Flash conjoncture France - Les nouveaux indicateurs de climat des affaires à la Banque de France : des signaux plus réactifs pour le diagnostic conjoncturel
La Banque de France a rénové les indicateurs du climat des affaires qu’elle publie à partir de son enquête mensuelle de conjoncture. L’objectif est de disposer d’indicateurs résumant les informations contenues dans l’enquête mais davantage directement liés à l’évolution de l’activité, plus lisibles dans leur construction et moins inertiels. Par rapport aux anciens indicateurs de climat des affaires, ils permettent notamment de détecter plus rapidement les inflexions de l’activité.
La Banque de France a rénové les indicateurs du climat des affaires qu’elle publie à partir de son enquête mensuelle de conjoncture. L’objectif est de disposer d’indicateurs résumant les informations contenues dans l’enquête mais davantage directement liés à l’évolution de l’activité, plus lisibles dans leur construction et moins inertiels. Par rapport aux anciens indicateurs de climat des affaires, ils permettent notamment de détecter plus rapidement les inflexions de l’activité.
Les climats des affaires de la Banque de France sont calculés pour les trois grands secteurs (industrie, services marchands, bâtiment). Ils reposent sur les soldes d’opinion issus de l’enquête mensuelle de conjoncture, menée entre la dernière semaine d’un mois et la première semaine du mois suivant auprès de 8 500 dirigeants d’entreprises. Ces derniers sont interrogés sur l’évolution de leur production, de leur trésorerie, de leur carnet de commandes, de leurs effectifs, de leurs prix, mais aussi sur leurs anticipations pour le mois à venir et sur les contraintes rencontrées (approvisionnement, recrutement, etc.). Pour chaque question, un solde d’opinion est calculé comme la différence entre la part des entreprises déclarant une amélioration et celle déclarant une dégradation.
La principale évolution méthodologique concerne la manière dont les soldes d’opinion sont agrégés en un indicateur synthétique :
- L'ancienne méthode reposait sur une analyse en composantes principales (ACP), qui consistait à extraire, parmi les différents soldes d’opinion de l’enquête, le facteur commun qui résume le mieux leurs mouvements d’ensemble. Autrement dit, l’indicateur cherchait avant tout à synthétiser l’information contenue dans l’enquête elle-même. L’ancienne approche présentait deux limites pour l’analyse conjoncturelle : les pondérations issues de l'ACP étaient peu lisibles, en faisant intervenir des soldes parfois peu liés à l'activité économique immédiate, et le lissage des données d’enquêtes sur cinq mois tendait à atténuer et à retarder les retournements de cycle.
- La nouvelle méthode vise désormais, pour l’industrie et les services, à construire un indicateur en retenant les soldes d’opinion les plus utiles pour rendre compte de l’activité. Concrètement, la Banque de France ne cherche plus seulement à résumer l’information commune contenue dans les enquêtes, mais sélectionne et pondère les soldes d'opinion en fonction de leur capacité à éclairer l’évolution de l'activité réelle, mesurée par l’indice de production industrielle (IPI) pour l’industrie et par l’indice de production des services (IPS) pour les services marchands[1]. Pour le bâtiment, faute d'indicateur mensuel de référence suffisamment adapté, la méthode antérieure par ACP est conservée, mais le lissage sur cinq mois est supprimé. Par ailleurs, les nouveaux indicateurs se lisent comme les anciens : 100 correspond à une situation normale, au voisinage de la moyenne de long terme, avec un écart type de 10 (inchangé). En revanche, les nouveaux indicateurs réagissent davantage aux évolutions d’un mois à l’autre, car ils ne sont plus lissés (cf. graphique 1). Ils peuvent donc mieux signaler une inflexion rapide de l’activité, mais aussi apparaître un peu plus volatils à court terme. Pour compléter ces indicateurs bruts qui reflètent des signaux conjoncturels immédiats, la Banque de France publie également leurs tendances qui décrivent davantage le cycle économique.
Graphique 1 : Climats des affaires sectoriels de la Banque de France
L’autre nouveauté clé est la parution d’un indicateur agrégé du climat des affaires, qui synthétise l'information issue des trois enquêtes de conjoncture sectorielles de la Banque de France (industrie, services marchands, bâtiment), alors que jusqu’à présent, ils étaient disponibles séparément. Il est construit comme une moyenne pondérée des trois indices sectoriels rénovés et hérite ainsi directement des propriétés de ses composantes, soit une moyenne de 100 et une plus grande réactivité aux inflexions mensuelles de l’activité.
Cet indicateur agrégé semble mieux refléter les variations du PIB trimestriel en comparaison de l’indice calculé auparavant par la DG Trésor comme un indice composite de deux indicateurs sectoriels (services et industrie), notamment au regard des trimestres de croissance soutenue en 2017, les fortes variations de l’activité en 2020, ainsi que la croissance qu’a connue la France au cours des derniers trimestres, alors que l’ancien indicateur était très dégradé (cf. graphique 2).
Graphique 2 : Nouveau climat des affaires agrégé et ancien indice composite de la Banque de France, comparés à la croissance trimestrielle du PIB
[1] La méthode utilisée est celle des moindres carrés partiels. Comme l’ACP, elle construit une composante synthétique à partir de plusieurs soldes d’opinion corrélés entre eux. Mais la différence centrale est que l’ACP cherche la composante qui résume le mieux les variations communes des soldes d’opinion, sans tenir compte d’une variable extérieure, tandis que les moindres carrés partiels cherchent une moyenne pondérée des soldes qui explique le mieux la variable cible.