En 2025, la Suisse a figuré au 9ème rang des partenaires commerciaux de la France pour les échanges de biens, avec un excédent de 4,7 Mds EUR à l’avantage de la France. Il s’agit du 4ème plus important excédent bilatéral de la France au plan mondial. La croissance de l’excédent commercial est portée par l’augmentation des exportations françaises vers la Suisse (+14% par rapport à 2024, atteignant 22,6 Mds EUR). Les importations ont quant à elles légèrement augmenté (+3%, 17,9 Mds EUR).

I. En 2025, l’excédent commercial de la France vis-à-vis de la Suisse atteint son plus haut niveau de la décennie

En 2025, l’excédent de la France avec la Suisse dans les échanges de biens s’est élevé à 4,7 Mds EUR, soit près du double de son niveau de 2024 (2,4 Mds EUR, +97% vs 2024) et dépassant le pic de 2023. Cette croissance s’explique par une hausse des exportations bien plus marquée que la hausse des importations. Il s’agit du 4ème plus large excédent commercial bilatéral de la France dans le monde (5ème en 2024) en ce qui concerne les échanges de biens, après le Royaume-Uni (13,8 Mds EUR), les Emirats Arabes Unis (8,6 Mds EUR) et Singapour (5,3 Mds EUR).

 

II. Les exportations sont reparties à la hausse en 2025 et atteignent un niveau record, tandis que les importations ont légèrement progressé  

Hors pandémie, les ventes de produits français vers la Suisse suivent une trajectoire haussière depuis 2010. En 2025, les exportations sont reparties à la hausse après deux années de contraction des ventes suite au rebond spectaculaire des ventes post-covid. En effet, en 2025, les exportations ont augmenté de +14% par rapport à 2024, atteignant 17,9 Mds EUR, un niveau record. Cette croissance résulte de la hausse des exportations d’or (+47% pour les métaux précieux), et de produits manufacturés (+18%). Les ventes de matériels de transport ont progressé de +47% sur la période, principalement grâce aux ventes d’aéronefs et de navires. Ce dernier segment avait toutefois été marqué par une forte contraction en 2024. La croissance de ces segments compense largement le repli des ventes de produits chimiques (-6%) et des produits pétroliers (-20%, mais une part négligeable des exports). Globalement, la Suisse reste le 9ème client de la France s’agissant de la vente de biens.

De leur côté, les importations françaises depuis la Suisse ont augmenté de +3% par rapport à 2024 à 17,9 Mds EUR. La croissance des imports d’or (+34% pour les métaux précieux) explique en large partie cette évolution, compensant une baisse dans l’énergie (-23%).

Le montant total du commerce franco-suisse de biens s’est élevé à 40,5 Mds EUR, dépassant le record de 2022 (39 Mds EUR).

 

III. Des échanges complémentaires, axés sur des secteurs à haute valeur ajoutée, qui illustrent la forte intégration des chaînes de valeur entre les deux économies

Les échanges intra-branches entre la France et la Suisse sont denses et imbriqués, reflétant la complémentarité des chaînes de valeur entre les deux pays. En 2025, les deux pays se sont principalement échangés les catégories suivantes :

  • Produits manufacturés : 19% des exportations (4,2 Mds EUR), 10% des importations (1,8 Mds EUR).
  • Produits chimiques : 6% des exportations (1,4 Mds EUR), 13% des importations (2,4 Mds EUR).
  • Produits pharmaceutiques : 5% des exportations (1,1 Mds EUR), 14% des importations (2,6 Mds EUR).
  • Machines : 5% des exportations (1,1 Mds EUR), 7% des importations (1,2 Mds EUR).
  • Métaux (or principalement) : l’or à usage non monétaire représente 7% des exportations (22,1 Mds EUR) et 10% des importations (17,9 Mds EUR). En 2024 toutefois, ces parts s’élevaient respectivement à 5% des exportations et à 7% des importations.

 

IV. La baisse de part de marché de la France en Suisse à 4,9% s’explique notamment par un effet or

Si les parts de marché de la France en Suisse (importations de marchandises) sont stables depuis 2013, oscillant entre 6 et 7 % environ, en 2025, la part de marché (PDM) française a baissé à 4,9%. Toutefois, ces données sont à nuancer car elles tiennent compte des échanges d’or qui ont été massifs cette année. Ainsi, avec l’or, les principaux fournisseurs de la Suisse sont l’Allemagne (15,1% de PDM), les Etats-Unis (13,4%) et les Emirats arabes, la France arrive quant à elle à la 7ème position.

En excluant le commerce d’or, l’Allemagne conserve sa première place (24% de PDM), suivie par la Slovénie et l’Italie (10,4% de PDM). La France est en 4ème position (7,9%), devant la Chine et les Etats-Unis (5,7%).

V. En matière de services, la Suisse constitue le 5ème excédent bilatéral mondial de la France et sa 4ème source de recettes touristiques

La situation apparaît encore plus favorable à la France en intégrant les services. Avec 19,8 Mds EUR d’exports de services vers la Suisse en 2024 (dernière année disponible), pour 14,5 Mds EUR d’imports, la Suisse constitue notre 5ème excédent bilatéral mondial des échanges de services à 5,4 Mds EUR. En outre, la Suisse est notre 4ème pourvoyeur de recettes touristiques au monde en 2024, après la Belgique, le Royaume-Uni et l’Allemagne : les dépenses de voyages en France par des personnes résidantes en Suisse ont atteint 7,1 Mds EUR pour 7,2 M de touristes.

Grâce au surplus de la balance des services, l’excédent global de la balance bilatéral des échanges de biens et services a atteint 8,2 Mds EUR en 2024, soit le 4ème plus élevé avec nos partenaires dans le monde, derrière le Royaume-Uni (20,6 Mds EUR), les Etats-Unis (19,0 Mds EUR) et la Belgique (8,8 Mds EUR).

 

 

En dépit de la relative petitesse de son économie, la Suisse est un partenaire majeur pour la France, tant du point de vue des échanges de biens que de services. Bien que les ventes se soient contractées cette année, la France dégage un excédent structurel toujours significatif vis-à-vis de la Suisse, reflet de la résilience des deux économies et de l’imbrication étroite des chaînes d’approvisionnement. Malgré cette bonne performance générale, le positionnement de la France dans le commerce extérieur helvétique suggère toujours des pistes d’amélioration pour combler l’écart nous séparant de la performance enregistrée par un pays comme l’Italie.