ÉMIRATS ARABES UNIS
Inflation et coût de la vie
L'inflation aux Émirats Arabes Unis en 2025
L’année 2025 a confirmé le maintien d’une inflation contenue aux EAU, qui s’établit à 1,3 % selon la CBUAE et le FMI, contre 1,7 % en 2024 et 1,6 % en 2023. Après une première moitié d’année marquée par un net ralentissement des prix, l’inflation est repartie légèrement à la hausse en fin d’année, atteignant 1,9 % en g.a. au T4 2025, sous l’effet de la persistance des tensions sur les coûts du logement.
Pour 2026, le FMI anticipe une hausse de l’inflation à 2,5 %, sous l’effet des répercussions de la guerre sur les prix de l’énergie, susceptibles de se diffuser au reste de l’économie émirienne. Pour les expatriés rémunérés en euro, le taux de change est resté stable en 2025, mais les performances économiques contrastées en Europe et les incertitudes géopolitiques pourraient détériorer le ratio entre le dirham et l’euro.
La hausse des prix est restée stable en 2025
Après une année 2024 déjà marquée par une inflation modérée (+1,7 % au niveau national), les EAU affichent une inflation encore plus faible en 2025, les prix n’ayant progressé que de 1,3 % selon la BCEAU. Contenue au premier trimestre (+1,4 %), l’inflation a encore ralenti en milieu d’année (+0,6 % au T2 et +1,1 % au T3), avant de se redresser au dernier trimestre à +1,9 %, renouant avec un niveau proche de celui observé en 2023 (+1,6 %) et confirmant la normalisation postérieure au choc inflationniste de 2022. Cette modération s’explique principalement par le recul des prix des transports, en nette contraction sur les trois premiers trimestres, ainsi que par l'évolution favorable des prix alimentaires, qui ont compensé la persistance des tensions sur le logement. Au niveau mondial, l’inflation poursuit son ralentissement, à +4,1 % en 2025 après +5,8 % en 2024. Les EAU restent ainsi très en dessous de la moyenne des pays émergents (+5,2 %), et affichent également de meilleurs chiffres que les économies avancées (+2,5 %).
Inflation Importée
Les biens et services échangeables ont continué de contribuer à la modération de l’inflation en 2025, dans un contexte international plus favorable, marqué par le reflux de l’inflation mondiale, la baisse des prix de l’énergie et des marchés de matières premières globalement stables. L’inflation importée est ainsi restée contenue aux EAU, malgré la légère dépréciation du dirham en termes effectifs.
Inflation Domestique
L'inflation domestique est maîtrisée dans le pays. L’indexation du dirham au dollar impose à la CBUAE de suivre les politiques monétaires restrictives de la FED. La structure du marché du travail aux émirats, fondée sur la disponibilité d’une main d’œuvre bon marché et facilement remplaçable, a également empêché l’établissement d’une boucle salaire prix qui aurait pu accentuer l’inflation.
La baisse de l’inflation en 2025
La baisse de l’inflation en 2025 est essentiellement imputable à la déflation des prix des transports (-3,9 % en moyenne), ainsi qu’à la très faible progression des prix de l’alimentation (+0,3 %). Ces effets désinflationnistes ont toutefois été partiellement compensés par la hausse persistante des coûts du logement, de l’eau, de l’électricité et du gaz (+3,9 %), qui représentent plus du tiers du panier de consommation.
Logement
33,1 % du panier
L’inflation du logement, eau, électricité et gaz est restée le principal facteur de hausse des prix en 2025. Elle s’établit autour de +3,9 %, reflet d'un marché immobilier dynamique.
Transports
12,7 % du panier
Les transports ont dirigé l’inflation cette année. Le poste a enregistré une chute de -3,9 %, principalement emmenée par une baisse du prix de l’essence par rapport à 2024.
Alimentation
12,0 % du panier
L’inflation alimentaire est restée très faible en 2025, autour de +0,3 %, grâce à un environnement international stable.
Inflation régionale
Abu Dhabi +0,3%
A Abu Dhabi, l’inflation reste très maîtrisée grâce à la baisse des prix des transports au niveau national, notamment au T1, sous l’effet de la détente des prix de l’énergie, ainsi qu’une évolution très favorable des prix alimentaires.
Dubaï +2,8%
Dubaï se distingue surtout par la persistance de l’inflation immobilière, établie à 6,4 % en 2025. Le secteur reste très dynamique, atteignant un nouveau record avec plus de 270 000 transactions immobilières pour une valeur totale de 917 Md AED, en hausse de 20 % sur un an selon le Dubai Land Department.
Le coût de la vie réel en 2026
Les indices des prix à la consommation partagés par les autorités émiriennes ne peuvent suffire à décrire le véritable pouvoir d’achat des résidents. Les statistiques ne sont pas publiées régulièrement au niveau fédéral, et les chiffres d'inflation varient selon les sources.
La BCEAU projette une hausse de l’inflation en 2026, à +2,3 %, dans un contexte où les effets de la guerre pourraient continuer à se transmettre à l’économie via l’inflation internationale. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le renchérissement des coûts de transport et la hausse des prix de l’énergie pourraient ainsi alimenter l’inflation importée et peser sur les biens et services échangeables.
Le taux de change de l’euro face au dirham
Le taux de change de l’euro face au dirham s’est nettement redressé en 2025, améliorant les perspectives pour les expatriés payés en euros.
Après avoir commencé l’année autour de 3,80 AED en janvier, l’euro s’est apprécié progressivement face au dirham pour atteindre environ 4,30 AED en moyenne en décembre 2025. Sur l’ensemble de l’année, le taux a fluctué entre un point bas de 3,76 AED et un point haut de 4,35 AED, avec une moyenne annuelle de 4,15 AED, contre des niveaux proches de 3,9-4,0 AED observés en 2023-2024.
Pour rappel, le dirham émirien est arrimé au dollar et fluctue donc selon les variations de ce dernier. L’appréciation de l’euro face au dirham en 2025 reflète ainsi principalement l’affaiblissement du dollar face à l’euro, dans un contexte de normalisation progressive de la politique monétaire américaine et de révision des anticipations de taux. Cette évolution est favorable aux résidents rémunérés en euros, même si le niveau du dirham reste structurellement dépendant de la trajectoire du dollar