Le rapport d’avancement annuel (RAA) est un document clé pour le suivi des engagements européens de la France sur le plan budgétaire et économique. Il est aussi l’occasion pour le Gouvernement de mettre à jour ses prévisions macroéconomiques et de finances publiques.

La réforme du cadre de gouvernance économique de l'Union européenne est entrée en vigueur le 30 avril 2024. Au titre de ce cadre révisé, la France a présenté en octobre 2024 son plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT) pour la période 2025-2029. Pour justifier de l’extension de la période d’ajustement de quatre à sept ans, la France a intégré à son PSMT un paquet d’investissements et réformes. À la suite de l’examen de ce plan, le Conseil de l’Union européenne a recommandé à la France le 21 janvier 2025 une trajectoire pluriannuelle d’évolution de la dépense primaire nette pour 2025-2029. Cette trajectoire constitue la référence centrale dans le nouveau cadre budgétaire européen et a également été retenue comme trajectoire de correction dans le cadre de la procédure pour déficit excessif ouverte le 26 juillet 2024 à l’encontre de la France.

Comme le prévoient les règles budgétaires européennes, le rapport d’avancement annuel (RAA) assure le suivi du PSMT, sur l’année qui vient de s’écouler et celle en cours. À ce titre, il contient une actualisation des prévisions macro-économiques et de finances publiques du Gouvernement, notamment en comparaison avec la trajectoire de dépense primaire nette recommandée par le Conseil, ainsi que sur les progrès accomplis au cours de l’année écoulée en ce qui concerne la mise en œuvre du paquet d’investissements et de réformes qui sous-tend la prolongation de la période d’ajustement et, plus largement, l’avancement des réformes et des investissements dans le cadre du Semestre européen. Il intervient à la suite de la publication en avril 2025 d’un premier RAA.

L’activité économique a fait preuve de résilience en 2025 (+0,9 %), en dépit d’un contexte national et international marqué par l’incertitude. En 2026, l’économie française continuerait de croître au même rythme (+0,9 %), pénalisée par les conséquences du déclenchement du conflit au Moyen-Orient : le choc énergétique provoquerait une hausse de l’inflation (+1,9 %) et un regain temporaire des incertitudes qui pèseraient sur la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Les hypothèses retenues sur les prix du pétrole, du gaz et de l’électricité se fondent sur les anticipations de marché (futures) au 23 mars 2026.

Le déficit public est en nette diminution en 2025 (5,1 % du PIB) par rapport à 2024 (5,8 % du PIB). L’amélioration du solde résulte principalement des mesures de redressement adoptées dans la loi des finances et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, ainsi que du suivi renforcé de la trajectoire au cours de l’année et des mesures mises en œuvre à ce titre pour maîtriser l’évolution de la dépense. En 2026, le solde continuerait de s’améliorer pour atteindre −5,0 % du PIB malgré la dégradation de la conjoncture et le regain d’incertitudes, grâce aux mesures adoptées dans les textes financiers pour 2026 et aux mesures d’économies annoncées le 21 avril ; son atteinte sera facilitée par le maintien du suivi budgétaire en cours d’année qui a montré son efficacité en 2025. La dépense primaire nette a progressé de +0,8 % en 2025 et elle progresserait de +1,2 % en 2026, en ligne avec la recommandation du Conseil.

Cette trajectoire poursuit le nécessaire redressement des comptes publics engagé par le Gouvernement, pour ramener le déficit sous 3 % du PIB à horizon 2029, conformément à l’ambition du PSMT 2025-2029.

Ce document présente également le suivi et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des investissements et réformes présentés dans le PSMT 2025-2029, sans préjudice des réformes ultérieurement présentées par le Gouvernement et adoptées par la représentation nationale. Dans ce cadre, cet ensemble d’investissements et réformes présentés par la France est articulé autour des grandes priorités économiques du Gouvernement : (i) redresser nos finances publiques pour assurer la soutenabilité de notre dette publique tout en finançant nos priorités d’avenir , (ii) produire davantage et rehausser le capital humain grâce à une politique de l’emploi plus efficace, (iii) améliorer la compétitivité de l’économie et poursuivre la réindustrialisation en renforçant notre autonomie stratégique, et (iv) accélérer la transition écologique et faire de la France une puissance énergétique décarbonée.

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