Ce document de travail propose une revue de la littérature actuelle sur les canaux par lesquels le changement climatique et la transition bas-carbone touchent les trois composantes de la croissance potentielle, travail, capital et productivité globale des facteurs. Deux exercices de modélisation sont également présentés, portant spécifiquement sur les effets de la transition en France via la recherche et développement et les investissements en décarbonation pour les entreprises.

La série des Documents de Travail présente des travaux menés au sein de la DG Trésor, diffusés dans le but d’éclairer et stimuler le débat public. Ces travaux n’engagent que leurs auteurs.

 

Le changement climatique et la transition bas-carbone sont susceptibles d’avoir des répercussions sur les déterminants de la croissance potentielle que sont le travail, le capital et la productivité globale des facteurs. Moins son ampleur sera maîtrisée, plus le changement climatique aura un impact négatif significatif sur la croissance potentielle, via ces trois canaux. La transition bas-carbone permet de limiter cet impact négatif, mais ce faisant elle aura aussi un effet sur la croissance potentielle, transitant principalement par la productivité globale des facteurs dans le cas de pays développés comme la France : celle-ci serait réduite à court terme en raison d’une hausse des coûts de production des entreprises liée au renchérissement du prix (explicite ou implicite) du carbone mais aussi d’une réorientation de la recherche et développement en faveur de l’efficacité énergétique et des énergies et procédés bas carbone. Son impact à long terme sur la productivité est plus incertain, dépendant de la capacité des innovations vertes à générer des gains de productivité. Afin d’évaluer les effets de la transition sur la R&D, un nouveau modèle, Mouette, tenant compte des possibilités de réallocation entre trois types de dépenses de R&D (pour améliorer la productivité des secteurs des énergies fossiles, des énergies décarbonées, ou productif) a été développé. La croissance de la productivité ralentirait de 0,15 p.p. par an jusqu’en 2050 en raison de l’éviction de la R&D correspondante, et de 0,2 p.p. au total, en ajoutant l’effet de l’éviction des investissements hors R&D.

 

 

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