Flash Conjoncture Pays avancés – La croissance américaine a été portée par l’IA au 1er semestre 2026
Après une année 2025 résiliente (+2,1 %), portée par la demande intérieure privée[1], l’économie américaine est restée dynamique sur les deux premiers trimestres en 2026 (respectivement +0,5 % et +0,4 % pour un acquis de croissance à +1,7 %, cf. Graphique 1). Au 1er semestre 2026, la demande intérieure privée est demeurée le principal moteur de la croissance, de plus en plus concentrée autour du secteur technologique, mais également soutenue par le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA).
Le dynamisme de l’investissement des entreprises (+2,6 %, puis +2,1 %), tiré par l’essor de l’IA, a porté la croissance de l’activité au 1er semestre 2026 (cf. Graphique 2). En particulier, l’investissement dans les secteurs liés au boom de l’IA contribue à l’essentiel de la croissance du PIB aux 1er et 2e trimestres 2026 (respectivement à hauteur de +0,4 pt sur une croissance du PIB de +0,5 %, et +0,2 pt sur +0,4 %).
Le commerce extérieur a pesé sur la croissance du PIB aux 1er et 2e trimestre 2026 (−0,1 pt puis −0,3 pt), dans un contexte de forte hausse des importations liées à l’IA, malgré le dynamisme des exportations soutenues par la dépréciation passée du dollar. Contrepartie à la forte hausse de l’investissement des entreprises, les importations liées à l’IA ont bondi au 1er semestre 2026 (+30 % par rapport au 2nd semestre 2025, contre −1 % pour les biens hors IA, données en valeur non-cvs).
La consommation des ménages, quasi atone au 1er trimestre, a fortement rebondi au 2e trimestre, à la faveur des remboursements exceptionnels d’impôts fédéraux qui ont permis d’atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie (cf. Graphique 3). Au 1er trimestre, la consommation des ménages avait calé (+0,1 %, après +0,5 % au 4e trimestre 2025). Cette contreperformance s’explique par une progression nulle des salaires réels pour le 2e trimestre d’affilée et un regain de l’inflation en mars (+3,3 %, après +2,4 % en février) lié à la hausse brutale des prix de l’énergie en raison du conflit au Proche et au Moyen-Orient. Au 2e trimestre, la consommation des ménages s’est nettement redressée (+0,9 %), soutenue par une hausse ponctuelle des remboursements d’impôts fédéraux au titre de l’année précédente prévue dans l’OBBBA (en hausse de +18,1 % au 8 mai par rapport à la même période cumulée en 2025, à 325 Md$, soit 1,1 % du PIB annuel en valeur en 2025[2]). Essentiellement versés au 1er trimestre, ils ont contribué pour près du tiers à la hausse du revenu disponible brut des ménages et ainsi permis de soutenir la consommation, malgré la hausse de l’inflation.
Par ailleurs, les remboursements de droits de douane indument perçus par l’administration fédérale, suite à l’annulation par la Cour suprême en février 2026 des mesures tarifaires adoptées sous l’égide de l’IEEPA, pourraient représenter un autre facteur de soutien à la demande intérieure aux États-Unis, dégradant néanmoins en miroir les finances publiques. Selon les rapports mensuels du Trésor américain[3], les autorités fédérales ont remboursé 104 Md$ aux importateurs américains entre mai et juillet (sur un total éligible d’environ 165 Md$, soit 0,5 % du PIB annuel 2025). L’impact de ce revenu supplémentaire sur l’activité dépendra des stratégies des entreprises, ces dernières pouvant l’utiliser pour reconstituer des marges comprimées par l’absorption partielle du choc tarifaire, pour augmenter leurs investissements ou encore baisser leurs prix de vente. Selon une estimation d’Apollo Global Management[4], ces remboursements contribueraient à hauteur de +0,05 pt sur les +1,1 % de croissance prévue au 3e trimestre 2026 par le GDP Now de la Fed d’Atlanta (révisée à +1,2 % depuis).
[1] Mathieu Pellerin, « Les facteurs de la résilience de l’économie américaine en 2025 », DG Trésor, 13 avril 2026.
[3] Monthly Treasury Statement (MTS), FiscalData, juillet 2026.
[4] Torsten Slok, « Tariff Refunds Boosting Growth », Apollo Global Management, 15 août 2026.