Selon les résultats détaillés du 1er trimestre, la contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB a fortement reculé (−0,9 pt), après avoir été fortement positive au 2nd semestre 2025 (+0,7 pt au 4e trimestre, après +0,6 pt au 3e trimestre). Cette contribution négative a toutefois eu pour contrepartie une contribution très positive des variations de stocks (+1,0 pt), si bien que l’effet net sur la croissance du PIB a été légèrement positif. L’acquis de contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB pour 2026 est négatif (−0,2 pt, après −0,2 pt en 2025).

La contribution négative du commerce extérieur au 1er trimestre s’explique par la forte baisse des exportations (−3,5 %, après +0,9 %), en lien notamment avec les retards de livraisons aéronautiques. Les exportations de matériels de transports ont notamment reculé de −18,8 %, après +4,6 %. Les difficultés d’approvisionnement en moteurs[1] ont conduit à des reports de livraisons : seuls 114 avions ont été livrés au 1er trimestre 2026, contre 136 sur la même période en 2025. Il s’agit du chiffre le bas sur un trimestre depuis au moins 2016 (2020 y compris). Or, en comptabilité nationale, la production d’un avion est enregistrée comme une hausse des stocks jusqu’à sa livraison. Lors de la livraison des avions à des non-résidents, cela se traduit par une hausse des exportations accompagnée par une baisse équivalente des stocks.

Plusieurs éléments laissent désormais attendre une accélération des livraisons aéronautiques, qui soutiendraient les exportations sur le reste de l’année. D’abord, les chiffres d’avril et de mai sont meilleurs, avec 81 livraisons en mai après 67 en avril (cf. graphique 1), permettant à Airbus de rattraper dès mai les livraisons cumulées depuis le début d’année par rapport à 2024. Ensuite, les problèmes de fuselage rencontrés fin 2025 devraient également arrêter de peser sur les livraisons d’ici la fin du 2e trimestre. Par ailleurs, les contraintes administratives qui empêchaient la livraison d’une vingtaine d’appareils vers la Chine ont été levées. Enfin, malgré des difficultés d’approvisionnement qui devraient « se lever progressivement jusqu’à fin 2027 », l’avionneur a confirmé lors de la présentation de ses résultats trimestriels, son objectif de livrer environ 870 appareils en 2026 (cf. graphique 2).

Graphique 1 : Livraisons d’Airbus dans le monde (nombre d’avions, cumul sur l’année)

Graphique 1 : Livraisons d’Airbus dans le Monde (nombre d’avions, cumul sur l’année)

Graphique 2 : Livraisons mondiales d’avions civils par Airbus

Graphique 2 : Livraisons mondiales d’avions civils par Airbus

Ainsi, après le coup d’arrêt marqué par l’économie française au 1er trimestre 2026 (−0,1 %) et les mauvaises performances du commerce extérieur, les exportations aéronautiques devraient désormais soutenir le commerce extérieur français et contribuer positivement à la croissance.

 

[1] Depuis la découverte en 2023 de défauts de qualité sur ses moteurs, le motoriste américain Pratt & Whitney peine à tenir ses engagements de livraisons en raison des inspections répétées et des réparations nécessaires.