Flash Conjoncture Pays Avancés - Italie : une transmission limitée du choc énergétique aux prix et aux salaires
Comme dans les autres pays, l’inflation en Italie a nettement progressé au printemps 2026, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie provoquée par le conflit au Proche et Moyen-Orient. L’inflation totale est passée de +1,6 % en mars (en glissement annuel) à +2,8 % en avril, avant d’atteindre un pic de +3,2 % en mai [cf. Graphique 1 (a)]. Cette progression s’explique principalement par la contribution des prix de l’énergie et plus particulièrement celle des carburants [cf. Graphique 1 (b)].
Graphique 1
Face à la hausse des prix des carburants, les autorités italiennes ont mis en place, à compter du 18 mars 2026, une réduction des accises sur les carburants dans le cadre du décret-loi « Carburanti ». Initialement fixée à 0,2 €/l pour l’essence comme pour le gazole et prévue pour une durée de vingt jours, la baisse des accises a été renouvelée à plusieurs reprises, tout en étant progressivement réduite jusqu’au début du mois de juillet. Après une interruption entre le 3 et le 27 juillet, une réduction ciblée de 0,14 €/l sur le gazole a été rétablie et prolongée jusqu’au 25 août. Au total, le coût cumulé de ces mesures est estimé, au 2 juillet 2026, à environ 2 Md€, selon l’ANSA.
La baisse des accises a permis d’amortir partiellement la transmission de la hausse des prix des carburants hors taxes aux prix à la pompe. Entre le 1er et le 2e trimestre 2026, le prix à la pompe du gazole a augmenté de +13,0 % avec une contribution négative des accises de −5,5 pts et pour l’essence, le prix à la pompe a progressé de +10,0 %, avec une contribution négative de −3,3 pts des accises (cf. Graphique 2).
Graphique 2
Depuis son pic en mai 2026, l’inflation totale reflue légèrement pour atteindre +2,9 % en juillet (après +3,0 % en juin et +3,2 % en mai). En juin 2026, les prix de l’énergie ont continué d’accélérer (à +12,9 %, après +12,0 %), tandis que les autres grandes composantes ont ralenti. En juillet, les évolutions sont plus contrastées. L’inflation de l’alimentation, de l’alcool et du tabac ainsi que celle des services sont restées stables, tandis que l’inflation énergétique a diminué à +11,0 %. À l’inverse, l’inflation des biens industriels hors énergie a légèrement augmenté à +0,7 % (après +0,5 %).
Les effets de second tour devraient rester contenus en 2026. L’inflation sous-jacente demeure modérée, malgré un léger rebond au printemps. Elle s’est établie autour de +1,8 % en moyenne entre mars et juin après un pic à +2,7 % en février, porté notamment par le dynamisme des prix des services. Cette évolution ne fait pas apparaître, à ce stade, de transmission marquée de la hausse des prix de l’énergie aux autres composantes de l’IPCH. Selon une enquête menée par la Banque d’Italie, si les entreprises interrogées déclarent avoir déjà répercuté, ou prévoir de répercuter, sur leurs prix de vente une partie des surcoûts liés à la hausse des coûts des intrants de production dans le contexte du conflit au Proche et Moyen-Orient, la plupart indiquent que cette répercussion demeure limitée. Par ailleurs, selon Istat, la hausse des prix à la production s’est modérée en juin à +5,8 % (après +7,3 % en mai). Enfin, la progression des salaires négociés ne semble pas non plus accélérer. Selon Istat, l’indice des salaires horaires négociés dans le cadre des conventions collectives nationales a augmenté de +2,5 % g.a. au 2e trimestre 2026 (contre +3,2 % au 2e trimestre 2025). Cette progression est inférieure à l’inflation totale sur la même période (+3,0 %). Par ailleurs, les anticipations d’inflation apparaissent contenues. Selon l’enquête de la Banque d’Italie menée au 2e trimestre 2026, les anticipations d’inflation des entreprises s’établissent à +2,8 % à l’horizon de six mois, +2,7 % à un an et +2,5 % à deux ans.
Dans ce contexte, selon les prévisions de la Banque d’Italie de juin, l’inflation totale devrait augmenter à +3,1 % en 2026 (après +1,6 % en 2025), avant un net repli en 2027 à +2,0 %. L’inflation sous-jacente serait quant à elle stable à +2,0 % en 2026 et 2027, après +1,9 % en 2025.