Bangladesh

Le gouvernement souhaite abandonner le programme FMI et sollicite un nouveau financement

Le gouvernement a officiellement abandonné le programme d’assistance de 5,3 Mds USD conclu avec le FMI en janvier 2023 et souhaite négocier un nouveau dispositif de 5 Mds USD, mieux aligné sur les priorités de l’exécutif issu de la transition politique. Cette décision intervient alors que le programme actuel, approuvé en 2023 pour soutenir les réserves de change et la stabilité macroéconomique, a été marqué par des tensions récurrentes avec le FMI sur la flexibilisation du taux de change, la mobilisation des recettes fiscales et les réformes structurelles.

Le Bangladesh avait déjà reçu environ 2,3 Mds USD au titre des premières tranches du programme de 2023 et devait percevoir 1,3 Md USD supplémentaires après la validation des quatrième et cinquième revue.

 

La Banque centrale lance un plan de relance de 600 Mds Tk (4,5 Mds EUR)

La Banque centrale a annoncé un programme de soutien exceptionnel de 600 Mds Tk (≈ 4,5 Mds EUR) destiné à relancer l’activité économique, soutenir l’investissement privé et remettre en production des capacités industrielles aujourd’hui inutilisées. Ce plan, le plus important depuis les mesures prises pendant la pandémie de Covid-19, comprend un fonds de refinancement de 410 Mds Tk alimenté par les banques disposant d’excédents de liquidité et un fonds supplémentaire de 190 Mds Tk financé directement par la Banque centrale avec garantie de l’État.

L’enveloppe la plus importante, soit 200 Mds Tk (≈ 1,5 Md EUR), sera consacrée à la réouverture d’usines fermées ou en difficulté et au soutien des entreprises de services. Le programme prévoit également 100 Mds Tk pour l’agriculture et l’économie rurale, 50 Mds Tk pour les PME, ainsi que des financements ciblés en faveur de la diversification des exportations, des startups, de l’emploi des jeunes et de l’expatriation de travailleurs. Les prêts seront accordés à un taux d’environ 7 %, inférieur aux conditions actuelles du marché. Les autorités estiment que ce dispositif pourrait permettre la création ou la préservation de 2,5 millions d’emplois. Plusieurs économistes ont toutefois mis en garde contre un risque d’alimentation des tensions inflationnistes. 

 

Les emprunts bancaires du gouvernement dépassent déjà l’objectif annuel en seulement neuf mois

Les emprunts nets du gouvernement auprès du secteur bancaire ont atteint 1 261 Mds Tk (≈ 9 Mds EUR) entre juillet 2025 et mars 2026, dépassant de plus de 220 Mds Tk l’objectif annuel fixé à 1 040 Mds Tk pour l’exercice 2025-26. Ce montant est près de quatre fois supérieur aux 274 Mds Tk empruntés sur la même période un an plus tôt. Cette hausse reflète la faiblesse persistante des recettes fiscales : l’administration fiscale n’a collecté que 3 270 Mds Tk sur les dix premiers mois de l’exercice, soit un déficit de 1 040 Mds Tk par rapport à l’objectif officiel.

Le recul des financements extérieurs accentue également la pression budgétaire. Les financements étrangers nets ont chuté à 193 Mds Tk sur juillet-mars, contre 330 Mds Tk un an auparavant, poussant l’État à recourir davantage au marché domestique pour financer le déficit. Cette dynamique intervient alors que la croissance du crédit au secteur privé est tombée à 4,7 % en mars, un niveau historiquement bas, les banques privilégiant les titres publics jugés moins risqués.

 

 

L’inflation repasse au-dessus de 9 % en avril malgré le ralentissement des prix alimentaires

L’inflation a atteint 9,17 % en glissement annuel en avril, contre 9,35 % en mars, demeurant au-dessus du seuil de 9 % pour le deuxième mois consécutif. Le ralentissement des prix alimentaires, dont l’inflation est revenue à 8,63 % après 8,93 % en mars, a été compensé par une accélération de l’inflation hors alimentation, passée de 9,43 % à 9,61 % - notamment à cause du conflit au Moyen-Orient.

La tendance pourrait rester à la hausse en mai (fête de l’Aïd) et plus tard, le régulateur de l’énergie (BERC) étant en train de réviser les prix de l’énergie – l’électricité pourrait ainsi augmenter de près de 14%.

 

Inde

 

Le dividende généré par la Banque centrale s’élève à 30 Mds USD pour l’exercice 2026

La Banque centrale indienne a annoncé un versement record de 2 870 Mds INR au gouvernement, soit près de 30 Mds USD pour l’exercice budgétaire 2025-26, contre 32 Mds USD l’an passé et 25 Mds USD en 2023-24.

Ce montant, bien qu’historique, est inférieur aux attentes de certains analystes qui anticipaient un transfert encore plus élevé grâce aux revenus importants générés par les opérations de change et les taux d’intérêt élevés.

Ce versement aidera le gouvernement indine à financer les dépenses publiques, soutenir les programmes sociaux et limiter la détérioration du déficit budgétaire. En effet, il offrira au gouvernement indien une marge de manœuvre budgétaire bienvenue afin d’absorber une partie du choc énergétique mondial.

 

Ralentissement du PMI manufacturier en mai

L’activité du secteur privé indien a légèrement ralenti en mai, l’indice PMI (Purchasing Managers’ index) tombant à 58,1, contre 58,2 en avril. Le conflit au Moyen Orient, le ralentissement de la demande des exportations, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse du coût des matières premières ont conjointement contribué à la baisse.

Le ralentissement provient principalement du PMI manufacturier qui descend à 54, contre 54,7 en avril, proche de son niveau le plus bas depuis quatre ans, et ce, en raison de la hausse du coût des intrants et de la faiblesse de la demande. La croissance de la production industrielle et les nouvelles commandes ont également perdu de l’élan sur la période.

Toutefois, le PMI des services s’est légèrement amélioré, s’établissant à 58,9 contre 58,8 en avril dernier, soutenu par la demande intérieure.

 

Maldives

 

Le besoin de financement progresse encore début mai

Le dernier rapport hebdomadaire du ministère maldivien des Finances et des Entreprises publiques, arrêté au 14 mai 2026, indique que les recettes et dons ont atteint 16,8 Mds MVR, en hausse de 12,2% sur un an. Les dépenses courantes et d’investissement s’élèvent à 16,7 Mds MVR, en progression de 22,4%. Le solde budgétaire global reste ainsi facialement positif, à 118 MMVR, contre 1,3 Md MVR un an plus tôt. Cette présentation masque toutefois le poids des remboursements d’emprunts, qui atteignent 8,7 Mds MVR, contre 2,5 Mds MVR au 14 mai 2025. Après prise en compte de ces remboursements, le solde s’affiche en fait déficitaire à hauteur de 8,5 Mds MVR (6,7% du PIB environ), contre 1,2 Md MVR (1% du PIB environ) un an plus tôt.

 

 

Le tourisme se redresse en mai après le choc de mars-avril

Après un début d’année très favorable, le tourisme maldivien a brutalement ralenti à partir de mars, sous l’effet des perturbations aériennes liées à la guerre au Moyen-Orient et à la fermeture partielle de routes aériennes via le Golfe. La dynamique était pourtant particulièrement solide en janvier-février : les Maldives avaient accueilli 472 510 touristes sur les deux premiers mois de 2026, contre 428 954 un an plus tôt, soit une hausse de 10,2% par rapport à la même période de 2025. Cette orientation favorable s’est ensuite inversée : les arrivées sont tombées à 161 259 touristes en mars, en recul de 20,7% sur un an, puis à 147 600 en avril, soit une baisse de 25,6%. Le mois de mai marque toutefois une amélioration sensible : au 24 mai, les arrivées n’étaient plus inférieures que de 1,2 % à leur niveau de 2025 (et supérieures à celles de mai 2024), ce qui suggère un début de normalisation après le choc de mars-avril. Le secteur reste néanmoins fragilisé par sa dépendance aux liaisons aériennes du Golfe, essentielles pour acheminer les clientèles européennes et long-courrier vers Malé.

  

Sri Lanka

 

Mesures pour stabiliser la roupie

Face aux pressions sur la roupie sri-lankaise, plusieurs mesures ont été envisagées ces dernières semaines. La banque centrale a relevé son taux directeur de 100 pdb lors de sa réunion du 25 mai, le portant à 8,75% ; il s’agit de la première hausse depuis juillet 2022. La mesure la plus sensible évoquée ces dernières semaines, mais pas encore adoptée, concerne les recettes d’exportation, avec une possible obligation pour les exportateurs de convertir leurs recettes en roupies dans un délai de 30 jours, contre 180 jours actuellement. Par ailleurs, un haut responsable gouvernemental a indiqué à la presse, dans un article supprimé depuis, que le gouvernement envisageait d’autres mesures de restriction des dépenses, telles que la limitation des importations de biens non essentiels et le retour à certaines mesures appliquées après la crise économique de 2022. Ces mesures pourraient inclure la prolongation de la surtaxe temporaire de 50 % sur les droits de douane applicables aux véhicules décidée la semaine dernière. D’ores et déjà, la banque centrale a durci les règles de financement automobile à compter du 25 mai, en abaissant les plafonds de prêt par rapport à la valeur des véhicules

 

Déblocage d’un soutien bienvenu du FMI

Le FMI a approuvé le 27 mai les cinquième et sixième revues combinées du programme en cours au titre de la facilité élargie de crédit, ouvrant la voie au décaissement immédiat d’environ 695 MUSD. Ce versement intervient à un moment critique pour Colombo, alors que la guerre au Moyen-Orient accentue les tensions sur la balance courante, via la hausse des prix de l’énergie, les perturbations aux échanges commerciaux, la réduction des arrivées touristiques et les incertitudes portant sur les transferts de migrants sri-lankais. Avec ce décaissement, le total reçu par le Sri Lanka au titre du programme atteint environ 2,4 Mds USD. Deux revues restent à mener et 700 MUSD environ à décaisser, le programme s’achevant le 19 mars 2027