Au 1er semestre 2026, l’économie italienne a mieux résisté qu’attendu, grâce notamment au PNRR qui a soutenu la consommation des ménages et l’investissement. Les indicateurs conjoncturels signalent toutefois un ralentissement de l’activité au début du 2nd semestre, dans un contexte où l’impulsion du PNRR s’atténuerait et où les tensions inflationnistes pèseraient sur la demande.

Au 1er semestre 2026, l’économie italienne s’est montrée plus résiliente qu’anticipé. Le PIB a progressé de +0,3 % au 1er trimestre 2026, puis de +0,2 % au 2e trimestre 2026 en variation trimestrielle, contre respectivement +0,2 % et +0,1 % attendus par les marchés. À l’issue du 2e trimestre, l’acquis de croissance pour 2026 s’élève à +0,8 %, après une croissance de +0,7 % en 2025 (cf. Graphique 1). La demande intérieure hors stocks contribue à hauteur de +1,3 pt à cet acquis, portée par la consommation des ménages et l’investissement. Cette résilience de l’activité est d’autant plus notable dans un contexte de tensions commerciales et de perturbations sur les marchés de l’énergie liées au conflit au Proche et Moyen-Orient, auxquelles l’Italie est particulièrement exposée.

 

Graphique 1 : Croissance du PIB (en %) et contribution par poste de demande (en pt)

Croissance du PIB (en %) et contribution par poste de demande (en pt)

 

La consommation privée a résisté à la hausse des prix au 1er semestre, grâce notamment au soutien apporté par le PNRR pour l’achat de biens durables. La consommation des ménages a progressé de +1,2 % en g.a. au 1er trimestre, puis de +1,1 % au 2e trimestre. Dans le même temps, l’inflation, mesurée par l’IPCH, a atteint +3,0 % en moyenne au 2e trimestre, après +1,4 % au 1er trimestre, sous l’effet de la hausse des prix des carburants, même si celle-ci a été atténuée par les mesures de baisses d’accises1. La consommation de biens durables est restée particulièrement dynamique, avec une hausse de +6,1 % en g.a. au 2e trimestre, après +4,6 % au 1er trimestre. Elle a été soutenue par un dispositif d’aide à l'achat de véhicules électriques, financé à hauteur de 597 M€ dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Lancé à l’automne 2025, ce dispositif a pris fin à la mi-2026. Cette résilience de la consommation s’est accompagnée d’un recul du taux d’épargne, à 9,5 % au 2e trimestre, après de 10,7 % au 1er trimestre, un niveau inférieur à la moyenne sur la période 2015-2019 (10,9 %).

L’investissement est resté dynamique, porté principalement par la construction non résidentielle. L’investissement a progressé de +3,4 % en g.a. au 2e trimestre, après +4,8 % au 1er trimestre, en lien avec le rebond de la construction non résidentielle (+8,3 %, après +0,6 %). Selon le Document de finances publiques publié par le gouvernement italien en octobre 2026, cette dynamique reflète l'avancement des travaux financés dans le cadre du PNRR. Par ailleurs, l’investissement en propriété intellectuelle demeure soutenu, avec une progression de +4,3 % en g.a., après +3,2 % au 1er trimestre.

Les indicateurs conjoncturels suggèrent toutefois un net ralentissement de l’activité au début du 2nd semestre. Selon Istat, la confiance des ménages et des entreprises se dégradent en septembre dans un contexte de forte hausse de l’inflation, qui atteint +4,1 % en septembre (cf. Graphique 2). Les ventes au détail ralentissent également, avec une progression de +0,5 % en g.a. en août, après +1,0 % en juillet. Bien qu’en hausse en moyenne au 3e trimestre (52,4, contre 50,1 au 2e trimestre et 51,0 au 1er trimestre), le PMI composite s’est nettement replié en septembre (51,0 après 53,6 en août), laissant entrevoir une perte de dynamisme de l’activité. Le ralentissement de l’activité au 2nd semestre s’expliquerait par un moindre soutien du PNRR à l’activité, à la fois sur l’investissement, comme le souligne une note de septembre de Confindustria2, et sur la consommation, avec l’extinction du dispositif de soutien à l’achat de véhicules électriques, et par la matérialisation progressive des conséquences du choc inflationniste sur les ménages et les entreprises.
 
Graphique 2 : Contributions à l’inflation totale
Contributions à l’inflation totale


1 Cf. Flash Conjoncture Pays Avancés - Italie : une transmission limitée du choc énergétique aux prix et aux salaires, 28 août 2026.

2 Confédération générale de l’industrie italienne, la principale organisation patronale.