D’après les résultats détaillés du 4e trimestre 2025, la contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB est de nouveau positive (+0,7 pt, après +0,5 pt au 3e trimestre). Si les exportations ralentissent (+1,0 %, après +3,1 %), elles restent toutefois tirées par les exportations de matériels de transport (+4,4 %, après +13,9 %). En particulier les livraisons de matériels aéronautiques et du paquebot Celebrity Xcel ont soutenu le commerce extérieur. Malgré l’embellie du 2nd semestre, la contribution du commerce extérieur demeure négative sur l’ensemble de l’année 2025 (−0,6 pt, après +1,3 pt en 2024, cf. graphique 1).

Graphique 1 : contribution du commerce extérieur à la croissance, décomposée par produits

 Contribution du commerce extérieur à la croissance, décomposée par produits

 

Les dernières données disponibles suggèrent une orientation plutôt favorable du commerce extérieur au 1er trimestre, sans qu’il soit toutefois possible à ce stade d’en déduire une contribution positive à la croissance. Les données « dures » issues des douanes (données en valeur, et non en volume) indiquent une amélioration du solde commercial FAB/FAB* en biens en janvier (−1,8 Md€, après −4,3 Md€ en décembre), sous l’effet d’un recul des importations conjugué à une hausse des exportations. D’après les données de la balance des paiements de janvier, publiées par la Banque de France, les services restent très excédentaires, avec une progression du solde des services de voyage et des transports. Toutefois, les données de janvier n’intègrent pas encore d’effets du conflit en Iran, qui devraient être visibles dans les données de mars (publiées en mai).

Du côté des enquêtes, les signaux indiquent une orientation globalement favorable des carnets de commandes étrangers. Pour deux d’entre elles (Insee et Banque de France), le solde correspondant se situe au-dessus de sa moyenne de long terme en janvier et février (cf. graphique 2), ce qui peut suggérer une bonne orientation des exportations sur le trimestre. Ces orientations doivent néanmoins être lues avec précaution, car seule l’enquête de la Banque de France a recueilli des réponses postérieures au déclenchement du conflit en Iran le 28 février (et pour seulement 2/3 des réponses). De manière générale, les prochaines publications d’enquêtes devront être interprétées avec prudence, car elles reflèteront avant tout le sentiment et les anticipations des entreprises, qui peuvent réagir rapidement aux tensions sur les délais de livraison ou les approvisionnements. Les données « dures » réagissent généralement avec un certain décalage, et possiblement dans une moindre ampleur.

Graphique 2 : carnets de commande étrangers 

carnets de commande étrangers

Concernant les exportations aéronautiques, Airbus a annoncé le 19 février sa forward guidance pour 2026. L’entreprise a annoncé un retard dans sa montée en cadence pour l’A320 et l’A220 sur les années à venir, principalement en raison de la persistance de contraintes d’approvisionnement en moteurs. Sur les deux premiers mois de l’année 2026, le groupe a livré 54 appareils. Il vise environ 870 livraisons d’avions pour l'ensemble de l'année 2026, soit une montée en cadence de 77 avions par rapport aux livraisons réalisées en 2025. Les livraisons aéronautiques devraient ainsi continuer de soutenir le commerce extérieur en 2026 malgré la persistance de goulets d’étranglement.

* Le solde commercial FAB/FAB correspond à des échanges de biens comptabilisés « franco à bord », c’est-à-dire à la valeur des marchandises elles-mêmes, hors coûts de transport et d’assurance. Cette convention permet de comparer importations et exportations à valeur homogène, sans que les frais internationaux de fret et d’assurance ne gonflent artificiellement les importations, qui sont usuellement enregistrées en douane en CAF (« coût, assurance, fret »).