La résilience de la croissance américaine en 2025 (+2,1 %, après +2,8 % en 2024) s'explique par l'impact plus limité qu’anticipé de la politique commerciale, la dépréciation du dollar, le boom du secteur technologique en lien avec l’intelligence artificielle, le maintien des gains de productivité à un niveau élevé, l’assouplissement monétaire de la Fed et l’adoption de la loi budgétaire One Big Beautiful Bill Act en juillet 2025.

L’économie américaine s’est montrée plus résiliente qu’anticipé (+2,1 %, après +2,8 % en 2024, cf. Graphique 1), en dépit de la hausse prononcée des droits de douane, du regain d’incertitude lié à la politique américaine et du fort ralentissement de la demande publique. Le dynamisme de la consommation privée, qui représente 68 % du PIB américain en 2024, a particulièrement surpris (contribution de +1,8 pt à la croissance). En outre, en dépit d’une forte hausse des importations au 1er trimestre 2025 en anticipation de la hausse des droits de douane, la contribution du commerce extérieur à la croissance a été moins négative que prévu (−0,2 pt). Enfin, la robustesse de l’investissement des entreprises (+0,6 pt de contribution à la croissance) a également surpris. 

  Décomposition de la croissance du PIB des États-Unis par composante

 

Cette résilience s’explique tout d’abord par un impact plus limité qu’anticipé de la politique commerciale américaine, en raison notamment d’exemptions élargies et des accords bilatéraux signés, qui ont conduit à une baisse du taux effectif moyen. Par ailleurs, certaines stratégies des entreprises américaines (stockage préventif, effort de marge, diversification de leurs fournisseurs, recours accru aux exemptions et aux taux réduits permis par les accords commerciaux préférentiels) ont permis de limiter l’impact des mesures tarifaires.

En outre, la forte dépréciation du dollar en 2025 liée à l’incertitude sur la politique américaine a soutenu les exportations et pénalisé les importations. Cette dépréciation inattendue, à rebours des prévisions de la théorie économique, a permis de soutenir les exportations américaines. En outre, la stabilité de l’indice des prix à l’importation aux États-Unis, qui inclut l’effet change mais n’inclut pas les droits de douane, indique que les exportateurs étrangers n’ont absorbé qu’une partie du double choc de compétitivité.

Dans un modèle de « croissance en K » de l’économie américaine, le boom du secteur technologique en lien avec l’intelligence artificielle (IA) a soutenu la demande intérieure. Selon les services du FMI[1], le dynamisme des investissements technologiques, dont ceux tirés par l’IA en 2025 (cf. Graphique 2), ont contribué à hauteur de +0,5 pt à la croissance. Par ailleurs, la consommation privée, qui dépend de plus en plus des ménages les plus aisés depuis la reprise post-Covid, a été soutenue par un effet de richesse bénéficiant aux détenteurs d’actifs financiers, alors que les valorisations boursières des entreprises de la Tech se sont envolées.

  Investissements des entreprises liés aux nouvelles technologies aux États-Unis

 

Le maintien des gains de productivité à un niveau supérieur à leur tendance pré-Covid aux États-Unis soutient également l’activité. Selon les données du BLS, en cumul sur les trois dernières années, la productivité aurait progressé de +2,4 % par an.

Enfin d’autres facteurs ont soutenu la demande intérieure aux États-Unis : (i) l’assouplissement monétaire de la Fed et (ii) l’adoption de la loi budgétaire One Big Beautiful Bill Act en juillet 2025, qui a soutenu l’activité dès le 2nd semestre 2025, en pérennisant et renforçant plusieurs dispositions du Tax Cuts and Jobs Act de 2017.

[1] Article IV États-Unis, FMI, avril 2026.