Préparer l’économie croate à l’ère de l’intelligence artificielle
La Banque centrale croate (HNB) et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont organisé le 31 mars à Zagreb une conférence intitulée « Shaping Croatia’s AI-Ready Economy: Financing, Skills and Policies » sur comment préparer l’économie croate aux défis de l’intelligence artificielle.
La Banque centrale croate (HNB) et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont organisé le 31 mars une conférence intitulée « Shaping Croatia’s AI-Ready Economy: Financing, Skills and Policies » sur comment préparer l’économie croate aux défis de l’intelligence artificielle.
Pour sa première intervention publique en tant que vice-président de la BEI, Marko Primorac a souligné que l’accélération de l’adoption de l’IA est essentielle pour la compétitivité à long terme des entreprises croates. Pour l’ancien ministre des finances, des investissements sont indispensables non seulement dans la technologie, mais aussi dans les marchés de capitaux, le développement des compétences et une coopération plus étroite entre les institutions publiques, les partenaires financiers et l’industrie. Pour Boris Vujčić, gouverneur de la HNB, l’IA doit être adoptée avec ambition mais aussi prudence. Il souligne que de nombreuses entreprises, surtout les plus petites, rencontrent des obstacles majeurs : financement limité, pénurie de compétences, données fragmentées et incertitudes réglementaires. En tant que banquier central, il rappelle également les risques, notamment d’une dépendance excessive à l’IA et ses effets sur le marché du travail.
Debora Revoltella, économiste en chef du Groupe BEI, a présenté les derniers résultats de l’enquête sur l’investissement 2025 de la BEI pour la Croatie. Celle-ci indique que les entreprises croates investissent à un niveau élevé (89 %), légèrement au-dessus de la moyenne de l’UE, avec des perspectives d’investissement plus optimistes, surtout dans la construction et les services. Toutefois, seule 1 sur 5 utilise l’IA générative, principalement en interne, ce qui révèle un fort potentiel inexploité. Les investissements restent majoritairement consacrés au remplacement de l’outil de production , mais l’expansion des capacités gagne en importance. Selon la BEI, la Croatie peut s’appuyer sur ses compétences en ingénierie pour accélérer l’adoption de l’IA, stimuler la productivité et monter en gamme. Les priorités incluent l’achèvement du marché intérieur, un meilleur accès au financement, la transformation du marché de l’énergie, la réduction de la bureaucratie et l’investissement dans les compétences.
Le panel qui a suivi a réuni Daniel Beck, responsable principal des fonds Scale-Up au Fonds européen d’investissement, Maja Vitaljić, directrice de l’économie numérique au ministère de la Justice, de l’Administration et de la Transformation numérique, Davor Aničić, PDG de Velebit AI et membre du conseil d’administration de l’Association CroAI, et Siniša Đuranović, membre du directoire et directeur des affaires corporate de Hrvatski Telekom. Les participants ont discuté de l’impact que l’IA aura sur la compétitivité à long terme de l’économie croate et sur sa capacité à offrir de meilleurs emplois, des salaires plus élevés ainsi qu’une croissance économique plus résiliente et durable. Ils ont également souligné la nécessité d’accélérer son adoption grâce à une meilleure utilisation des instruments financiers, au développement des politiques publiques, au renforcement des cadres réglementaires et à la mobilisation d’investissements privés à plus grande échelle.
Une attention particulière a été portée au renforcement de l’écosystème local d’innovation, notamment en améliorant l’accès au financement et aux compétences pour les petites entreprises. Les participants ont toutefois mis en avant un manque de financement pour les scale-up et un besoin de financements rapides, malgré une offre déjà abondante pour les start-ups, y compris en Croatie.
VelebitAI a souligné que l’un des principaux freins reste l’instabilité et le manque de clarté réglementaire. Dans le contexte actuel, la nécessité de renforcer la souveraineté européenne en matière d’IA a été évoquée, avec l’exemple concret de MistralAI, qui devrait être davantage soutenu. Par ailleurs, la coopération entre petites et grandes entreprises est jugée insuffisante et devrait être encouragée, notamment via des mécanismes de subventions aux grandes entreprises.