L’emploi salarié non agricole a fortement augmenté au 1er semestre 2026 aux États-Unis, après un 2nd semestre 2025 marqué par une stagnation (cf. Graphique 1). Les créations nettes d’emploi au 1er semestre 2026 (+92 000 en moyenne mensuelle) atteignent leur plus haut niveau depuis le 1er semestre 2024 (+140 000). Ce rebond est d’autant plus notable qu’il fait suite à un 2nd semestre 2025 ayant connu de légères destructions nettes d’emplois (−8 000), sans précédent depuis 2008 hors période de récession, et qu’il met fin à huit semestres d’affilée de ralentissement de l’emploi non agricole.  

Variation mensuelle de l'emploi non agricole aux Etats-Unis

 

Le dynamisme de l’emploi salarié non agricole est notamment porté par l’arrêt des destructions d’emploi dans la fonction publique et la résilience du secteur de la santé. Alors que l’emploi dans la fonction publique s’était fortement contracté au 2nd semestre 2025 (−40 000 en moyenne mensuelle), en lien avec la réduction des effectifs fédéraux impulsée par l’administration Trump-II, elles repartent en légère hausse en 2026 (+4 000), portées par la progression de l’emploi dans les États fédérés et les collectivités locales. Le secteur des services professionnels (conseils, informatique, services aux entreprises) voit l’emploi progresser (passant de −8 000 à +23 000), en lien avec une forte reprise des offres d’emploi après un point historiquement bas depuis 2012 atteint en décembre 2025. Le transport et stockage voit également ses créations d’emploi augmenter (de −17 000 à +8 000). Le secteur de la santé et de l’action sociale est résilient au 2nd semestre (avec +53 000 créations nettes d’emploi en moyenne mensuelle, après +52 000).

Les créations d’emplois non agricoles font l’objet de révisions jusqu’à un an après leur première publication (cf. Graphique 2a). Depuis la période post-Covid, les créations d’emplois sont régulièrement et substantiellement révisées. Et depuis 2023, celles-ci sont systématiquement revues à la baisse. En particulier, pour l’année 2025, les premières estimations mensuelles ont été révisées de −91 000 créations nettes d’emplois en moyenne par mois (dont −58 000 lors des révisions opérées durant les deux mois suivants la primo-publication et −33 000 dans le cadre du Benchmark annuel définitif publié par le BLS en février 2026[1]).

Le dynamisme des créations d’emplois salariés au 1er semestre, selon l’enquête des entreprises, est difficile à réconcilier avec la stabilité du taux de chômage et le fort déclin de la population active, estimés à partir de l’enquête auprès des ménages (cf. Graphique 2b)[2]. Deux facteurs pourraient expliquer la déconnexion sur le 1er semestre 2026 entre la baisse de l’emploi total selon l’enquête auprès des ménages et la hausse de l’emploi salarié non-agricole selon l’enquête auprès des entreprises. D’une part, le BLS réalise annuellement une révision des estimations de population active qui sont intégralement imputées sur l’évolution de l’emploi au mois de janvier de l’année suivante. En excluant cette révision, la contraction de la population active au 1er semestre 2026 apparaît nettement plus modeste (−120 000 en moyenne mensuelle, contre −356 000). D’autre part, selon certains économistes, l’offre de travail pourrait être sous-estimée car sa mesure en temps réel est compliquée par la forte variation des flux migratoires observée en période post-Covid[3]. Les révisions annuelles de population active avant 2019 étaient ainsi moindres (de 417 000 personnes en moyenne absolue par an entre 2015 et 2019, contre −1,4 million pour 2025, et +2,1 millions pour 2024). 

 Révision de la variation mensuelle moyenne de l'emploi non agricole

 Variation mensuelle moyenne de l'emploi selon l'échantillon sondé

 

[1] « BLS Establishment Survey National Estimates Revised to Incorporate March 2025 Benchmarks », BLS, février 2026.

[2]  Les données relatives au niveau de la population active et au taux de chômage sont établies à partir d’une enquête menée auprès de ménages (Current Population Survey) et incluent les travailleurs agricoles et les non-salariés. Ces estimations font l’objet d’une révision annuelle appliquée sur le mois de janvier de l’année suivante. L’indicateur des créations d’emplois salariés non agricoles provient quant à lui d’une enquête réalisée auprès d’un échantillon d’entreprises (Current Employment Statistics survey). Celui-ci est révisé de manière rétroactive et plus fréquente : (i) lors des deux publications mensuelles suivantes et (ii) à l’occasion du benchmark annuel, dont les résultats définitifs, couvrant l’année écoulée, sont connus en février.

[3] « The Great American Job-Creation Machine Comes Back to Life », The Wall Street Journal, juin 2026