Flash conjoncture France - Consommation des ménages : quelles perspectives au 1er trimestre 2026 ?
La consommation des ménages en biens se replie nettement en février (−1,4 % de variation mensuelle en volume, après +0,4 %, en janvier, en CVS-CJO) d’après les chiffres de l’Insee, portant l’acquis de croissance à février, pour le 1er trimestre à −0,9 %. Cette baisse s’observe dans les trois grandes catégories de consommation, mais dans des intensités différentes :
- La consommation d’énergie baisse à nouveau (−2,4 %, après −1,2 %). La consommation en électricité et en gaz chute, février 2026 se classant au deuxième rang des mois de février les plus doux depuis 1900 (début de la série publiée par Météo-France), portant l’acquis à −3,1 % sur le trimestre.
- La consommation de produits fabriqués se replie nettement (−1,7 %, après +1,1 %), pénalisée par un fléchissement des dépenses en habillement-textile (−4,0 % après +3,6 %) et de matériel de transport.
- La consommation alimentaire baisse légèrement (−0,5 %, après +0,4 %), en raison de la baisse des dépenses en produits agroalimentaires, notamment les boissons et le tabac.
Le conflit au Moyen-Orient ayant débuté à la fin du mois de février, il ne peut être avancé comme explication à cette baisse.
L’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages de l’Insee pour le mois de mars révèle une baisse de la confiance des ménages (−2 pt à 89), tandis que la part des ménages qui estime que les prix vont accélérer connaît une très forte hausse (+28 pt à −1). Les ménages considèrent que les perspectives d’évolution de leur situation financière personnelle se dégradent (−4 pt), tout comme le niveau de vie en France (−7 pt). Pour autant, le solde relatif à l’opportunité d’épargner reste stable après une baisse en février, et ceux relatifs aux capacités d’épargne, passée comme future, baissent de 1 point. L’opinion sur l’opportunité de faire des achats importants reste stable.
Côté offre, le climat des affaires de l’Insee pour le mois de mars est stable à 97 points. Pour autant il se replie fortement dans l’industrie (−3 pts à 99) et dans le commerce de gros (−5 pts à 95). En parallèle, il est stable dans les services et en légère hausse dans le commerce de détail, où le solde d’opinion relatif aux intentions de commande est en forte hausse (+3 pts à −9, sa moyenne historique).
Par ailleurs, après avoir fortement reculé en février, les ventes de voitures particulières neuves ont nettement rebondi en mars (+9,1 % après −8,8 %), laissant entrevoir un rebond de la consommation de matériel de transport.
Enfin, le déclenchement du conflit au Moyen-Orient pourrait avoir entraîné des comportements de stockage par anticipation, certains ménages faisant des réserves en anticipation de hausses des prix à la pompe, soutenant ainsi la consommation d’énergie.