Au 1er semestre 2026, la France a enregistré un solde record pour les exportations nettes d’électricité. Cette performance s'explique par le retour à un haut niveau de production d’électricité, soutenu par la montée en cadence du parc nucléaire, tandis que la consommation nationale restait contenue. Ce record confirme que la France dispose d’un avantage énergétique important grâce à son mix électrique largement décarboné, dominé par le nucléaire et complété par les énergies renouvelables.

Au 1er semestre 2026, la France a enregistré un nouveau record d'exportations nettes d’électricité, à 51 TWh, soit presque autant que sur toute l’année 2019 (55,7 TWh). Le solde se hisse ainsi au plus haut niveau historique pour un 1er semestre. Le solde total est resté exportateur chaque mois, et les échanges ont été excédentaires avec la plupart des pays frontaliers, à l’exception de l’Espagne sur les trois premiers mois de l’année. L’année 2026 semble donc bien engagée, dans le prolongement du record atteint en 2025 avec un solde exportateur net d’électricité de 92,3 TWh, déjà supérieur au précédent record de 2024, à 89 TWh.

Graphique 1 : Echanges d’électricité au cours des premiers semestres en France (TWh)

Echanges d’électricité au cours des premiers semestres en France (TWh)

 

Cette performance s'explique principalement par le retour à un haut niveau de production d’électricité, soutenue par la montée en cadence du parc nucléaire (cf. graphique 2). Sur le 1er semestre 2026, la production d’électricité s’est établie à 285 TWh, en hausse par rapport aux premiers semestres de 2025 et 2024 (respectivement 272 TWh et 274 TWh). Cette hausse a été permise par une amélioration de la disponibilité du parc nucléaire, dont la disponibilité moyenne (part moyenne de la puissance installée disponible) a atteint 73,8 % au 1er semestre 2026, un niveau supérieur à ceux de 2025 (72,6 %) et de 2024 (69,7 %), mais toujours en retrait par rapport à la moyenne observée sur la période 2015-2019 (80,4 %). Si une hausse de la disponibilité du parc nucléaire ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente de la production, la production d’électricité d’origine nucléaire a bien augmenté par rapport aux semestres précédents (190 TWh au 1er semestre 2026, après 182 TWh en 2025 et 177 TWh en 2024). Par ailleurs, la hausse de la production a également été soutenue, dans une moindre mesure, par la production solaire, qui a atteint 19,2 TWh au 1er semestre 2026, après 16,2 TWh en 2025 et 12,0 TWh en 2024.

Graphique 2 : Production mensuelle brute d’électricité nucléaire

Production mensuelle brute d’électricité nucléaire

Note de lecture : La production nucléaire de mai 2026 a été inférieure de 7 % à la moyenne des mois de mai 2017-2019, et celle de juin 2026 de 1 % à celle des mois de juin 2017-2019. Toutefois, la montée en puissance du photovoltaïque réduit les besoins de production nucléaire en journée, notamment au printemps et en été, ce qui conduit à une modulation plus importante du parc.

 

Cette performance tient également à une consommation nationale toujours contenue. La consommation électrique reste en effet inférieure à ses niveaux d’avant-crise. RTE relevait ainsi qu’en 2025 la consommation électrique (données brutes) s’élevait à 446 TWh (après 442 TWh en 2024), et contre une moyenne 2015-2019 de 477 TWh. Cette dernière s’établit à 229 TWh au 1er semestre 2026.

Ce nouveau record confirme que la France dispose d’un avantage énergétique important grâce à son mix électrique largement décarboné, dominé par le nucléaire et complété par les énergies renouvelables. Cet avantage permet de réduire l’influence du prix du gaz sur les prix de gros de l’électricité français, un avantage structurel par rapport aux autres pays européens, dans lesquels les prix de l'électricité sont encore largement corrélés aux coûts de production des centrales à gaz. Cette position contribue à améliorer le solde extérieur d’électricité français.