Inde

La production industrielle de l'Inde accélère à 7,3 % en juin, contre 5 % en mai

La production industrielle (IIP) a progressé de 7,3 % en juin 2026, contre 5 % en mai, atteignant son plus haut niveau en 23 mois, selon les données de l'Office national des statistiques. La croissance a été tirée par le secteur manufacturier (+7,8 %), l'électricité et le gaz (+10,6 %), tandis que les mines et carrières n'ont progressé que de 1 %. Au sein du secteur manufacturier, 19 des 23 groupes industriels ont enregistré une croissance positive, les segments les plus dynamiques étant les équipements électriques (+34 %), les véhicules motorisés (+17,5 %) et les produits alimentaires (+10,8 %).

Cette accélération, selon les économistes, reflète une reprise généralisée dans les quatre secteurs de l'IIP, bien que partiellement portée par un effet de base modéré. Les biens d'équipement ont enregistré une croissance à deux chiffres pour le troisième mois consécutif, tandis que les biens d'infrastructure/construction ont progressé de 7,5 %, signe d'une activité d'investissement robuste, favorisée par l'apaisement des tensions en Asie de l'Ouest ainsi que par le déficit pluviométrique de juin, qui a prolongé la période propice à l'activité industrielle.

Les exportations d'ingénierie progressent de 21 %, portées par la Chine

Les exportations indiennes de biens d'ingénierie ont progressé de 21 % en juin, à 11,48 Mds USD, tirées par la demande de la Chine, des États-Unis, de l'Allemagne et d'Oman, selon EEPC India. Les expéditions vers la Chine ont grimpé de 74 % sur un an, à 361,47 M USD. Cette croissance offre un amortisseur au commerce extérieur indien, sous pression face à la hausse des coûts de fret et de transit liée aux perturbations en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz.

Sur le premier trimestre de FY27, ces exportations plus d'un quart du total des exportations de marchandises de l'Inde ont augmenté de 18 %, à 34,14 Mds USD. Le secteur reste résilient malgré la crise en Asie de l'Ouest, selon EEPC India, qui appelle à un soutien gouvernemental continu.

Bangladesh

Un incident sur une unité de regazéification déclenche de fortes perturbations d’approvisionnement en gaz

L’arrêt de l’une des deux unités flottantes regazéification (FSRU) du pays, exploitée par Excelerate Energy à Maheshkhali, a provoqué une crise majeure d’approvisionnement en gaz. L’incident, survenu après un incendie le 21 juillet dernier, a retiré environ 500 millions de pieds cubes de gaz par jour (mmcfd) du réseau national, faisant chuter l’offre totale à 2300 mmcfd pour une demande d’environ 4000 mmcfd. Selon le ministre de l’Énergie, les réparations devraient nécessiter 10 à 15 jours, maintenant de fortes tensions sur l’ensemble du réseau.

Les conséquences sont particulièrement marquées dans les zones industrielles autour de Dhaka, où la pression du gaz a chuté, contraignant de nombreuses usines à ralentir ou suspendre leur production. Les professionnels du secteur estiment qu'environ 40 % des unités industrielles fonctionnent actuellement à capacité réduite ou sont temporairement à l'arrêt. La crise affecte également les centrales électriques, les stations pour certains véhicules et les ménages, provoquant des coupures d'approvisionnement, des files d'attente pour les carburants et une hausse des coûts de production.

Cet épisode met en évidence la vulnérabilité du système gazier bangladais, désormais fortement dépendant du GNL importé, qui représente 35 à 40 % de l'approvisionnement national. Le gouvernement cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement en GNL, à renforcer ses capacités de stockage stratégique et à accroître le nombre de FSRU. Le comité pour les affaires économiques vient ainsi d’approuver la construction d'une troisième unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) à Moheshkhali, qui sera développée par une entreprise chinoise dans le cadre d'un accord intergouvernemental. Le terminal, d'une capacité de 600 mmcfd et devrait entrer en service d'ici trois ans.

Le gouvernement vise 63,4 Mds USD d’exportations en 2026-27, une hausse espérée de 15%

Le gouvernement s’est fixé un objectif d’exportations de 63,4 Mds USD pour l’exercice 2026-27, soit une progression de 15 % par rapport aux 55,1 Mds USD enregistrés en 2025-26 (biens et services). La cible comprend 55,2 Mds USD d’exportations de marchandises et 8,2 Mds USD d’exportations de services. Cet objectif marque un net relèvement des ambitions après un exercice 2025-26 décevant, au cours duquel les exportations de biens avaient reculé de 0,6 % à 48 Mds USD, restant sensiblement en deçà de la cible gouvernementale.

Le gouvernement entend soutenir cette accélération en misant sur la diversification des exportations, alors que le secteur de l’habillement représente encore près de 85 % des recettes d’exportation. Les secteurs du cuir, de la construction et réparation navales, de l’ingénierie légère et des technologies de l’information ont été identifiés comme prioritaires.

Les autorités comptent également sur la conclusion d’accords commerciaux avec plusieurs partenaires, notamment la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et le Japon, ainsi que sur le maintien des préférences commerciales accordées au Bangladesh pendant la période de transition suivant le report de la sortie de la catégorie des PMA.

Le ministre du Commerce a toutefois reconnu que les pénuries d’énergie demeuraient l’un des principaux freins à la compétitivité des exportateurs. Le gouvernement prévoit notamment la mise en service de deux nouvelles unités flottantes de regazéification (FSRU) afin de sécuriser l’approvisionnement en GNL des industries exportatrices.

Les réserves de change brutes ont atteint 37,6 Mds USD fin juin, au plus haut depuis septembre 2022

D’après les dernières données de la Banque centrale, les réserves de changes brutes ont atteint un niveau que le pays n’avait plus connu depuis septembre 2022 après le déclenchement de la crise de change sur fond de hausse des prix alimentaires et énergétiques liée à la guerre en Ukraine. Les réserves atteignent ainsi 37,6 Mds USD fin juin, contre 31,7 Mds USD un an auparavant. D’après la définition BPM6 plus contraignante, elles s’élèvent à 32,9 Mds USD soit près de 4 mois d’importations. Pour rappel, les réserves avaient atteint un creux à 18,6 Mds USD en novembre 2024.

Le Ministère des Finances prévoit une consolidation graduelle des réserves, à 41 Mds USD d’ici à la fin de l’année fiscale.

Le taux d'exécution des investissements publics tombe à son plus bas niveau

Les dépenses d’investissement public ont fortement ralenti en 2025-26, alimentant les inquiétudes sur les perspectives de croissance. À fin mai, les ministères et agences n’avaient exécuté que 48 % du Programme annuel de développement (ADP) révisé, soit 1 010 Mds Tk (≈ 7,2 Mds EUR) sur une enveloppe de 2 090 Mds Tk (≈ 14,9 Mds EUR). L’ADP avait pourtant déjà été réduit en cours d’année, passant de 2 380 Mds Tk à 2 090 Mds Tk afin de tenir compte des difficultés d’exécution.

Cette dégradation s’inscrit dans une tendance de fond. Le taux d’exécution de l’ADP est passé de 92,7 % en 2021-22 à 85,2 % en 2022-23, 80,6 % en 2023-24, puis 68,2 % en 2024-25. Les économistes y voient l’une des principales causes du ralentissement de l’économie, la faiblesse des investissements publics pesant sur l’activité, l’emploi et les commandes adressées au secteur privé. Le budget 2026-27 prévoit un rebond des dépenses, avec un budget de l’ADP à 3 000 Mds Tk (+30%).

S&P dégrade la perspective du Bangladesh à « négative », en conservant sa note à B+

S&P Global Ratings a révisé la perspective associée à la note souveraine du Bangladesh de « stable » à « négative », tout en confirmant sa notation de long terme à B+. L'agence justifie cette décision par la montée des risques pesant sur l'économie, notamment la fragilité persistante du secteur bancaire, les marges de manœuvre budgétaires limitées, un environnement extérieur incertain et la perspective d'une reprise économique plus lente qu'anticipé.

Cette décision intervient après la révision à la perspective négative opérée par Fitch en mai, confirmant les préoccupations des agences de notation quant aux vulnérabilités macrofinancières du Bangladesh.

Sri Lanka

Le Sri Lanka obtient un taux réduit dans le cadre des nouvelles mesures tarifaires américaines

Les États-Unis appliqueront un droit de douane additionnel de 10 % aux importations en provenance du Sri Lanka. Le pays figure parmi les 17 économies classées dans la catégorie à 10 %, tandis que les 43 autres économies concernées se verront appliquer un taux de 12,5 %. Selon l'Office of the United States Trade Representative (USTR), cette différenciation tient notamment à l'adoption récente par le gouvernement sri-lankais d'une interdiction d'importer des biens produits au moyen du travail forcé. Cette décision devrait renforcer la compétitivité relative des exportations sri-lankaises de textile, principal secteur exportateur du pays et première catégorie d'exportations vers les États-Unis, vis-à-vis des concurrents soumis au taux de 12,5 %, notamment le Vietnam. Son effet devrait toutefois rester limité, le Bangladesh et l'Inde, deux concurrents régionaux du Sri Lanka sur le marché américain, étant eux aussi classés dans la catégorie à 10 %.

Vingt-et-une entreprises visées par une enquête sur des transferts illicites de devises

Le Criminal Investigation Department (CID) a indiqué devant le magistrat en chef de Colombo que 21 grandes entreprises sont désormais visées par une enquête portant sur un système présumé de transferts illicites de devises à l'étranger sous couvert d'importations fictives, pour un montant supérieur à 190 Mds LKR (environ 700 MUSD). À ce stade, six entreprises ont été identifiées, tandis que les investigations se poursuivent. Selon le CID, plus de 10 000 virements internationaux auraient été effectués sans qu'aucune importation correspondante n'ait été enregistrée auprès des douanes.

S&P confirme la note souveraine du Sri Lanka à « CCC+ » malgré les conséquences de la guerre au Moyen-Orient 

S&P Global Ratings a confirmé la notation souveraine de long terme du Sri Lanka à « CCC+ », assortie d'une perspective stable, estimant que la reprise économique et la progression soutenue des recettes publiques continuent de soutenir l'assainissement budgétaire, malgré un environnement extérieur plus défavorable. L'agence anticipe cependant un ralentissement de la croissance à 3,8 % en 2026 (après 5 % en 2025) en raison de la hausse de la facture énergétique, des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient et de leurs effets sur le tourisme et les transferts de fonds. S&P anticipe également une dégradation de la position extérieure, causée par la hausse des importations, la baisse des réserves de change et le risque d'un déficit courant de 1,7 % du PIB en 2026.

 

Maldives

Le dollar atteint un niveau record sur le marché parallèle

Selon plusieurs médias locaux, le taux de change du dollar sur le marché parallèle a dépassé 21,70 MVR pour la première fois, soit un niveau d'environ 41 % supérieur au taux de change officiel, maintenu à 15,42 MVR par la Maldives Monetary Authority (MMA). Cette évolution reflète la persistance des tensions sur le marché des changes, dans un contexte de fortes échéances de dette extérieure, de besoins élevés en devises pour les importations et d'insuffisance des entrées de capitaux. Les difficultés d'accès aux devises contraignent les importateurs à acquérir des dollars à des taux nettement supérieurs au taux officiel, y compris pour effectuer des virements bancaires internationaux.