une hausse modérée à 10,3 Mds€ (+2%)

Les importations françaises de produits japonais ont augmenté de +2% en 2019, après une hausse de 1% en 2018. L’appréciation du yen en 2019 (+6% en moyenne contre euro) a certainement participé à la hausse en valeur des importations françaises. La structure sectorielle des importations françaises est restée inchangée avec une part majeure d’importations de biens d’équipement et biens intermédiaires :

  • Les importations françaises de matériels de transport ont progressé de 4% et représentent 32% des importations françaises (dont 14% pour les véhicules automobiles, 4% pour les motocycles et 10% pour les accessoires et pièces détachées). Les matériels de transport restent le 1er poste à l’import et le 1er  déficit commercial de la France vis-à-vis du Japon : le déficit commercial sur les véhicules automobiles/motocycles et accessoires atteint 2,6 Mds€.
  • Les importations françaises de machines industrielles et agricoles se sont contractées de 2% et représentent le 2ème poste à l’import (23% du total).
  • Enfin, bien que représentant une part infime des importations, notons que les importations de produits alimentaires japonais (1% du total importé) ont crû de 8% en 2019, profitant vraisemblablement de la communication autour de l’APE UE/Japon et traduisant l’attrait des consommateurs français pour l’art culinaire nippon (et notamment le saké/nihonshu).
II. Les investissements japonais en France ne sont pas à la hauteur des investissements français au Japon

1) La France est 2ème investisseur au Japon, tant en flux qu’en stock (part de marché de 11,6%)

La France est le 2ème investisseur étranger au Japon, derrière les Etats-Unis, avec 32 Mds € d’IDE en 2019 selon le JETRO ou 21 Mds € selon la Banque de France. La France représente près de 43% des flux d’investissements européens au Japon. Cette performance est d’autant plus remarquable que l’archipel est un pays peu ouvert aux investissements étrangers. Avec un stock d’IDE entrants de 200 Mds € seulement (6% du PIB, 30% pour la France), le Japon se place en effet à la 30ème destination des IDE mondiaux.

2) 1er investisseur asiatique en France, le Japon demeure un partenaire très modeste pour la France

Le Japon est un investisseur majeur dans le monde, avec 1 623 Mds € de stock d’IDE investis fin 2019, soit le 5ème rang mondial. Le Japon investit massivement aux Etats-Unis (29% du stock d’investissement japonais à l’étranger), en Grande Bretagne (9%), aux Pays-Bas (7%) et en Chine (7%). Le Japon investit relativement peu en France qui représente moins de 1% du stock japonais dans le monde (15,6 Mds€ selon le JETRO, 12,7 Mds selon la Banque de France). Le Japon demeure toutefois le 1er investisseur asiatique en France.

3) Structure sectorielle des investissements bilatéraux

Les investissements directs français au Japon se concentrent essentiellement dans le secteur manufacturier, notamment l’automobile, et la finance & l’assurance (respectivement plus de la moitié et un tiers). Les investissements japonais en France sont, pour leur part, concentrés dans le secteur manufacturier et le commerce de véhicules. Les principaux investisseurs japonais en France en termes d’emploi sont Toyota Motor (constructeur automobile, équipementier), NTN (équipementier automobile / machines et équipements mécaniques), Ricoh (électronique, informatique), Fast Retailing (textile, détenant notamment la marque Uniqlo) et Bridgestone (constructeur et équipementier automobile).

1. La hausse des exportations françaises de biens apparaît comme une bonne nouvelle au terme de la 1ère année de mise en œuvre de l’APE, bien qu’imputable en grande partie aux livraisons d’Airbus.

2. Les efforts menés pour promouvoir l’attractivité de la France doivent être intensifiés pour drainer davantage d’investissements directs japonais. La France peut notamment faire valoir son image innovante et convaincre le Japon, qui dispose de solides moyens financiers, de conclure des partenariats avec des entreprises françaises sur des créneaux de niche et des filières d’avenir (Internet des objets, intelligence artificielle, énergies renouvelables…)..

III. Commerce extérieur japonais : retour sur 2019

Voir note en annexe

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