Inde

 

Actualité macroéconomique 

 

Resserrement de la politique monétaire

Lors de la réunion du 5 au 7 octobre 2026, le Comité de Politique Monétaire, (Monetary Policy Committee, MPC) a décidé à l'unanimité de relever le taux directeur (Repo Rate) de 25 points de base, passant de 5,25% à désormais 5,50 %, ainsi que de changer son orientation de « neutre » à « calibrated tightening » dans un contexte marqué simultanément par la réescalade du conflit au Moyen-Orient en septembre, la forte volatilité des cours du pétrole et le durcissement monétaire des grandes Banques centrales (hausse de 25 points de base de la FED en septembre). Ainsi, le taux de la facilité permanente de dépôt (Standing Deposit Facility, SDF) et la facilité permanente de prêt marginal (Marginal Standing Facility, MSF) passent respectivement à 5,25 % et 5,75 %. Par ailleurs, le Comité indique que les baisses de taux sont exclues à court terme et que la prochaine décision ne pourra être qu'une hausse ou une pause.

Dans ce contexte, l'inflation mesurée par l'Indice des prix à la consommation a augmenté pour atteindre 4,8 % en août 2026, contre 4,5 % en juillet, principalement en raison de l'alimentation et des carburants, tandis que l'inflation sous-jacente progresse à 4,2 %, contre 3,9 % les trois mois précédents, signe d'un début de généralisation des pressions inflationnistes. Dans ce contexte, la RBI a relevé sa prévision d'inflation pour 2026-27 à 5,2 %, contre 5,0 % en août, avec un pic attendu au troisième trimestre à 6,0 %. Les risques provenant tout autant de la volatilité pétrolière que des incertitudes de la mousson impactée par El Niño.

A noter que l'activité économique domestique demeure résiliente, portée par une consommation privée robuste, un investissement soutenu et un fort rebond des exportations de marchandises. Après un PIB en hausse de 7,8 % au premier trimestre, les perspectives de croissance sont relevées à 7,1 % pour 2026-27, contre 6,7 % en août, avec 7,2 % au T2, puis 6,9 % et 6,8 % sur les trimestres suivants. Le MPC maintient toutefois une posture prudente face aux risques susmentionnés tels que les aléas de la mousson, les tensions géopolitiques et le durcissement des conditions financières mondiales.

RBI

Une croissance des services lors du trimestre de juillet à septembre décevante

En septembre, selon l’indice HSBC, le secteur des services indien, qui constitue le principal moteur de l’économie, a enregistré sa croissance la plus rapide depuis trois mois, porté par une demande plus forte dans les services financiers, les services aux consommateurs et les services numériques. Toutefois, la croissance sur l’ensemble du trimestre (juillet à septembre) a été la plus faible depuis plus de quatre ans.

Ainsi, bien que la croissance de l’activité privée demeure positive, son rythme s’est sensiblement modéré par rapport aux années précédentes, et ce, en lien avec un ralentissement simultané des créations d’emplois, de la demande extérieure et d’une progression plus modérée des nouvelles commandes à l’export. En effet, tandis que la croissance des nouvelles commandes à l’exportation atteint son rythme le plus faible depuis près de trois ans, la demande intérieure soutient largement l’activité. L’indice HSBC des directeurs d’achat du secteur des services (Services PMI) est passé de 54,1 en août à 55,2 en septembre, mais reste inférieur à l’estimation préliminaire de 55,8.

La progression des services, combinée à une accélération de l’activité manufacturière, a permis à l’indice PMI composite de l’Inde de passer de 54,3 en août à 55,9 en septembre, soit son plus haut niveau depuis trois mois.

The Economic Times

 

Actualité sectorielle

 

Le Cabinet approuve la phase III du Green Energy Corridor, dotée de 19,2 Mds USD, avec un volet stockage par batteries (BESS)

La Cabinet de l’Union a approuvé le 30 septembre 2026 la phase III du Green Energy Corridor (GEC-III), dotée d’une enveloppe de 19,2 Mds USD, destinée à renforcer le réseau de transport intra-étatique (InSTS) pour permettre l’évacuation de 135 GW d’énergies renouvelables. Le schéma prévoit également le déploiement de 50 GWh de systèmes de stockage par batteries (BESS) d’ici 2030-2033, afin de résoudre les problèmes d’intermittence, de congestion et d’écrêtement en heures de pointe.

L’enveloppe se répartit entre 14,2 Mds USD pour l’InSTS et 5,2 Mds USD pour le BESS, avec un soutien financier central (CFA) de 5,6 Mds USD, dont 622 M USD via le Viability Gap Funding pour le stockage (BESS). Les projets greenfield seront attribués par appel d’offres concurrentiel (TBCB), les travaux de renforcement du réseau existant (brownfield) sur une base Cost-Plus (mode de rémunération inverse de l'appel d'offres concurrentiel : les coûts réels sont remboursés à l'exécutant, majorés d'une marge, plutôt qu'un prix fixé à l'avance par la mise en concurrence).

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L'Inde réussit la première démonstration d'une liaison quantique sécurisée en espace libre sur 5,56 km

La distribution quantique de clés (Quantum Key Distribution, QKD) est une technologie de chiffrement fondée sur les lois de la physique quantique, garantissant théoriquement une sécurité inviolable des communications. Contrairement aux systèmes cryptographiques classiques, la QKD permet de détecter toute tentative d'interception, rendant la communication intrinsèquement sécurisée. Elle est considérée comme une réponse stratégique aux menaces que feront peser les ordinateurs quantiques sur les infrastructures de chiffrement actuelles.

Le 27 septembre 2026, QNu Labs, en collaboration avec BISAG-N (institution autonome sous tutelle du ministère de l'Électronique et de l'Informatique, spécialisée dans les applications spatiales et la géo-informatique) et l'IIT Gandhinagar, a réussi la première démonstration indienne d'une liaison QKD en espace libre (free-space) sur une distance de 5,56 km, entre le campus de BISAG-N et celui de l'IIT Gandhinagar. L'essai a atteint un taux d'erreur quantique (Quantum Bit Error Rate) inférieur à 5 % et a généré des clés sécurisées à un débit de 230 à 260 bits par seconde.

La démonstration a combiné deux couches complémentaires de sécurité quantique : le dispositif matériel Armos de QNu Labs pour la transmission optique en espace libre, et la plateforme logicielle Vedic Kavach de BISAG-N intégrant la cryptographie post-quantique et la génération de nombres aléatoires quantiques. Cette architecture hybride assure la résilience du système même en cas d'interruption temporaire du canal physique. La démonstration ouvre la voie au déploiement de réseaux quantiques sécurisés sur de plus longues distances, ainsi qu'à des communications quantiques par satellite, renforçant ainsi les ambitions de l'Inde en matière de souveraineté numérique et de cybersécurité quantique.

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Pakistan

 

Actualité macroéconomique 

 

Le Pakistan concentre la moitié de la pauvreté de la zone MENAAP

Selon la Banque mondiale, 48 % des personnes disposant de moins de 3 USD par jour vivent au Pakistan. Les taux de pauvreté au Pakistan ont augmenté de 6,4% (pauvreté absolue : population à moins de 3 USD/jour) et de 3,2 % (pauvreté relative : population à moins de 4,2 USD/jour) depuis l’année budgétaire 2019. 1/7 de la population pauvre de la planète vit dans la région MENAAP.

Dawn - Brecorder

Les efforts de formalisation des transactions financières portent leurs fruits.

Selon le rapport sur les systèmes de paiement de la SBP, 92% des ventes au détail ont été réglées par des moyens de paiements dématérialisés (FY26, + 4 points/FY25). Pour mémoire, le pays taxe les transactions dématérialisées (cartes ou mobiles) à 5 % et les transactions en espèces à 15%.

SBP

 

Actualité sectorielle 

La privatisation de GEPCO suscite un intérêt turc soutenu.

La Commission de privatisation a pré-sélectionné 9 entreprises candidates au rachat de 51 % des parts de GEPCO, qui produit de l’électricité pour le Nord-Ouest du Pendjab. Parmi ces entreprises, figurent 3 groupes turcs, Aktor Elektrik Enerji Yatirimlari San Ve Tic AS, Genvera Enerji AS et Cengiz Enerji Sanayii Ve Ticaret AS. La première entité participe parallèlement à la privatisation d’entreprises de distribution. Le premier groupe privé de génération électrique du pays, K-Electric a retiré son offre. Le groupe Sapphire Fibers figure parmi les entreprises sélectionnées (sur les 11 ayant présenté une offre).

Brecorder – The Standard

 

 

Bangladesh

 
 
 

Actualité macroéconomique 

 

Dhaka lance un dispositif d'incitation pour attirer de nouveaux IDE

Invest Bangladesh, l'agence nationale de promotion de l'investissement, a introduit un dispositif de prime en numéraire pour les Bangladais, résidents ou non, qui mobilisent leur réseau pour attirer de nouveaux investissements étrangers. Le Conseil des ministres a approuvé la politique correspondante (FDI Incentive Scheme Policy 2026) le 4 juin, mais les détails des mesures n'étaient jusqu'alors pas connus.

Le dispositif vise à générer environ 600 M USD d'investissements en fonds propres supplémentaires, alors que les IDE annuels moyens s'élèvent à environ 1,5 Md USD, dont une part importante provient de réinvestissements. Pour bénéficier du dispositif, les investisseurs devront être enregistrés avant d'investir. La prime est versée en deux fois : 52 % après l'entrée et la vérification des fonds, puis 48 % à l'achèvement complet du projet. Selon un responsable de l'agence, l'initiative vise à s'appuyer sur les réseaux de Bangladais établis dans les principaux marchés étrangers, limitant ainsi le besoin de développer et d'entretenir une infrastructure de promotion de l'investissement à l'étranger. Elle intervient alors que la croissance des IDE reste faible par rapport aux autres pays de la région.

The Daily Star

 

 

Actualité sectorielle

 

Le gouvernement veut accroître la valeur ajoutée de la filière jute

Le 3 octobre 2026, le ministre du Textile et du Jute, Khandakar Abdul Muktadir, a indiqué que le gouvernement cherchait à transformer davantage de jute brut en produits à plus forte valeur ajoutée. Il s'agit d'accroître les recettes en devises et la valeur ajoutée de la production, et de diversifier l'économie en promouvant des secteurs prometteurs au-delà du prêt-à-porter (RMG).

Selon lui, la tonne de jute brut se vendait environ 1 200 USD au plus haut du marché l'an dernier. Elle pourrait rapporter 2 400 à 2 500 USD sous forme de produits d'emballage et 4 000 à 5 000 USD en fibres mélangées (jute et coton ou autres fibres).

Un plan est en cours d'élaboration avec le JDPC (Jute Diversification Promotion Centre) et les associations d'entrepreneurs, pour déterminer les volumes de jute qui pourraient être dédiés à chaque secteur et produit. Un point de vente permanent, « JDPC Express », a été inauguré à Tejgaon (Dhaka). Des vitrines sont envisagées dans les aéroports internationaux et les missions à l'étranger, afin de promouvoir le savoir-faire bangladais en la matière.

 

The Daily Star

 

 

Sri Lanka

 

Actualité macroéconomique 

 

Accord technique sur l’avant-dernière revue du programme FMI

Le FMI et les autorités sri-lankaises ont annoncé un accord technique sur la 7e revue du programme soutenu par le mécanisme élargi de crédit, avant-dernière revue du calendrier actuel. Cet accord ouvre la voie à un décaissement d’environ 345 MUSD, sous réserve de l’approbation du conseil d’administration. Celle-ci est conditionnée à la présentation au Parlement d’un budget 2027 conforme aux paramètres du programme et à l’examen des contributions des partenaires multilatéraux et des progrès en matière de restructuration de la dette.

FMI

Retour à l’excédent budgétaire en août

Les recettes de l’État ont atteint 4 002,3 Mds LKR en janvier-août 2026, en hausse de 21,2% sur un an. Les dépenses totales ont augmenté plus modérément (+6,9%), à 3 966,9 Mds LKR, avec une progression de 4,4% des dépenses récurrentes et de 31,6% des dépenses en capital et prêts nets. L’excédent primaire s’est renforcé à 1 644,6 Mds LKR (4,6% du PIB), contre 1 276,5 Mds LKR un an plus tôt (3,9% du PIB). Le solde budgétaire global est redevenu légèrement excédentaire, à 35,4 Mds LKR (0,1% du PIB), contre un déficit de 411 Mds LKR sur les huit premiers mois de 2025 (1,3% du PIB).

Trésor

 

Actualité sectorielle

 

La Banque mondiale mobilise 110 MUSD pour des infrastructures routières résilientes

La Banque mondiale a approuvé un financement de 110 MUSD, fourni via la fenêtre de réponse aux crises de l’IDA pour réparer et reconstruire 600 km de routes fortement endommagées par le cyclone Ditwah en novembre 2025. Le financement ciblera en priorité les infrastructures permettant de rétablir l’accès aux marchés, aux établissements scolaires et aux services de santé dans les zones les plus touchées. Les routes reconstruites devront répondre à des normes de résilience climatique, notamment en matière de drainage, de protection contre les glissements de terrain et de conception des ouvrages. Ce financement prolonge de trois ans l’Inclusive Connectivity and Development Project (ICDP), portant à 610 MUSD l’investissement total de la Banque mondiale dans la connectivité routière au titre de cette opération. Le secteur des transports avait subi près de 973 MUSD de dommages lors du cyclone, pour des besoins de reconstruction estimés à 1,31 Md USD.

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Népal

 
 

Actualité macroéconomique

Focus sur le rapport de la Banque Mondiale sur le Népal : des fondamentaux solides pour l'année 2025/26

D’après le rapport « Development Update » de 2026, la croissance aurait ralenti à 3,9% sur l’année budgétaire 2025/26 contre 4,4% sur l’année budgétaire 2024/25. Les aléas climatiques ont pesé sur la production agricole qui ne progresse que de 1,6% contre 3% l’année passée. L’industrie croît de 5,7% par rapport aux 3,3% en 2024/25 portée par la production hydroélectrique qui bondit d’un cinquième. L’inflation ralentit à 3,1% bien en dessous des 5% visés par la banque centrale alors que le taux directeur a été réduit à 4,25%. Le compte courant présente un surplus record de 14% du PIB, supporté par les transferts du fond qui représentent à eux seuls 35,8% et qui surpassent le déficit commercial qui s’établit à 14% du PIB. Les réserves de change atteignent 25,3 Mds USD à la fin de l’année budgétaire 2025/26 soit 19,6 mois d’imports bien au-dessus des 7 mois visés par la banque centrale népalaise.

Bien que n’apparaissant pas dans les chiffres de la croissance pour l’année 2025/26, la Banque mondiale a particulièrement étudié les canaux de transmission des crues de Bhotekoshi vers l’économie népalaise. Elle estime les dommages causés par la catastrophe à environ 2,7 Mds USD (estimation supérieure à celle népalaise qui s’établissait à 1,81 Mds USD). Les besoins de financement pour la reconstruction sont quant à eux estimés à 4,8 Mds USD par les autorités népalaises. 4 canaux principaux sont identifiés par la Banque Mondiale quant à la transmission des destructions à l’économie. Dans un premier temps, l’énergie, notamment les productions hydroélectrique et photovoltaïque dont 10,6% de la capacité installée a été impactée par les crues. Viennent ensuite la logistique et les transports qui subissent la destruction des infrastructures frontalières avec la Chine, le corridor de Rasuwagadhi, endommagé, représente à lui seul 10,8% des importations népalaises en provenance de Chine (soit environ 200M à 300M USD de marchandises). Enfin le secteur du tourisme a vu 200 de ses hôtels et restaurants frappés par les inondations auquel s’ajoute un assèchement des flux touristiques.

Banque Mondiale