Flash Conjoncture Pays avancés - Des exportations énergétiques records aux États-Unis
Dans un contexte de production énergétique record et de consommation intérieure stable depuis 20 ans, les États-Unis ont réduit leur dépendance extérieure pour devenir exportateurs nets depuis 2019. Les tensions géopolitiques récentes (guerres en Ukraine et au Moyen-Orient) ont stimulé la demande extérieure en produits énergétiques adressée aux États-Unis.
La production d’énergie primaire aux États-Unis, dont la structure s’est profondément transformée en 20 ans, atteint des niveaux records (cf. Graphique 1). En 2025 et pour la quatrième année d’affilée, la production d’énergie aux États-Unis a atteint un niveau record, progressant de +3,4 %, à 107 000 milliards d’unités thermiques britanniques (Md BTU). Le dynamisme de la production de gaz naturel, qui a contribué aux deux tiers de la hausse de la production totale en 2025, est une tendance observable depuis la fin des années 2000. Elle a permis, de concert avec celle de pétrole brut, et plus modestement de la production d’énergie issue des énergies renouvelables, de pleinement compenser la baisse de plus de moitié de la production de charbon sur la même période.
Dans un contexte de consommation énergétique intérieure stable depuis 20 ans, les États-Unis ont réduit leur dépendance extérieure pour devenir exportateurs nets depuis 2019. Alors qu’ils enregistraient un déficit énergétique de −32 000 Md BTU en 2005, les États-Unis affichent désormais un excédent de +11 000 Md BTU. En 2025, ils sont exportateurs nets de produits pétroliers (+8 000 Md BTU), de gaz naturel (+6 000 Md BTU) et de charbon (+2 000 Md BTU), tout en restant importateurs nets de pétrole brut (−5 000 Md BTU).
Les tensions géopolitiques récentes ont stimulé la demande extérieure en produits énergétiques adressée aux États-Unis. D’une part, les exportations américaines ont bénéficié des efforts entrepris par les pays de l’Union européenne afin de substituer les approvisionnements énergétiques en provenance de Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Concomitamment au déclin du poids de la Russie dans les importations européennes d’énergie, passant de 27 % en 2021 à 4 % en 2025, la part des États-Unis a augmenté, passant de 9 % à 17 % sur la même période. D’autre part, les États-Unis ont établi un nouveau record d’exportation de pétrole en avril 2026, dans un contexte de tension sur l’offre mondiale lié à la fermeture du détroit d’Ormuz et de léger recul de la consommation intérieure américaine de produits pétroliers, en raison de la hausse des prix (cf. Graphique 2a). L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a revu à la hausse en mai ses prévisions de production de pétrole brut par rapport à celles publiées en février, de +0,4 % pour 2026, à 13,65 millions de barils par jour (mb/j), et de +5,9 % en 2027, à 14,10 mb/j[1] (cf. Graphique 2b), mais a globalement maintenu ses prévisions de consommation de produits pétroliers. Avant le conflit[2], l’EIA anticipait une stabilisation de la production en 2026 avant une baisse de −2,1 % en 2027, et une quasi-stagnation de la consommation.
[1] « Short-Term Energy Outlook », US Energy Information Administration, 12 mai 2026.
[2] « Short-Term Energy Outlook », US Energy Information Administration, 10 février 2026.