Les exportations de tourisme en volume, c’est-à-dire les dépenses des résidents étrangers en France, ont progressé de +7,9 % en 2025 (après +6,5 % en 2024), tandis que les importations de tourisme, c’est-à-dire les dépenses des résidents français à l’étranger, ont progressé de +3,7 % (après +4,4 %). Le solde touristique s’est établi à +17,0 Md€, en nette hausse par rapport à 2024 (+3,1 Md€).

Le conflit au Moyen-Orient a des répercussions directes et indirectes sur le tourisme français, tant du côté des exportations que des importations. D’un point de vue sécuritaire, les restrictions de vol toujours en vigueur au Moyen-Orient entraînent une une baisse de la fréquentation des touristes en provenance de la zone et en transit via cette zone. En revanche, cette baisse de fréquentation pourrait être compensée par le report de destination des autres voyageurs au profit de la France, notamment certains touristes européens ou américains contraints d’annuler leur séjour initialement prévu. Du côté des importations, pour les mêmes raisons sécuritaires, certains français se voient contraints d’annuler ou reporter leur voyage au Moyen-Orient ou en Asie. Néanmoins, par ce même canal de report, il est possible que ces voyageurs changent de destination au lieu d’annuler complétement leur voyage, ce qui impacterait peu les importations in fine.

Sur l’année, si ces conséquences directes pourraient avoir peu d’effet au total, l’effet indirect des prix pourrait être plus significatif. En effet, le choc énergétique consécutif à la fermeture du détroit d’Ormuz se répercute très rapidement sur l’indice des prix à la consommation (IPC) via la hausse des prix des carburants et de la facture de gaz. En particulier, les prix des services de transports aériens sont particulièrement affectés, comme en témoignent la hausse des prix de billets de certaines compagnies. Cette hausse des prix pourrait également se diffuser à d’autres composantes de l’inflation, affectant le pouvoir d’achat des ménages. Ce contexte de hausse des prix pourrait alors impacter à la fois les importations et les exportations de tourisme, il est néanmoins difficile de quantifier l’ampleur de cet effet à ce stade.

Du côté de l’offre, le climat de l’Insee dans le secteur de l'hébergement et de la restauration, qui réagit à la fois aux dépenses de tourisme international et domestique, a augmenté de +3 pt en mars, pour s’établir à 98. Il reste ainsi très proche à sa moyenne de long terme (100). Cette amélioration résulte à la fois de l’amélioration du solde sur l’activité prévue, qui traduit les anticipations des entreprises sur leur chiffre d’affaires, et de celui sur la demande prévue, qui reflète leurs attentes concernant la fréquentation ou les réservations à venir.  

  

Graphique : échanges de tourisme et enquête de conjoncture dans les services d’hébergement et restauration

Echanges de tourisme et enquête de conjoncture dans les services d’hébergement et restauration