Investissements Directs Étrangers impliquant le Japon en 2019

Le Japon confirme son statut d’investisseur majeur dans le monde,  avec un flux sortant record en 2019 et un stock d’investissements à l’étranger de 1 623 Mds € (5ème rang mondial). L’ouverture de l’archipel aux IDE reste limitée, avec un stock entrant de seulement 200 Mds € (30ème rang mondial). D’un point de vue bilatéral, la France investit davantage au Japon (+1,4 Mds € en flux, 21 Mds € en stock sur 2019 selon la Banque de France) que ce que le Japon investit en France (+0,9 Mds € en flux, 12,7 Mds en stock sur 2019 selon la BdF). La France est le deuxième investisseur au Japon mais seulement le vingtième pays récipiendaire, selon JETRO. 

I. Une nouvelle année record pour les investissements japonais à l’étranger

Selon la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), le Japon est le premier investisseur au monde en 2019, avec un flux d’IDE record de +222 Mds € (+58%) - dont 93 Mds € liés à des transactions de fusions-acquisitions,  contre 30 Mds € en 2018 -. Ce niveau record s’explique, pour partie, par une  transaction majeure dans l’industrie pharmaceutique : acquisition par le japonais Takeda de l’Irlandais Shire pour 54 Mds € (annoncée en mai 2018 et dénouée financièrement en janvier 2019).

Le stock d’IDE japonais s’élève désormais à 1 623 Mds € : fort d’un patrimoine financier privé exceptionnel (26 000 Mds € au T1-2020), le Japon se classe au cinquième rang des investisseurs mondiaux et dépasse désormais l’Allemagne et Hong-Kong. Ce stock d’IDE génère des transferts de revenus financiers qui contribuent à l’excédent courant (165 Mds € en 2019), deuxième au monde après l’Allemagne.

II. L’ouverture de l’archipel aux IDE continue de progresser mais reste limitée en valeur brute

Sur 2019, le Japon a accueilli un flux d’investissements étrangers de +12,9 Mds € (+48%), se classant au 24ème rang mondial des pays récipiendaires (31ème rang en 2018).

Avec un stock d’IDE entrants de 200 Mds € seulement (6% de son PIB, contre 30% pour la France), le Japon se place à la 30ème destination des IDE mondiaux.

L’entrée en vigueur le 7 mai de la nouvelle réglementation japonaise relative au contrôle des investissements - abaissement de 10% à 1% du seuil de prise de participation étrangère dans des entreprises opérant dans des secteurs dits sensibles - pourrait être un frein à l’investissement au Japon (cf. note « nouveau cadre pour le filtrage des investissements étrangers au Japon » du 15/05/2020).

III. Les investissements directs japonais en France sont inférieurs aux investissements directs français au Japon

a) La France est 2ème investisseur au Japon, tant en flux qu’en stock (part de marché de 11,6%)

Les investissements directs français au Japon se concentrent essentiellement dans le secteur manufacturier, notamment l’automobile, et la finance et assurances (respectivement plus de la moitié et un tiers).

  • Selon le JETRO (Japan External Trade Organization), avec un flux de +2,6 Mds € en 2019, la France occupe la 2ème place des investisseurs étrangers au Japon (gain d’une place), juste derrière les États-Unis et devant le Royaume-Uni. Avec un stock de 32 Mds € investis au Japon (11,6% des entrées d’IDE au Japon), la France se classe également à la 2ème place des investisseurs étrangers et devance désormais les Pays-Bas. Globalement, l’UE confirme son statut d’investisseur majeur au Japon avec un stock de 107 Mds € investis, soit 40% du stock d’IDE entrants.
  • Selon la Banque de France, le flux d’investissement français au Japon s’est élevé à +1,4 Mds€ (le Japon reste à la 10ème position des investissements français). Les bénéfices réalisés par les filiales françaises n’ont, cependant, guère été réinvestis au Japon car majoritairement distribués sur 2019 (82%, un plus haut depuis 2012). Avec un stock de 21 Mds €, en diminution sensible, le Japon perd 4 places et se classe comme la 14ème destination des investissements français. Le Japon est désormais devancé par la Chine (désormais 1ère destination du stock d’investissements français en Asie), la Russie, le Brésil et l’Irlande.

b) Les investissements japonais en France progressent en valeur mais restent faibles en valeur relative (part de marché de 1,6%)

Les investissements japonais en France sont concentrés dans le secteur manufacturier et le commerce de véhicules.

- Selon JETRO, la France a accueilli un flux d’investissement japonais de +1,5 Mds € en 2019, en croissance de 34%, et se classe au 21ème rang des pays récipiendaire (23ème en 2018). La France semble avoir peu bénéficié d’un effet Brexit : si les flux vers le Royaume-Uni ont été divisés par 4, à l’inverse de l’Allemagne qui a vu les flux en provenance du Japon tripler sur 2019 à +11,5 Mds €, en majorité dans les secteurs de l’automobile (plus de 70%) et de la finance (environ 10%). En stock, la France représente moins de 1% du stock d’investissement japonais dans le monde et se classe au 20ème rang (-2 places) des IDE japonais, avec 15,6 Mds €. La France attire donc moins de capitaux japonais que les Etats-Unis (29% du stock d’investissement japonais à l’étranger), le Royaume-Uni (9%), les Pays-Bas (7%), la Chine (7%), la Suisse (3%), l’Allemagne (2%), la Belgique (1,5%). L’UE reçoit néanmoins presque autant d’IDE japonais (452 Mds €) que l’Asie (461 Mds €).

- Selon la Banque de France, le Japon a investi sur 2019 +0,9 Mds € en flux et se classe 10ème investisseur étranger en France. 81% des bénéfices ont été redistribués vers l’actionnaire japonais sous forme de dividendes et n’ont donc pas été réinvestis, un plus haut niveau depuis la crise de 2009. Avec un stock de 12,7 Mds €, soit 1,6% du total investi en France et environ deux fois moins que le stock d’investissement français sur l’archipel, le Japon confirme son rang de 10ème investisseur étranger, mais de 1er investisseur asiatique en France (1,6% du total investi en France).

- Selon le rapport 2019 de Business France, le Japon se classe à la 9ème place des plus gros investisseurs étrangers en France en nombre de projets, avec 57 nouveaux projets (4% du total des projets, en hausse de 8%) permettant la création et\ou le maintien de 952 emplois. Ces projets sont prédominants dans les secteurs des machines et équipements mécaniques (23% des décisions d’investissement) et la répartition est relativement égale pour les secteurs du textile (9%), de l’agroalimentaire (7%), la chimie (7%) ou encore les équipements médicaux (7%).            

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